Le secteur de la restauration traverse une zone de turbulences au Canada : près de 7 000 établissements ont baissé le rideau en 2025 et 4 000 autres pourraient suivre en 2026, selon l’Université Dalhousie. Dans cette épreuve, les réseaux de franchises tirent mieux leur épingle du jeu que les restaurants indépendants, un constat qui éclaire le choix des candidats franchisés au Québec.
Les chiffres donnent le vertige. Le laboratoire d’analyse agroalimentaire de l’Université Dalhousie évalue à 7 000 le nombre de restaurants disparus au pays en 2025, et table sur 4 000 fermetures supplémentaires en 2026. Si la projection se confirme, ce sont près de 11 000 adresses qui auront fermé en deux ans. De son côté, Restaurants Canada estime que 41 % des établissements du pays opèrent à perte ou tout juste au seuil de rentabilité.
Onze mille fermetures possibles en deux ans
La sortie de la pandémie n’a pas ramené la prospérité espérée. Les coûts des matières premières et des salaires montent, le consommateur surveille son budget, et sortir au restaurant figure souvent en haut de la liste des dépenses qu’on coupe. La chute des ventes d’alcool, qui ont reculé jusqu’à 10,6 % sur un an selon certaines données d’octobre, fragilise encore davantage les marges des établissements.
Fermetures possibles sur deux ans
En cumulant les 7 000 restaurants fermés en 2025 et les 4 000 prévus en 2026, le Canada pourrait perdre près de 11 000 établissements. (Source : Université Dalhousie, 2026)
Les indépendants en première ligne
Tous les restaurants ne sont pas logés à la même enseigne. Selon l’Université Dalhousie, ce sont les établissements indépendants qui devraient encaisser le plus gros de la vague. Plus petits, souvent seuls face à leurs fournisseurs et à leur banque, ils disposent de coussins financiers plus minces pour traverser une crise qui s’étire.
Les grandes chaînes, à l’inverse, absorbent mieux les chocs. Volume d’achats groupé, notoriété de la marque, budgets de publicité mutualisés : autant de leviers qui amortissent la pression sur les coûts. C’est précisément cet écart de résilience qui mérite l’attention des futurs entrepreneurs québécois.
La franchise, un filet de sécurité pour se lancer au Québec
Pour qui rêve d’ouvrir un restaurant, le contexte invite à la prudence, pas à l’abandon. Rejoindre un réseau de franchises revient à démarrer avec un concept déjà rodé, un manuel d’exploitation, une marque connue et un accompagnement du franchiseur. En contrepartie d’un droit initial et d’une redevance calculée sur les revenus bruts, le franchisé évite une bonne partie des erreurs qui coulent les nouveaux venus.
Au Québec, la restauration reste l’un des piliers du franchisage, des cafés aux rôtisseries en passant par le déjeuner et la restauration rapide. Le Conseil québécois de la franchise (CQF) rappelle d’ailleurs régulièrement le poids économique du modèle dans la province. La vague de fermetures ne dit pas que le secteur est sans avenir : elle dit que la préparation et la force d’un réseau font désormais la différence.
Bon à savoir
Rejoindre une franchise ne supprime pas le risque, mais il le réduit : selon les données de l’industrie, les réseaux établis affichent des taux de survie supérieurs à ceux des commerces indépendants. Avant de signer une convention de franchise, validez tout de même la santé financière du franchiseur et la rentabilité réelle des établissements existants.
Un secteur qui se redessine, des occasions à saisir
La prochaine année servira de test. Si le rythme des fermetures ralentit comme le prévoit l’Université Dalhousie, le marché québécois en sortira assaini, avec des locaux disponibles et une concurrence allégée pour les concepts solides. Les candidats franchisés ont tout intérêt à surveiller les bannières qui continuent de recruter et d’ouvrir malgré la tempête.
Reste une certitude : dans un secteur où près d’un établissement sur deux peine à dégager un profit, le choix de la formule compte autant que l’emplacement. Pour beaucoup de porteurs de projet au Québec, la franchise s’impose comme la voie la moins risquée pour entrer en restauration.











