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Comment ouvrir une chocolaterie au Québec en 2026 ?

15 Min. de lecture
chocolats artisanaux de luxe en vitrine

Ouvrir une chocolaterie au Québec en 2026 ne demande aucun diplôme obligatoire, mais un permis du MAPAQ obtenu avant la première vente et affiché en boutique. Entre l’atelier de production qui démarre autour de 50 000 $ et la boutique avec comptoir de crème glacée à plus de 250 000 $, le budget varie du simple au quintuple. Voici le parcours complet, du zonage municipal jusqu’au seuil de rentabilité.


Le chocolat se porte bien au Canada. Les usines du pays ont fabriqué pour 2,7 milliards de dollars de produits de chocolat et de confiserie en 2023, contre un peu moins de 2,1 milliards en 2020, et les ménages canadiens ont dépensé en moyenne 119 $ en tablettes cette même année, selon Statistique Canada.

Le Québec a bâti ses propres références : Chocolats Favoris, Érico, Cotard Chocolatier, Juliette & Chocolat… La place existe. Restent trois questions à trancher : combien ça coûte, quels permis exige la province, et est-ce que ça rapporte.

Ouvrir une chocolaterie tient en six étapes, et l’ordre compte. Choisir son modèle d’abord : un atelier de production et une boutique-café ne demandent ni le même budget, ni les mêmes autorisations. Signer un bail en dernier, une fois le zonage validé. Entre les deux, l’étude de marché, le plan d’affaires et l’immatriculation.

Étape 1 : définir son concept de chocolaterie

Quatre modèles dominent au Québec. L’atelier de production avec vente en ligne et marchés publics demande peu de pieds carrés et aucune vitrine sur rue. La chocolaterie-boutique ajoute le magasinage et l’achalandage piétonnier. Le modèle atelier plus boutique plus comptoir, celui par exemple de Chocolats Favoris, marie chocolat et crème glacée pour lisser la saison creuse. Le B2B, lui, vise hôtels, restaurants, épiceries fines et cadeaux corporatifs.

Bon à savoir

Le conseil qui revient chez les artisans installés : démarrez petit, validez vos produits, payez la vitrine ensuite. Trois à cinq tablettes, six à dix bonbons, deux ou trois produits saisonniers et deux formats de coffrets suffisent à ouvrir. Un catalogue de cinquante références en première année, c’est du stock qui dort.

Modèle Investissement type (CAD$) Vitrine sur rue Point fort
Atelier + vente en ligne 50 000 $ à 100 000 $ Non Frais fixes légers, test rapide
Chocolaterie-boutique de quartier 150 000 $ à 250 000 $ Oui Marge de détail pleine, clientèle fidèle
Boutique + comptoir ou café 250 000 $ et plus Oui Été rentable, panier moyen plus élevé
B2B (hôtels, épiceries fines, corporatif) 60 000 $ à 150 000 $ Non Volumes prévisibles

Étape 2 : réaliser son étude de marché

Tout se joue sur la zone de chalandise. Densité de population, achalandage piétonnier, stationnement, et surtout saisonnalité touristique : le modèle de la Chocolaterie de l’Île d’Orléans ou d’Érico, rue Saint-Jean, ne se transpose pas tel quel dans un quartier résidentiel de banlieue.

Votre étude de marché doit distinguer deux concurrences : la directe, soit les chocolateries artisanales et les comptoirs de pâtisserie glacerie chocolaterie déjà installés, et l’indirecte, souvent sous-estimée, soit les épiceries fines et les grandes surfaces qui occupent le rayon cadeau. Relevez sur le terrain les prix des boîtes de 6, 12 et 24 chocolats, des tablettes, des truffes et des coffrets. C’est votre grille de départ.

Étape 3 : bâtir son plan d’affaires

Le plan d’affaires sert autant à convaincre la caisse ou la banque qu’à se convaincre soi-même. Il doit contenir un chiffre d’affaires prévisionnel mois par mois sur trois ans, un coût de revient produit par produit, un seuil de rentabilité mensuel et un plan de trésorerie qui tient jusqu’au premier gros pic saisonnier.

