Portée par des marges d’essence records, Alimentation Couche-Tard a presque doublé son bénéfice net au quatrième trimestre de l’exercice 2026, à 863,4 millions de dollars américains. Derrière ces chiffres se cache un réseau de dépanneurs profondément enraciné au Québec, où des centaines de magasins sont exploités par des opérateurs indépendants. Un modèle qui mérite l’attention des entrepreneurs de la province.
Le géant lavallois a dévoilé ses résultats de l’exercice clos le 26 avril 2026 le lundi 22 juin, après la fermeture de la Bourse de Toronto. Les revenus du trimestre ont bondi de 19,8 %, à 19,5 milliards de dollars américains. Le lendemain, le titre a grimpé de plus de 12 %, à 92,23 $ à la TSX, un sommet historique qui a ajouté près de 10 milliards de dollars à la valeur boursière de l’entreprise.
Des marges d’essence qui propulsent les profits
La performance repose largement sur le carburant. La marge brute sur l’essence a atteint 17,28 ¢ le litre au Canada et 52,44 ¢ US le gallon aux États-Unis, des niveaux rarement vus. Le bénéfice net du trimestre, à 863,4 millions de dollars américains, se compare à 439,4 millions un an plus tôt.
Un élément ponctuel a aussi gonflé le résultat : un recouvrement net de 260,9 millions de dollars avant impôts, lié au règlement de vieux litiges. Sans lui, la progression reste solide, portée par les volumes en magasin.
Un empire du dépanneur enraciné au Québec
Couche-Tard demeure le numéro un du dépanneur et de la vente de carburant au Canada, avec un réseau de près de 2 100 magasins des Maritimes jusqu’à l’Ouest. Le Québec reste le cœur historique du groupe, avec 576 magasins corporatifs exploités sous les bannières Couche-Tard, Provi-Soir et Dépanneur 7 jours.
La marque Circle K domine ailleurs au pays et à l’international, mais dans la province, l’enseigne mise sur ses noms d’origine. Un ancrage local qui pèse dans un marché du commerce de proximité toujours très fréquenté par les Québécois.
Le nombre de MAGASINS CORPORATIFS exploités en propre par Couche-Tard au Québec, sous les bannières Couche-Tard, Provi-Soir et Dépanneur 7 jours (données au 1er février 2026).

Une place réelle pour les opérateurs indépendants
Le réseau québécois ne se résume pas aux magasins corporatifs. Le groupe compte aussi des centaines de magasins sous licence, dont la bannière 7 Jours, ainsi que des magasins affiliés, détenus et exploités par des marchands indépendants. C’est cette portion du réseau qui ouvre une porte concrète aux entrepreneurs qui veulent opérer un dépanneur sous une enseigne connue.
Le contraste est frappant avec 7-Eleven, qui a lancé son virage vers le franchisage au Canada, mais sans inclure le Québec. Dans la province, Couche-Tard reste donc l’un des rares grands réseaux de proximité à offrir un cadre aux opérateurs locaux, entre exploitation en propre et modèles sous licence.
Un baromètre du commerce de proximité au Québec
Au-delà des marchés boursiers, ces résultats records confirment la vigueur du dépanneur comme format commercial dans la province. Tant que la fréquentation en magasin et les ventes de carburant tiennent, le modèle reste attrayant pour ceux qui veulent exploiter un commerce de proximité.
Les prochains trimestres diront si l’entreprise maintient ce rythme et si elle densifie encore son maillage québécois. Les candidats intéressés par un magasin sous licence ou affilié ont tout intérêt à surveiller les territoires disponibles dans leur région.











