Le cabinet normand Auditag a lancé en septembre 2026 le recrutement de ses franchisés. À sa tête, Jérémy Ballier, également président de la Fédération française des auditeurs énergétiques, qui a repris une société créée en 2007 et exploite aujourd’hui trois agences en Seine-Maritime.
L’enseigne est récente, le savoir-faire beaucoup moins. Auditag est le nom commercial de la société Énergie Audit, qui a repris Énergie Diag, créée en 2007. Le cabinet revendique 65 000 diagnostics réalisés depuis, exploite trois agences en Seine-Maritime, à Bois-Guillaume près de Rouen, au Havre et à Dieppe, et détient les qualifications RGE OPQIBI 1911 et 1905 qui ouvrent l’audit énergétique résidentiel et tertiaire. Il est par ailleurs agréé Mon Accompagnateur Rénov’.
Un président de fédération professionnelle à la tête du réseau
Jérémy Ballier n’est pas seulement dirigeant d’entreprise : il préside la Fédération française des auditeurs énergétiques. Diagnostiqueur pendant de nombreuses années, il a développé l’audit énergétique à partir de 2023, en recrutant quatre ingénieurs thermiciens (six aujourd’hui).
Le diagnostic pour le volume, l’audit énergétique pour le panier moyen
Auditag affiche ses prix, ce qui donne un aperçu rare de l’économie du modèle. Un diagnostic démarre à 135 euros TTC, le pack de six à 590 euros, le tarif variant selon la surface du bien (grille en vigueur depuis le 1er septembre 2026). L’audit énergétique se vend nettement plus cher : de 500 euros pour une maison de moins de 50 m² à 1 200 euros jusqu’à 250 m².
Le second complète le premier. Selon le dirigeant, environ un tiers des ventes immobilières nécessitent désormais un audit énergétique, une prestation qu’un diagnostiqueur seul ne peut pas toujours produire faute de qualification.
Une zone par franchisé et une exigence de terrain assumée
Le réseau dit garantir une exclusivité territoriale, une zone par franchisé, et prendre en charge une partie de la conquête commerciale, référencement local et génération de contacts. Le profil visé est double : des professionnels du bâtiment ou de l’immobilier, et des candidats qui veulent se reconvertir en franchise. Ces derniers devront obtenir la certification personnelle obligatoire, délivrée par un organisme accrédité.
L’argument mis en avant, « une équipe de terrain, pas un siège social », renvoie à un constat que Jérémy Ballier dressait déjà en mars 2025 : la qualité des audits est selon lui « très hétérogène », certains confrères se contentant d’un travail « sans déplacement sur site, sans analyse des pathologies du bâti, et avec des recommandations générées automatiquement ».
Une formation terrain avant l’autonomie
Le réseau annonce un parcours d’intégration adossé à ses équipes d’exploitation avec accompagnement sur missions réelles aux côtés d’un diagnostiqueur confirmé, puis une méthodologie d’auto contrôle. Un second volet porte sur l’audit énergétique, avec l’appui du bureau d’études interne (six ingénieurs thermiciens) dont dépend l’accès aux missions les mieux valorisées.
Un outil de pilotage plutôt qu’un simple back-office
Le réseau met à disposition un outil de pilotage développé en interne, en complément du logiciel métier. Chaque franchisé y suit ses propres indicateurs : devis émis et acceptés, taux de transformation, chiffre d’affaires par prestation et par secteur… et reçoit chaque soir sur son téléphone une synthèse de sa journée et de sa semaine.
Quatre réseaux nationaux déjà présents sur le créneau
Le diagnostic immobilier est l’un des secteurs les plus structurés en franchise. Agenda Diagnostics dépasse les 280 agences, Activ’Expertise en revendique 185, Diagamter plus de 170 cabinets depuis 1997, et EX’IM 87 implantations. Ces réseaux capteraient environ un tiers du marché, les deux autres tiers restant aux indépendants et aux structures locales, terrain sur lequel Auditag avance avec un argument d’ancrage régional plutôt que de taille.
Ce que le dossier ne dit pas encore
Les prix clients sont publics, les conditions d’entrée sont de 10000 € , l’apport nécessaire est de 15000 €, la redevance du CA HT est de 3 % . Le nombre de franchisés signés n’est pas communiqué, pas plus que les zones prioritaires.
Ces chiffres devront figurer dans le document d’information précontractuelle (DIP), remis vingt jours au moins avant toute signature. C’est là qu’un candidat pourra rapprocher la grille tarifaire de la redevance demandée, et vérifier ce que le réseau transmet réellement de ses qualifications, qui conditionnent l’accès aux missions les mieux rémunérées.