Le conseil de la rédaction

Des modèles gratuits existent chez la BDC, chez Futurpreneur Canada et dans les organismes d’accompagnement régionaux. Servez-vous-en : les prêteurs reconnaissent la structure.

Étape 4 : choisir son statut juridique et s’immatriculer

Le statut juridique se résume à trois options. L’entreprise individuelle du travailleur autonome : simple et peu coûteuse, mais votre patrimoine personnel répond des dettes. La société en nom collectif (SENC) quand vous démarrez à deux ou trois. La société par actions (Inc.), provinciale ou fédérale, qui sépare le patrimoine et rassure prêteurs et bailleurs.

L’immatriculation se fait auprès du Registraire des entreprises du Québec et vous donne votre NEQ. Le service Démarrer une entreprise de Québec.ca regroupe en une seule démarche l’immatriculation et l’inscription aux fichiers de Revenu Québec.

Bon à savoir

L’inscription aux fichiers de la TPS (5 %) et de la TVQ (9,975 %) devient obligatoire dès que vos fournitures taxables dépassent 30 000 $ sur un trimestre civil ou sur les quatre trimestres précédents, selon Revenu Québec. Sous ce seuil, vous êtes petit fournisseur. Beaucoup de chocolatiers s’inscrivent quand même dès le départ pour récupérer les taxes payées sur l’équipement.

Étape 5 : trouver son local et valider le zonage avant de signer

C’est l’étape où se joue l’erreur la plus coûteuse du parcours. Avant de signer quoi que ce soit, vérifiez auprès de la municipalité que le zonage autorise un commerce alimentaire à l’adresse visée, et que l’usage projeté, fabrication comprise, y est permis.

Faites ensuite valider l’aménagement au regard des exigences du MAPAQ :

  • ventilation,
  • plomberie,
  • surfaces lavables,
  • réfrigération,
  • accessibilité,
  • incendie.

Le bail commercial relève du Code civil du Québec : sa durée se négocie librement, souvent de cinq à dix ans, sans protection statutaire du renouvellement. Un bail signé sur un local non conforme, vous le payez jusqu’au bout.

Étape 6 : ouvrir au bon moment

Le calendrier n’est pas un détail. Ouvrir quelques semaines avant un pic saisonnier laisse le temps de roder la production, de former l’équipe et de corriger les recettes. Ouvrir en plein dedans, c’est découvrir ses goulots d’étranglement le jour où l’on ne peut pas se le permettre.

Une chocolaterie confiserie qui fabrique et vend au consommateur relève du MAPAQ, avec un permis à obtenir avant le début des activités et à afficher à la vue des clients.

Le permis du MAPAQ

Pour une chocolaterie qui fabrique sur place et vend directement au public, c’est le permis de vente au détail de préparation générale, facturé 367 $, auquel s’ajoutent 144 $ de frais d’ouverture de dossier à la première demande. Il est valide un an, et le ministère annonce un délai de traitement de 2 à 6 semaines. C’est souvent lui qui décale une ouverture.

Nuance à connaître : vendre en gros à des épiceries, des restaurants ou des distributeurs relève d’exigences différentes et peut demander un autre permis. Si votre modèle mêle boutique et B2B, validez les deux volets dès le départ, avec la trousse de démarrage de Québec.ca.

La formation en hygiène et salubrité alimentaires

Votre établissement doit compter une personne responsable du contrôle de l’hygiène, titulaire de l’attestation de gestionnaire d’établissement alimentaire. La formation dure 12 heures et couvre l’analyse des risques, l’écriture des procédures et la formation du personnel. L’attestation appartient à la personne, pas à l’employeur, et vaut à vie.

Les autres employés qui touchent aux aliments relèvent de l’attestation de manipulateur d’aliments, plus courte. En petite équipe, le propriétaire prend la formation de gestionnaire et certifie ses manipulateurs à mesure qu’il embauche.

L’étiquetage, le grand oublié des projets

Dès que vos produits à base de cacao sont préemballés, les règles de l’Agence canadienne d’inspection des aliments s’appliquent. Liste d’ingrédients en ordre décroissant de poids, nom usuel en français et en anglais, et déclaration des allergènes prioritaires : lait, soja, arachides, noix, sésame, œufs, blé, moutarde, poisson et fruits de mer.

