La franchise pèse près de 89 milliards de dollars dans le PIB du Québec et fait vivre plus de 350 000 emplois, selon le Conseil québécois de la franchise. Pour qui veut se lancer en affaires de façon encadrée, reste une question : quels secteurs et quelles enseignes rapportent vraiment ? Tour d’horizon des franchises les plus rentables au Québec, avec chiffres, mises de fonds et conseils pour bien choisir.
Rejoindre un réseau de franchises permet de démarrer une entreprise tout en s’appuyant sur une marque connue et un savoir-faire éprouvé. Le modèle séduit de plus en plus de Québécois. Selon la radiographie 2024 du Conseil québécois de la franchise (CQF), réalisée par la firme Indicia, le secteur représente près de 89 milliards de dollars du PIB québécois, en hausse de 271 % en treize ans, avec 781 bannières et plus de 25 500 établissements. Les occasions se multiplient autant dans les régions que dans le Grand Montréal.
Contribution de la franchise au PIB du Québec en 2024, selon le Conseil québécois de la franchise (CQF).

Pourquoi la franchise est-elle si rentable au Québec ?
Le marché québécois est dynamique. Il rassemble de grands réseaux comme Tim Hortons ou des enseignes de services à domicile, mais aussi une multitude de bannières régionales. Fait marquant : 68 % du chiffre d’affaires de la franchise au Québec provient des régions, hors Grand Montréal et région de Québec. La rentabilité ne se joue donc pas seulement dans les grands centres.
Le contexte aide aussi. Les ventes au détail ont progressé de 3,5 % en 2025 au Québec, signe d’un climat redevenu favorable au déploiement de nouvelles bannières. Pour un candidat, c’est le bon moment pour évaluer les secteurs porteurs.
Quels secteurs et quelles enseignes rapportent le plus ?
Quatre grandes familles concentrent les franchises les plus rentables au Québec. Les secteurs de la restauration rapide et de l’alimentation restent en tête, avec un chiffre d’affaires moyen autour de 750 000 $ par établissement et une croissance d’environ 4,5 % par an. C’est le terrain de jeu de A&W, Tim Hortons, St-Hubert, ou encore Ashton.
Viennent ensuite les services aux particuliers, comme la garde d’enfants et l’aide aux aînés, en croissance d’environ 6,2 % par an. Le secteur des animaux de compagnie affiche pour sa part une croissance à deux chiffres, près de 15 % annuellement, porté par des bannières comme Animo Etc ou Pitou Minou & Compagnons. Enfin, la santé et le bien-être, de l’entraînement aux soins corporels, complètent le palmarès.
Bon à savoir
Côté notoriété, Tim Hortons reste un repère. Fondée en 1964, l’enseigne cumule plus de soixante ans d’expertise et exploite environ 3 558 restaurants au Canada (avril 2025), un parc qui s’approche de 3 570 au début de 2026, ce qui en fait la plus grande chaîne de restauration rapide au pays. Le réseau prévoit d’ailleurs 80 nouvelles ouvertures en 2026.
Les avantages et les limites du modèle franchisé
Le franchisage donne accès au savoir-faire d’un réseau rentable, à la notoriété de la marque et à la fidélité d’une clientèle déjà acquise. Le franchisé profite du modèle d’affaires, des outils de marketing, des solutions de gestion et de l’accompagnement du franchiseur, tout en restant propriétaire de son entreprise. En contrepartie, il accepte un cadre et des frais réguliers.
Les avantages de la franchise
- Notoriété immédiate de la marque
- Accompagnement et formation dès le départ
- Accès à la centrale d’achat et à de meilleurs coûts
- Risque réduit par rapport à un commerce indépendant
Les inconvénients de la franchise
- Mise de fonds et droit initial à prévoir
- Redevances et contribution au fonds de publicité versées en continu
- Faible marge de manœuvre sur le concept
- Obligation de suivre le manuel d’exploitation
L’accès à la centrale d’achat et le gain de temps permettent au franchisé de se concentrer sur son commerce pour stimuler ses ventes. C’est le pari de EatSalad, un bar à salade axé sur une cuisine saine et des produits frais. Le réseau propose une formation complète de 240 heures et accompagne le franchisé jusqu’à l’ouverture. Selon l’enseigne, un établissement peut atteindre un chiffre d’affaires d’environ un million de dollars après deux ans. Les profils recherchés vont du gestionnaire au professionnel en reconversion, ce qui ouvre le modèle à des candidats très variés.
