Le secteur de la petite enfance cherche sans cesse de nouvelles solutions d’accueil et de garde adaptées. Dans un contexte assez tendu, l’ouverture d’une Maison d’Assistants Maternel (MAM) peut être une solution très intéressante pour répondre à un besoin important.
Les MAM attirent de plus en plus d’assistantes maternelles, qui y trouvent un cadre de travail collectif hors de leur domicile. Le budget d’ouverture dépend surtout du local et de l’équipement, et plusieurs aides publiques permettent d’en compenser une partie.
Qu’est-ce qu’une MAM ?
Par définition, une Maison d’Assistants Maternels (ou MAM) est une structure qui permet le regroupement de 1 à 6 assistants maternels agréés (dont 4 exerçant simultanément) sur un même lieu, hors de leur domicile.
Il s’agit de l’agrément tel que défini à l’article L 424-1 du Code de l’Action Sociale et des Familles (CASF) pour un nouveau mode d’exercice de la profession d’assistant maternel. Ce modèle permet aux assistants maternels de se réunir pour accueillir collectivement des enfants, avec une capacité légale d’accueil maximale de 20 enfants.
Plusieurs avantages découlent de ce regroupement :
- Une MAM peut réunir jusqu’à six professionnels de la petite enfance, chacun apportant ses compétences. Cette mutualisation des ressources permet de garantir une meilleure qualité de service et de rassurer les parents.
- En partageant les frais comme le loyer des locaux d’accueil, la MAM offre une réelle opportunité économique. En effet, la mutualisation des charges (loyer, équipement, fournitures) et la répartition des revenus permettent aux assistantes maternelles de se dégager un salaire confortable.
La MAM est un modèle pensé dans une démarche collaborative : quand plusieurs assistantes maternelles y exercent, les coûts de fonctionnement sont répartis entre elles, ce qui améliore la rentabilité.
Quelles sont les conditions pour ouvrir une MAM ?
Pour ouvrir une Maison d’Assistants Maternels (MAM), il y a plusieurs conditions à respecter.
Ouvrir une mam seul(e) ?
Oui, une assistante maternelle peut ouvrir une MAM seule. Depuis le 21 mai 2021, l’article L424-1 du Code de l’action sociale et des familles autorise une MAM d’un à six professionnels, alors qu’il en fallait auparavant au moins deux. Seule, elle peut accueillir jusqu’à quatre enfants de moins de 3 ans, le plafond prévu pour chaque professionnel exerçant en MAM.
Consultez le guide ministériel pour la création d'une MAM en 2026
Ce guide réalisé en février 2026 vous accompagne dans toutes les démarches pour ouvrir une MAM en France.
1) Choisir le bon statut juridique pour la MAM
Une MAM peut fonctionner sans personnalité juridique, mais créer une structure reste fortement conseillé. La forme associative, recommandée par le guide ministériel, conditionne notamment l’accès aux aides à l’investissement de la CAF. Les options les plus courantes :
- le Statut d’Association de la loi 1901.
- la SCI (Société Civile Immobilière).
- la SCM (Société Civile de Moyens)…
À noter, le statut d’une assistante maternelle qui travaille dans une MAM reste le même que celle qui exerce chez elle. En fait, elle reste salariée des parents, qui sont ses employeurs. Ça implique la rédaction d’un contrat de travail et le respect de la Convention Collective, tout comme pour une assistante maternelle à domicile.
2) Trouver un local aux normes ERP
Le local choisi pour la MAM doit respecter les normes en vigueur pour les établissements recevant du public (ERP). En effet, cela garantit la sécurité face aux risques d’incendie, d’attentat et permet l’accessibilité aux personnes handicapées.
Le guide ministériel conseille de ne signer ni bail ni acte d’achat avant d’avoir l’accord de la PMI sur le local. La MAM n’a pas non plus vocation à accueillir l’entourage familial des assistants maternels : l’accueil éventuel de leurs propres enfants se prévoit dans le règlement intérieur.
3) Réaliser les documents nécessaires : projet d’accueil commun et règlement de fonctionnement
Pour ouvrir une MAM dans de bonnes conditions, il est obligatoire de rédiger 2 documents indispensables pour obtenir une aide au démarrage de la CAF :
- Un projet d’accueil commun : Ce document, à destination des parents, a pour but de préciser les principes et valeurs éducatives de la MAM.
- Un règlement de fonctionnement : Ce document permet de définir les modalités d’accueil des enfants et l’organisation globale de la MAM.
4) Obtenir l’agrément délivré par les services départementaux
Pour pouvoir exercer en MAM, il est indispensable d’obtenir l’agrément PMI (Protection Maternelle et Infantile) délivré par le président du Conseil départemental de votre lieu de travail.
Cet agrément certifie que les locaux, l’organisation et les méthodes pédagogiques respectent les normes en vigueur. Il est donc primordial de constituer un dossier complet et conforme (Dépôt de dossier CERFA n°13394*05) pour répondre aux exigences administratives.