La contamination croisée est un enjeu réel ici : les mêmes moules et poches à douille servent aux recettes avec et sans noix. Documentez vos procédures de nettoyage dès la première recette, pas après la première plainte.

La langue française, l’affichage et l’emballage

Depuis le 1er juin 2025, les règles renforcées de la Charte de la langue française, révisée par la loi 96, s’appliquent à l’affichage visible de l’extérieur. Le français doit y occuper un espace au moins deux fois plus grand que toute autre langue, avec une lisibilité au moins équivalente : c’est la nette prédominance.

Concrètement, un nom d’inspiration anglaise doit s’accompagner d’un générique français, du type « chocolaterie » ou « chocolats artisanaux ». Une marque non enregistrée auprès de l’OPIC ne bénéficie plus de l’ancienne souplesse. À régler avant de commander l’enseigne.

La question se tranche sur des critères concrets. En indépendant, vous gardez la main sur vos recettes, votre gamme et votre image de marque, mais vous partez de zéro sur la notoriété et financez seul vos erreurs. Rejoindre un réseau de franchise de chocolaterie, à l’inverse, revient à acheter un savoir-faire, une formation et une clientèle acquise, contre un droit initial, des redevances et un cadre à respecter.

Critère Chocolaterie indépendante Chocolaterie en franchise
Mise de fonds Plus basse, modèle modulable Cadrée par le franchiseur, rarement négociable
Recettes et gamme Liberté totale Cadrées par le manuel d’exploitation
Notoriété au démarrage À construire Acquise dès l’ouverture
Approvisionnement Libre, à négocier soi-même Souvent centralisé
Formation À aller chercher soi-même Incluse, de quelques semaines à deux mois
Redevances Aucune Jusqu’à 5 % des ventes brutes selon le réseau
Durée d’engagement Aucune Convention souvent de 10 ans
Revente Libre Soumise à l’accord du franchiseur

Les franchises de chocolaterie qui recrutent au Québec

Chocolats Favoris reste la référence. Née à Lévis en 1979, l’enseigne a basculé vers le franchisage en 2023 en vendant ses chocolateries corporatives à des franchisés, et dépasse aujourd’hui les 50 succursales au Canada, jusqu’à Kelowna. Elle est entrée chez Costco, distribue chez Save-On-Foods et a lancé ses produits à Séoul. Le réseau ne publie pas ses conditions financières : elles se dévoilent en cours de processus.

Chocolats Favoris

Logo

Chocolats Favoris

Chocolaterie et crèmerie

  • Alimentation
  • 53 implantations
  • Apport personnel: 125000$ CAD

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Chocolato joue sur un autre terrain, celui du bar à chocolat. Ouverte à Sainte-Foy en septembre 2015, l’enseigne sert fondues, crème glacée, crêpes et gaufres dans un décor pensé pour la sortie en famille. Elle se développe avec le Groupe Blanchette, maître franchiseur derrière Thaïzone et Shaker Cuisine & Mixologie. Le Soleil rapportait en 2016 un investissement de 400 000 $ à 500 000 $ par franchise, un ordre de grandeur à revalider auprès du franchiseur. Des territoires restent ouverts, dont Saint-Roch à Québec et Trois-Rivières.

Chocolato

Logo

Chocolato

Crèmes glacés et chocolatier

  • Alimentation
  • 15 implantations
  • Apport personnel: 150000$ CAD

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Léonidas propose le modèle le plus atypique du lot. Fondée à Bruxelles en 1913, l’enseigne belge compte plus de 1 400 points de vente dans 54 pays. Au Canada, c’est Genima qui agit comme franchiseur, avec une formule sans droit initial ni redevance : seules les conditions d’approvisionnement en chocolats s’appliquent.

Deux formats coexistent : le comptoir installé dans un commerce déjà en activité, et la boutique complète. Le réseau est présent au Québec à Montréal, à Saint-Jean-sur-Richelieu et à Saint-Philippe, avec aussi des comptoirs chez des partenaires, dont Chocolato à Lévis. Une porte d’entrée peu coûteuse pour un commerçant qui veut ajouter le chocolat à une activité existante.

