Dès ce dimanche 1er novembre, chaque colis que vous commandez hors de l’Union européenne, chez Temu, Shein, AliExpress ou ailleurs, supporte 2 euros de frais de traitement par catégorie d’articles. Ils s’ajoutent aux 3 euros de droits de douane en place depuis juillet, et cette fois, aucune limite de prix ne vous en protège.
En 2025, 5,9 milliards de petits colis sont entrés dans l’Union européenne, près de 180 par seconde, et 93 % venaient de Chine. Face à de tels volumes, les douanes ne peuvent plus tout contrôler : ces 2 euros doivent financer les vérifications. La mesure est permanente, et son montant sera revu tous les deux ans.
Aucun plafond de valeur, et pas seulement pour la Chine
Les 3 euros de droits de douane de juillet ne visent que les colis de 150 euros ou moins. Les 2 euros de frais de traitement, eux, n’ont aucun plafond : une commande de 400 euros passée hors d’Europe les paie aussi.
Les frais de traitement ajoutés à partir du 1er novembre 2026 pour chaque catégorie d’articles d’un colis venu de l’extérieur de l’Union européenne, quelle que soit sa valeur.

Le réflexe à avoir avant de valider votre panier
Avant de payer, trois réflexes évitent de payer plus que nécessaire.
- Regardez d’où part le colis. S’il arrive d’un pays situé hors de l’Union européenne, il paie. S’il part d’un entrepôt installé en Europe, comme ceux de Shein en Pologne, il ne paie rien.
- Regroupez les articles identiques dans une seule commande. Les taxes se comptent par colis et par catégorie de produit : trois tee-shirts envoyés dans le même colis ne paient qu’une fois, trois commandes séparées paient trois fois.
- Pour une grosse commande, au-delà de 150 euros, le forfait de 3 euros ne s’applique pas. Seuls les 2 euros de frais par catégorie de produit s’ajoutent, en plus des droits de douane habituels.
Les 3 euros de droits de douane se comptent pour chaque catégorie d’articles du colis, définie par la nomenclature douanière européenne : trois tee-shirts et une paire de chaussures font deux catégories, soit 6 euros, détaille le site officiel Service-Public. Les 2 euros de frais de traitement se comptent eux aussi par catégorie d’articles. Concrètement, pour une commande de vêtements de 150 euros ou moins passée hors d’Europe :
- un tee-shirt seul : 3 euros de droits de douane + 2 euros de frais, soit 5 euros de taxes ;
- trois tee-shirts dans le même colis : une seule catégorie de produit, donc toujours 5 euros ;
- un tee-shirt, un pull et un pantalon dans le même colis : trois catégories, donc trois fois 5 euros, soit 15 euros ;
- trois tee-shirts achetés chez trois vendeurs différents de la même plateforme : si chacun expédie son propre colis, vous payez trois fois, soit 15 euros.
Vinted et Amazon concernés par cette nouvelle taxe ?
Un vêtement acheté sur Vinted à un particulier installé en France ou dans un autre pays de l’Union européenne n’est pas concerné. Les nouvelles taxes visent les marchandises vendues à distance par des commerçants installés hors de l’Union, et expédiées depuis un pays extérieur. Une vente entre particuliers européens ne remplit aucune de ces deux conditions.
Sur Amazon, tout dépend du vendeur et du lieu d’expédition. Un article vendu par un commerçant installé hors de l’Union et expédié depuis l’étranger paie ces taxes. Un article qui part d’un entrepôt situé en Europe ne les paie pas. La fiche produit indique qui vend l’article et qui l’expédie : un coup d’œil avant de valider suffit.
Les plateformes paient, les clients risquent de régler la note
Sur le papier, ce sont les plateformes, les vendeurs ou leurs transporteurs qui versent ces frais. Dans les faits, c’est souvent vous qui payez : après la taxe de juillet, Temu et AliExpress ont augmenté leurs prix. Sur 1,5 million de transactions bancaires analysées en France par l’application Joko, le panier moyen a grimpé d’environ 40 % chez AliExpress et de 34 % chez Temu entre le deuxième et le troisième trimestre.
Une riposte à la fast fashion en ligne, qui concurrence les magasins de vêtements
Ces taxes visent d’abord la mode à très bas prix vendue en ligne, qui passe principalement par Shein, Temu et AliExpress. Ces produits à petit prix concurrencent directement les commerçants installés en Europe, et c’est l’une des raisons qui ont poussé l’Union à agir.
En France, cette concurrence touche en premier les boutiques de mode, qu’elles soient indépendantes ou membres de réseaux de franchises de magasin de vêtements. Elles vendent les mêmes catégories de vêtements et d’accessoires, mais avec un local en centre-ville ou en galerie, un loyer et des vendeurs à payer, quand les plateformes expédiaient jusqu’en juillet leurs commandes depuis la Chine sans droits de douane sous 150 euros.
Shein a déjà trouvé la parade avec un entrepôt de 740 000 m² en Pologne : en important ses marchandises en gros pour les stocker en Europe, l’entreprise échappe aux frais appliqués colis par colis.
En juillet 2028, la franchise de 150 euros disparaît
Le 1er juillet 2028, le droit forfaitaire de 3 euros disparaîtra, en même temps que la franchise douanière dont bénéficient aujourd’hui les colis de moins de 150 euros.











