En 2025, 0,55 % des articles vendus par Kiabi étaient de seconde main. L’enseigne vise 50 % en 2035, selon son propre rapport extra-financier. Pour combler l’écart, elle a fait entrer le 20 octobre Vincent Justin, cofondateur des épiceries Nous anti-gaspi, à la tête de sa seconde main.
Les deux chiffres figurent dans la déclaration de performance extra-financière 2025 de Kiabi, l’enseigne de mode qui a réalisé 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur l’année. Son directeur général, Patrick Stassi, y reconnaît que l’enseigne est « en dessous de nos objectifs de seconde main ».
La part de la seconde main dans les articles vendus par Kiabi
0,55 % en 2025, objectif de 50 % en 2035. (Source : Kiabi, déclaration de performance extra-financière 2025)
246 points de contact sur 646 proposent déjà de l’occasion
Sur ses 646 points de contact, Kiabi en compte 246 qui proposent de la seconde main, en incluant le site Beebs, lancé en 2024, indique le même rapport. Dans sa lettre d’ouverture, la présidente, Élisabeth Cunin, range la seconde main parmi les sujets « pour lequel d’importants chantiers stratégiques restent à entamer ».
Patrick Stassi détaille ce que l’enseigne a appris en 2025 sur la collecte, le tri et l’expérience client, les mêmes questions que se pose tout commerçant qui veut entreprendre dans la seconde main. « Forts de ces apprentissages, nous devons poursuivre nos efforts et redresser la barre sur ce sujet crucial », écrit le directeur général.
Vincent Justin veut faire de la seconde main « un réflexe, pas une niche »
« Ce matin je rejoins Kiabi pour prendre la tête de la seconde main », annonçait Vincent Justin sur LinkedIn le mardi 20 octobre 2026. Son profil indique le titre de leader seconde main, basé à Lille. Il cite le textile comme « l’un des secteurs les plus émetteurs de CO2 » et dresse un parallèle avec le gaspillage alimentaire : la solution passe, selon lui, « par des modèles à la fois innovants et rentables ».
Dans le même message, il dit vouloir associer « les associations, entrepreneurs et acteurs du réemploi qui font avancer l’économie circulaire depuis des années ». L’appel vise donc aussi les indépendants du textile d’occasion, de ceux qui ont choisi d’ouvrir une friperie aux réseaux de dépôt-vente.
Une trentaine d’épiceries et 50 millions d’euros chez Nous anti-gaspi
Vincent Justin a créé Nous anti-gaspi avec Charles Lottmann. Le 16 décembre 2025, en annonçant leur départ de fin d’année au profit de Damien Defforey, il chiffrait le réseau à une trentaine de magasins, 50 millions d’euros de chiffre d’affaires et 234 salariés. Les épiceries sauvent chaque année près de 6 000 tonnes de produits avec 1 200 fournisseurs, écrivait-il. Il a ensuite dirigé le pôle nature et biodiversité du Groupe SOS de janvier à septembre 2026.
Vos vêtements rachetés en magasin, de 10 à 30 pièces par rendez-vous
Dans l’application Kiabi ou dans Beebs, le client estime ses vêtements, de marque Kiabi ou non, puis réserve un créneau dans un magasin de l’enseigne, qui figure elle-même parmi les franchises de magasins de vêtements. Chaque panier compte entre 10 et 30 articles, précise la page d’aide de Beebs.
Le jour du dépôt, un conseiller contrôle chaque pièce selon une charte qualité avant de valider la reprise.
Le vendeur reçoit ensuite par mail un bon d’achat, utilisable en magasin ou sur kiabi.com, et non de l’argent. Le principe rappelle celui des franchises de dépôt-vente, qui reprennent des articles d’occasion pour les remettre en rayon.
Depuis février 2026, le QR code du rendez-vous de revente n’arrive plus par mail : il s’affiche dans l’écran de confirmation de l’application Kiabi ou Beebs, et un conseiller peut aider à le retrouver en magasin.











