C’est un secteur particulier mais un marché comme un autre. Du fait du vieillissement de la population, le business de la mort, et notamment des services funéraires, est en pleine résurrection.
Initialement gérés par les communes, les services funéraires ont été ouverts à la concurrence en 1993, par le biais de la loi Sueur. Depuis, le nombre d’entreprises ne cesse d’augmenter. D’après la Fédération nationale du funéraire (FNF), elles sont aujourd’hui 5 000 à œuvrer en France : des PME, des réseaux de franchise, des groupements d’indépendants, parfois eux-mêmes dans l’escarcelle de groupes financiarisés comme OGF et FUNECAP. À elles toutes, elles prennent en charge 85 % à 90 % des funérailles, les autres étant opérées par des acteurs publics.
Un marché démographiquement en essor
Selon l’étude “Le marché des services funéraires à l’horizon 2027 ” publiée en avril 2025 par Xerfi, le marché français des services funéraires pesait 3 milliards d’euros en 2024. Il devrait augmenter dans les prochaines années, porté par le vieillissement de la population.
D’après l’Insee, le nombre de décès annuels (650 000 en 2024) atteindra 800 000 d’ici 2050. Dans ce contexte (entre 3 000 à 4 000 décès supplémentaires par an), Xerfi prévoit une hausse de 2,5 % par an en moyenne du chiffre d’affaires global du secteur.
Bon à savoir
Pour la première fois depuis 1945, le nombre de décès a dépassé celui des naissances en France sur douze mois glissants à fin mai 2025. (Source : Insee)
Une évolution des usages
Depuis quelques années, les crémations ont augmenté, empiétant sur le volume des inhumations. « Nous sommes environ à 50/50 aujourd’hui » confirme Xavier Billiet, directeur du développement du Pompes Funèbres de France (PFF). Moins coûteuses (3900 euros en moyenne) que les inhumations (4500 euros en moyenne), les crémations entrainent un manque à gagner pour les agences. « L’impact économique est réel puisque nous perdons entre 600 et 800 euros pour une opération sur deux » poursuit Xavier Billiet.
Pour assurer la croissance de leurs revenus, les entreprises du secteur s’adaptent. Elles personnalisent de plus en plus leur offre, avec de nouveaux services : devis en ligne, aménagement plus accueillant des agences, urnes bio, obsèques sur mesure… « Les demandes des familles évoluent, nous y répondons de façon respectueuse : lancé de ballons, lâcher de colombes, vidéos de la cérémonie… Ces prestations personnalisées représentent de nouveaux leviers » indique le responsable développement de PFF dont les agences dégagent un chiffre d’affaires moyen de 350 000 euros en vitesse de croisière.
Les pompes funèbres : un secteur réglementé
Il n’existe aucun numérus clausus concernant l’ouverture de nouvelles agences. Cependant, pour exercer, et ouvrir un point de vente, plusieurs conditions sont requises :
- L’obtention du diplôme national de Conseiller Funéraire : la formation comprend un mois de formation théorique et un mois de stage/mise en pratique dans une entreprise,
- L’obtention de l’attestation de « Dirigeant d’entreprise funéraire » : formation de quinze jours permettant d’exercer en qualité de gérant,
- L’obtention d’une habilitation préfectorale : dépôt de dossier en préfecture, délais compris entre un et deux mois pour recevoir l’autorisation d’ouverture.
Une poignée de franchiseurs à l’œuvre
Au-delà des enseignes Pompes Funèbres Générales (propriété d‘OGF) et de Roc Eclerc (en affiliation et dans le giron de Funecap), le marché est composé de quelques groupements d’indépendants (Funeris, Funéplus, France Obsèques…) et de trois réseaux de franchise majeurs : Pompes Funèbres de France (102 agences), Philae Services Funéraires (50 agences) et L’autre Rive (une dizaine d’agences).
Leader historique en franchise, PFF ouvre en moyenne une dizaine de nouvelles unités par an, avec un objectif de 450 agences d’ici à cinq ans. « Nous ciblons les bassins de population de plus de 40 000 habitants et des implantations à proximité des hôpitaux, cliniques, Epadh… L’investissement global est compris entre 100 000 et 120 000 euros pour des agences comprises entre 60 et 80 m2 » mentionne Xavier Billiet qui cherche encore à mailler plusieurs zones blanches.
Les obsèques animalières, un marché avant-gardiste
Organiser des obsèques pour son chat ou son chien ! D’après une étude d’Esthima, réseau spécialisé dans les services funéraires animaliers, cette tendance a augmenté de 9,6 % entre 2022 et 2024. Au regard des statistiques, ce marché semble promis à un bel avenir.
Il meurt en effet chaque année en France environ 1,8 millions d’animaux de compagnie : si 870 000 sont incinérés par les vétérinaires, les dépouilles des autres sont « éliminées » par les familles, principalement dans leur jardin. La marge de progression est donc importante : aux Etats-Unis par exemple, où le marché est bien installé, 500 000 animaux ont droit tous les ans à des funérailles.
En France, plusieurs acteurs, en réseaux ou non, explorent le secteur : Esthima, Animémoire, PFA (Pompes funèbres animalières), Seleste, Anima care, Horsia (pour les chevaux)…
NOTRE RÉSUMÉ EN
5 points clés de l'article
PAR L'EXPRESS CONNECT IA
(VÉRIFIÉ PAR NOTRE RÉDACTION)
Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet : Funéraire : un marché bien vivant.
Un marché libéralisé et très concurrentiel
Ouverts à la concurrence depuis la loi Sueur de 1993, les services funéraires comptent aujourd’hui environ 5 000 entreprises en France, allant des PME aux réseaux de franchise, souvent adossés à de grands groupes financiarisés. Le secteur privé assure désormais jusqu’à 90 % des obsèques.
Une croissance portée par la démographie
Estimé à 3 milliards d’euros en 2024, le marché français des services funéraires bénéficie du vieillissement de la population. Avec un nombre de décès appelé à atteindre 800 000 par an d’ici 2050, le chiffre d’affaires du secteur devrait progresser de 2,5 % par an en moyenne.
Des usages en mutation qui impactent les marges
La crémation représente désormais près de 50 % des obsèques. Moins onéreuse que l’inhumation, elle réduit le revenu par prestation pour les agences, les obligeant à compenser par de nouveaux services à valeur ajoutée et une personnalisation accrue des cérémonies.
Un cadre réglementaire exigeant pour entreprendre
Même sans numerus clausus, l’ouverture d’une agence funéraire impose des obligations strictes : diplômes spécifiques, formations obligatoires et habilitation préfectorale. Des barrières à l’entrée qui structurent fortement le marché.
La franchise comme levier de développement
Le secteur est animé par quelques réseaux majeurs, dont Pompes Funèbres de France, Philae Services Funéraires et L’autre Rive. La franchise permet un déploiement rapide sur le territoire, avec des investissements relativement maîtrisés et un fort potentiel dans les zones encore peu couvertes.











