Tim Hortons lance une campagne nationale pour embaucher 10 000 personnes au Canada, en appui à sa croissance et à l’ouverture de 80 nouveaux restaurants cette année. La chaîne précise du même souffle sa position sur le Programme des travailleurs étrangers temporaires, un enjeu sensible pour ses franchisés au Québec comme ailleurs.
Plus grande chaîne de restauration au pays, Tim Hortons exploite près de 4 000 restaurants au Canada, soit plus de points de vente par habitant que toute autre enseigne dans le monde. Le réseau s’appuie sur 1 500 propriétaires de restaurants et compte environ 110 000 employés à l’échelle du système. C’est dans ce contexte que la bannière a lancé, le 25 mai, une vaste opération de recrutement.
Dix mille embauches pour accompagner la croissance
La campagne se déploie à la télévision, sur les plateformes numériques, sur les réseaux sociaux et en restaurant. Elle vise à pourvoir 10 000 postes, autant pour remplacer le roulement naturel de personnel que pour soutenir l’expansion du réseau.
Cet effort accompagne un plan d’investissement annoncé quelques jours plus tôt : 270 millions de dollars injectés par les propriétaires de restaurants et 130 millions par la société, pour bâtir ou rénover 480 restaurants au pays. Au total, 80 nouvelles adresses et 400 rénovations sont prévues en 2026.
« Cela fait partie de l’engagement constant de la marque à embaucher localement, chaque fois que c’est possible, dans toutes les communautés que nous servons », indique Tim Hortons dans un communiqué.
Une position assumée sur les travailleurs étrangers temporaires
La chaîne profite de l’annonce pour clarifier son recours au Programme des travailleurs étrangers temporaires. Elle estime qu’environ 4 000 employés occupent un poste à ce titre dans son réseau, soit près de 3,6 % de l’ensemble des emplois en restaurant.
Au sortir de la pandémie, en 2021, Tim Hortons faisait partie des entreprises qui réclamaient un accès élargi au programme pour combler la pénurie de main-d’œuvre. La donne a changé. « Aujourd’hui, en 2026, avec un chômage élevé chez les jeunes à l’échelle nationale, plaider pour un accès élargi n’est plus nécessaire », précise la chaîne, qui dit voir le recours au programme diminuer de façon constante depuis 2024.
Part des emplois occupés sous le Programme des travailleurs étrangers temporaires dans le réseau Tim Hortons au Canada, selon l’enseigne (mai 2026).

Un enjeu de main-d’oeuvre au coeur du modèle franchisé
Pour les franchisés québécois, le recrutement reste l’un des principaux défis d’exploitation. Embaucher, former et retenir le personnel pèse directement sur la rentabilité d’un restaurant. Une campagne nationale de cette ampleur donne un coup de pouce, mais l’effort de dotation se joue toujours localement, restaurant par restaurant.
L’enjeu prend un relief particulier alors que la concurrence pour la main-d’oeuvre s’intensifie. L’arrivée prochaine de Dunkin’ au Québec, portée par le franchiseur montréalais Foodtastic, viendra disputer à Tim Hortons non seulement des clients, mais aussi des employés sur le créneau du café.
Ce qu’il faudra surveiller
La capacité de Tim Hortons à pourvoir ses 10 000 postes tout en réduisant son recours aux travailleurs étrangers temporaires sera un indicateur à suivre. Pour les franchisés du Québec, le succès de cette campagne déterminera en bonne partie la cadence d’ouverture et de rénovation des restaurants dans la province au cours des prochains mois.