LEONIDAS

Logo

LEONIDAS

Le chocolat préféré des Belges

  • Alimentation
  • 43 implantations
  • Apport personnel: 38000$ CAD

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Rocky Mountain Chocolate demande une lecture en deux temps. Le franchiseur d’origine, né à Durango, au Colorado, en 1981, publie un droit initial de 35 000 $ US, un investissement total de 465 800 $ à 871 700 $ US et une redevance de 4 à 6 %.

Un candidat québécois traite toutefois avec l’opération canadienne, installée à Burnaby, en Colombie-Britannique, dont la première boutique a ouvert au village de Whistler en 1988. Son parcours de recrutement compte cinq étapes, dont deux semaines de formation au siège, et le questionnaire de candidature évoque une mise de fonds liquide de l’ordre de 100 000 $. Au Québec, la boutique du Complexe Desjardins à Montréal a fermé, mais l’enseigne demeure au village piétonnier de Mont-Tremblant.

Rocky Mtn Chocolate

Logo

  • Chocolateries
  • 1 implantation
  • Apport personnel: 300000$ CAD

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Cotard Chocolatier mise sur la signature d’un artisan. Son fondateur, Michaël Cotard, a été sacré Meilleur Chocolatier du Canada aux World Chocolate Masters en 2015, et la maison forme depuis sa relève : Judith Lamontagne, chocolatière de l’atelier, a décroché la deuxième place de la finale nord-américaine en 2024. Le réseau compte aujourd’hui sept boutiques, de Saint-Sauveur à Québec, en passant par Laval, Magog, Westmount et Montréal.

Côté franchise, c’est le ticket d’entrée le plus accessible du secteur au Québec : 35 000 $ de frais de franchise, une mise de fonds de 80 000 $ et un investissement total d’environ 150 000 $. Particularité qui pèse lourd dans un plan d’affaires, il n’y a aucune redevance sur les ventes en boutique, le franchiseur se rémunérant plutôt sur l’approvisionnement en chocolat. S’ajoutent un territoire exclusif, des emballages brevetés, la formation et l’accompagnement à l’ouverture.

Le réseau exploite aussi une académie de chocolat : cours pour débutants et avancés, ateliers de dégustation, activités corporatives. Le levier n’est pas anecdotique pour un franchisé, puisque ces formations font entrer des revenus en dehors des pics de Pâques et de la Saint-Valentin, exactement là où une chocolaterie a besoin de lisser son chiffre d’affaires. Les territoires prioritaires annoncés sont Ottawa, Trois-Rivières, le Vieux-Montréal, Québec et Laval.

Cotard Chocolatier

Logo

  • Alimentation
  • 7 implantations
  • Apport personnel: 80000$ CAD

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La divulgation, angle mort du franchisage québécois

Point capital : au Québec, aucune loi provinciale n’impose de document de divulgation précontractuelle en franchise, contrairement à l’Ontario, à l’Alberta, au Manitoba, au Nouveau-Brunswick, à l’Île-du-Prince-Édouard et à la Colombie-Britannique. Les obligations relèvent du Code civil du Québec, dont la bonne foi et le consentement libre et éclairé.

Le conseil de la rédaction

Puisque la loi ne le fait pas pour vous, exigez les états financiers du réseau et la liste des franchisés en place comme sortis, et parlez à trois exploitants au minimum, dont un qui a quitté. Faites réviser la convention de franchise par un avocat avant toute signature. L’Association canadienne de la franchise recommande un document de divulgation au moins 14 jours avant la signature : réclamez ce délai.

Les aides et le financement disponibles au Québec

Futurpreneur Canada finance jusqu’à 75 000 $ les entrepreneurs de 18 à 39 ans en démarrage, avec du mentorat et un relais vers la BDC. Evol soutient les projets à impact portés par des groupes sous-représentés, à des taux de 7 à 10 % selon le risque.