Quelle mise de fonds et quel financement prévoir ?
Avant de signer, le candidat choisit un secteur, se renseigne sur l’enseigne et étudie la convention de franchise, le terme juridique qui désigne le contrat liant le franchiseur et le franchisé au Québec. Ce document encadre les obligations de chacun, dont le versement d’un droit initial à la signature, de redevances régulières et d’une contribution au fonds de publicité nationale.
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La mise de fonds varie énormément d’un secteur à l’autre. Une franchise à faible mise de fonds se situe généralement entre 5 000 $ et 100 000 $, souvent dans les services à domicile, le nettoyage ou les services aux animaux, qui demandent peu de local commercial.
Pour financer l’achat, plusieurs organismes accompagnent les entrepreneurs québécois :
- La BDC (Banque de développement du Canada) propose des prêts de démarrage et de transfert d’entreprise.
- Investissement Québec accorde des prêts et garantit des marges de crédit.
- Futurpreneur Canada offre jusqu’à 75 000 $ de financement avec mentorat pour les 18 à 39 ans.
Comment jauger la rentabilité d’une franchise ?
Une franchise n’est pas rentable sur la seule foi de sa marque. Trois indicateurs comptent vraiment :
- le ratio entre la mise de fonds exigée et le chiffre d’affaires attendu ;
- le total des redevances et de la contribution au fonds de publicité nationale ;
- le délai de retour sur investissement, le plus souvent de deux à trois ans pour une franchise rentable.
Bien choisir avant de signer la convention
Aussi solide soit-il, le modèle ne garantit jamais le succès. Au Québec, aucune loi ne vise spécifiquement la franchise. Les obligations des parties relèvent du Code civil du Québec, notamment le devoir de bonne foi (art. 1375) et l’exigence d’un consentement libre et éclairé (art. 1399 et suivants).
Bon à savoir
Le Conseil québécois de la franchise (CQF), lui, n’est pas un organisme réglementaire : c’est une association qui représente et fait la promotion du secteur.
Avant de vous engager, faites une étude de marché, montez un plan d’affaires, préparez un plan de financement et faites relire la convention par un avocat membre du Barreau du Québec. Les salons spécialisés et les annuaires de réseaux restent de bons points de départ pour rencontrer des enseignes et comparer les occasions, secteur par secteur.
FAQ – Vos questions fréquentes sur les franchises rentables au Québec
Les enseignes de restauration à fort volume comme Tim Hortons, St-Hubert ou Ashton figurent parmi les plus rentables, avec des chiffres d’affaires moyens souvent supérieurs à 750 000 $ par établissement. La rentabilité réelle dépend toutefois de l’emplacement, de la mise de fonds et de la gestion du franchisé.
Les franchises à faible mise de fonds se situent généralement entre 5 000 $ et 100 000 $. On les trouve surtout dans les services à domicile, le nettoyage et les services aux animaux, des modèles qui demandent peu de local commercial et un investissement de départ réduit.
Non. Contrairement à six provinces canadiennes, le Québec n’a pas de loi propre à la franchise. La relation est régie par le Code civil du Québec, en particulier le devoir de bonne foi et l’exigence d’un consentement libre et éclairé. Consulter un avocat spécialisé avant de signer la convention de franchise reste fortement recommandé.
Les revenus d’un franchisé varient fortement selon le secteur, la taille du réseau et l’emplacement. Après le paiement des redevances et des charges, une franchise rentable vise généralement un retour sur investissement en deux à trois ans. Le chiffre d’affaires de l’établissement ne reflète pas le revenu net du franchisé, qui dépend de sa marge et de sa gestion.