5) Demander les financements éventuels pour l’ouverture de la MAM
Différents financements peuvent aider à l’ouverture et au fonctionnement d’une Maison d’Assistants Maternels (MAM) :
- Le salaire mensuel versé par les parents des enfants gardés aux assistantes maternelles.
- Le financement de la famille versé par la CAF via la CMG-PAJE.
- La PIAM (Prime d’Installation d’Assistant Maternel), de 1 200 €, versée une seule fois par la CAF ou la MSA aux assistants maternels nouvellement agréés.
- La PALA (Prêt pour l’Amélioration du Lieu d’Accueil) : 10 000 € maximum par assistante maternelle, remboursable sur une période de 10 ans à taux 0 en remplissant le formulaire Cerfa 14073*02.
- L’aide au démarrage de la CAF, de 6 000 €, réservée aux MAM d’au moins deux assistants maternels réunis en association ou en SCI.
D’autres aides et financements régionaux ou départementaux peuvent également être disponibles. Il est donc important de se renseigner auprès des institutions compétentes.
Quelles sont les qualifications professionnelles obligatoires pour les assistantes maternelles en MAM ?
Exercer en MAM ne demande pas de diplôme, mais deux étapes restent incontournables. Les assistantes maternelles doivent :
- Suivre la formation obligatoire des assistants maternels. Aucun diplôme n’est exigé : le CAP AEPE n’est pas imposé, mais avoir réussi deux de ses épreuves permet d’obtenir un agrément valable dix ans au lieu de cinq.
- Obtenir l’agrément obligatoire auprès de leur Conseil départemental. Sans cela, il est illégal d’exercer le métier d’assistante maternelle.
Le contenu de la formation et la liste des pièces du dossier d’agrément sont précisés par le service de PMI de chaque département.
Quel est le délai et la rentabilité d’une MAM ?
La mise en place d’une MAM nécessite un investissement en temps et en ressources, mais offre par la suite des perspectives financières intéressantes. Le délai d’ouverture d’une MAM dépend principalement de la rapidité avec laquelle l’agrément est obtenu et le dossier est constitué, et peut varier considérablement en fonction de facteurs comme la qualité des locaux et le respect des normes.
En général, ce processus s’étale sur une période de 6 à 12 mois. L’agrément, lui, doit être instruit par le département en trois mois au plus : passé ce délai sans réponse, il est réputé accordé. Une fois la MAM opérationnelle, son modèle de mutualisation des coûts et son organisation efficace permettent aux porteurs de projet de dégager un revenu stable.
La rentabilité de la structure MAM repose sur plusieurs éléments :
- les tarifs appliqués,
- la capacité d’accueil,
- la gestion intelligente des dépenses communes.
Une bonne gestion se traduit rapidement par un écart positif entre les marges et les charges, garantissant ainsi une stabilité financière à long terme. Avant de se demander si ouvrir une MAM est rentable, il est donc essentiel d’évaluer précisément le budget nécessaire, le nombre d’enfants que l’on souhaite accueillir et les aides financières ou subventions disponibles.
Quelle est la différence entre une MAM et une micro-crèche ?
Crèche, micro-crèche, privée ou publique, MAM… Il est parfois difficile pour des jeunes parents de comprendre toutes les différences entre ces structures, bien qu’elles partagent l’objectif commun d’offrir un accueil sécurisé et adapté aux enfants.
La MAM et la micro-crèche présentent des différences par exemple :
- Une micro-crèche peut accueillir jusqu’à 12 enfants simultanément, tandis qu’une MAM permet d’accueillir jusqu’à 20 enfants, dont 16 de moins de 3 ans au maximum (chaque assistant maternel pouvant accueillir jusqu’à 4 enfants de moins de 3 ans).
- En micro-crèche, les employés sont généralement au nombre de 3 à 4 professionnels qualifiés (auxiliaires de puériculture, éducateurs jeunes enfants…), ce qui n’est pas le cas dans une MAM. Cette structure compte uniquement des assistants maternels, salariés des parents, qui exercent de manière indépendante.
- Le tarif horaire moyen d’une micro-crèche varie entre 6 et 10 €, alors que les tarifs sont fixés librement entre parents et assistants maternels au sein d’une MAM.
Ouvrir une micro-crèche, comment faire ?
Pour ceux qui trouvent que les démarches pour ouvrir une MAM sont trop contraignantes, la micro-crèche en franchise peut représenter une alternative particulièrement attractive :
- Le modèle de franchise offre un soutien complet, de la conception du dossier à l’ouverture effective de la structure. Les franchiseurs fournissent des outils marketing, une assistance technique ainsi qu’un accompagnement administratif, ce qui facilite grandement le lancement du projet ;
- Le temps nécessaire pour ouvrir une micro-crèche en franchise peut être considérablement réduit. Les procédures standardisées et le partage d’expérience des franchiseurs permettent de surmonter plus aisément les obstacles administratifs et réglementaires ;
- Une MAM est réservée aux assistants maternels agréés, salariés des parents. La micro-crèche en franchise se présente au contraire comme une solution clé en main, qui permet à un entrepreneur de se lancer sans agrément d’assistant maternel, tout en bénéficiant d’un réseau structuré.