En région, les SADC et les CAE prêtent et accompagnent ; sur l’île de Montréal, c’est PME MTL. Le Programme transformation alimentaire du MAPAQ, lui, a vu son enveloppe épuisée en août 2026 : surveillez sa réouverture plutôt que de l’inscrire d’office à votre plan.

Le budget pour ouvrir une chocolaterie varie du simple au décuple selon le concept retenu à l’étape 1. Un atelier qui vend en ligne n’a ni vitrine, ni comptoir, ni équipe de service. Une boutique haut de gamme cumule les trois. Voici trois scénarios de planification.

Poste de dépense Atelier + vente en ligne Boutique de quartier Boutique haut de gamme
Équipement (tempéreuse, moules, réfrigération) 20 000 $ à 40 000 $ 45 000 $ à 80 000 $ 80 000 $ à 150 000 $
Aménagement et mise aux normes du local 5 000 $ à 15 000 $ 40 000 $ à 90 000 $ 90 000 $ à 200 000 $
Dépôt de garantie et premiers mois de loyer 3 000 $ à 8 000 $ 10 000 $ à 25 000 $ 20 000 $ à 45 000 $
Permis et frais professionnels 2 000 $ à 5 000 $ 4 000 $ à 9 000 $ 8 000 $ à 15 000 $
Matières premières, emballages, étiquettes 6 000 $ à 12 000 $ 12 000 $ à 25 000 $ 25 000 $ à 45 000 $
Enseigne, image de marque, site web, point de vente 5 000 $ à 10 000 $ 12 000 $ à 25 000 $ 25 000 $ à 50 000 $
Total indicatif 50 000 $ à 100 000 $ 150 000 $ à 250 000 $ 250 000 $ à 500 000 $ et plus

Un poste mérite une mention à part : la climatisation et la déshumidification de l’atelier. Le chocolat ne pardonne ni la chaleur ni l’humidité, et beaucoup découvrent cette dépense une fois les plans signés.

Viennent ensuite les charges récurrentes :

  • loyer,
  • salaires et charges (CNESST, RQAP, RRQ),
  • matières premières,
  • énergie,
  • assurances,
  • comptabilité,
  • marketing,
  • emballages,
  • entretien
  • et livraison.

L’énergie pèse lourd dans ce métier, précisément à cause de la climatisation.

Combien faut-il de mise de fonds personnelle pour ouvrir une chocolaterie au Québec ?

Comptez de 20 à 30 % du total du projet en argent propre, complété par un prêt bancaire ou de caisse, une marge de crédit, du financement d’équipement, un prêt de la BDC ou de Futurpreneur. Le vrai point de vigilance reste le fonds de roulement : votre trésorerie doit tenir jusqu’au premier gros pic saisonnier, soit trois à six mois de charges.

Non. Le métier de chocolatier n’est pas réglementé au Québec, et aucun diplôme n’est exigé pour ouvrir une chocolaterie. Sont obligatoires le permis du MAPAQ et l’attestation en hygiène et salubrité du responsable. Les guides publiés en France évoquent un diplôme obligatoire : cette exigence n’existe pas ici.

L’absence d’obligation ne vaut pas absence de besoin. Le DEP en Pâtisserie compte 1 350 heures, dont un module de 75 heures sur la confection de produits en chocolat. Il se donne notamment à l’ITHQ et dans les écoles hôtelières des centres de services scolaires. S’y ajoutent des AEC, des perfectionnements en chocolaterie et le certificat de qualification professionnelle en pâtisserie.

L’ITHQ estime qu’il faut de une à cinq années d’expérience professionnelle en pâtisserie-chocolaterie avant d’accéder à un poste de chocolatier. La voie franchise court-circuite ce parcours : la formation du réseau remplace l’école, avec 8 à 10 semaines chez Juliette & Chocolat et une immersion en succursale chez Chocolats Favoris.

Le savoir-faire qui fait la différence tient en quelques compétences : tempérage et cristallisation, rendements et pertes, coût de revient, stocks et périssables, service à la clientèle, marketing, gestion d’équipe en pointe. Un stage chez un artisan chocolatier vaut mieux que n’importe quel manuel.

Un marché porteur, mais sous pression

Le marché de la chocolaterie a le vent dans les voiles. Production canadienne à 2,7 milliards de dollars en 2023 contre 2,1 milliards en 2020, exportations de 2,78 milliards la même année, plus de 110 000 tonnes de fèves de cacao importées entre janvier et août 2025. La demande est là.

Le revers, c’est le prix de la matière première. L’indice des prix à la consommation des produits de confiserie était 34,6 % plus élevé en juillet 2025 qu’en juillet 2020. Pour un nouveau chocolatier : des marges sous pression, des révisions de prix plus fréquentes qu’on ne l’imagine, et un plan d’affaires à ne surtout pas bâtir sur le prix du cacao d’il y a trois ans.

34,6 %

Hausse de l’indice des prix à la consommation des produits de confiserie entre juillet 2020 et juillet 2025 au Canada. Sécuriser ses approvisionnements en couverture devient une décision stratégique, pas un détail d’achat. (Source : Statistique Canada)

Stats illustration

Comment estimer sa rentabilité plutôt que la deviner

Il n’existe pas de chiffre magique pour ce commerce, mais une méthode. Distinguez marge brute et bénéfice net. Calculez un coût de revient produit par produit, perte de matière incluse. Posez un seuil de rentabilité mensuel : charges fixes divisées par le taux de marge. Estimez enfin un panier moyen et un achalandage réaliste pour votre zone, pas pour celle dont vous rêvez.

Prenons un scénario de gestion, pas une moyenne du secteur. Une boutique à 50 000 $ de ventes par mois, soit 600 000 $ de chiffre d’affaires par an, avec une marge brute hypothétique de 65 %, dégage 390 000 $ de marge annuelle. Salaires et charges, loyer, énergie, assurances, marketing, comptabilité et entretien en absorbent facilement 300 000 $ à 350 000 $ avec deux ou trois employés à temps plein. Le reste, c’est votre rémunération. Déplacez la marge de 65 à 55 % et le résultat s’évapore : le coût de revient n’est pas un exercice comptable, c’est une décision de survie.

La saisonnalité, vraie clé de la rentabilité

Une chocolaterie ne vend pas de façon linéaire. Pâques et la Saint-Valentin concentrent une part majeure du chiffre d’affaires annuel, Noël et la fête des Mères suivent, et l’été est creux en boutique, sauf crème glacée ou zone touristique.

Les leviers de lissage font la différence entre une bonne année et une année tendue : cadeaux corporatifs, mariages, vente de chocolat en ligne avec expédition partout au Canada, ateliers et dégustations, marchés de Noël, partenariats B2B avec hôtels et restaurants. Participer à des salons régionaux coûte quelques milliers de dollars et rapporte souvent plus qu’une campagne publicitaire équivalente.


Questions fréquentes

Oui. Dès que vous préparez et vendez des aliments, le permis du MAPAQ est exigé avant le début des activités et doit être affiché à la vue des clients. Le lieu de fabrication doit lui aussi répondre aux exigences du ministère, ce qui exclut une cuisine résidentielle ordinaire.

Le permis de vente au détail de préparation générale coûte 367 $, plus 144 $ de frais d’ouverture de dossier à la première demande. Il vaut un an et le délai annoncé est de 2 à 6 semaines. Ces tarifs sont indexés : validez-les sur Québec.ca.

Oui. Le métier n’est pas réglementé au Québec et aucun diplôme n’est exigé. Seuls le permis du MAPAQ et l’attestation de gestionnaire d’établissement alimentaire du responsable sont obligatoires. Un DEP en Pâtisserie ou une expérience en atelier reste un atout majeur.

Quelques semaines avant un pic, jamais pendant. Ouvrir à l’automne laisse le temps de roder la production avant Noël, puis d’enchaîner sur la Saint-Valentin et Pâques. Ouvrir en pleine semaine de Pâques, c’est découvrir ses goulots au pire moment.

Oui, à condition de respecter les règles fédérales d’étiquetage de l’ACIA, avec liste d’ingrédients et allergènes en français et en anglais. Reste la contrainte physique : le chocolat voyage mal l’été, ce qui impose des emballages isothermes et parfois une pause estivale.

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