En 2026, la rénovation a officiellement pris le pas sur le neuf. Elle a représenté plus de 50% du marché de la construction. Et la tendance n’est pas prête de s’inverser d’après Cyrille Malfilatre, directeur général de La Maison Des Travaux, franchise qui compte un réseau de 300 courtiers en travaux spécialistes de la mise en relation d’artisans et de porteurs de projets de rénovation.
En 2025, “la rénovation est devenue le premier moteur du bâtiment devant le neuf”, s’enthousiasme Cyrille Malfilatre. Elle a pesé 118 milliards d’euros sur un marché de la construction qui affiche un peu plus de 215 milliards de chiffre d’affaires. “Plus d’un euros sur deux investis dans le bâtiment l’ont été dans la rénovation”, résume-t-il.
Dans la construction, le marché du neuf s’effrite
Et cette dynamique n’est pas prête de s’arrêter, d’après celui qui gère un réseau de 300 courtiers en travaux spécialistes de la rénovation, répartis dans 80 départements français. Certes, “le marché du neuf reprend mais beaucoup d’acteurs sont tombés et il ne retrouvera jamais ses sommets”, prédit Cyrille Malfilatre. En 2025, 289 000 logements neufs ont été mis en chantier, c’est 20% de moins que la moyenne historique, établie à 359 000 depuis 1986.
“L’eldorado du pavillon avec 800 m2 de terrain n’existe plus”, les attentes se sont profondément transformées, observe le franchiseur. “Avec les années Covid, les Français se sont recentrés sur la rénovation, sur le confort de l’habitat”. L’inflation sur les matériaux de construction, depuis la crise sanitaire et la guerre en Ukraine, a participé au changement. La législation a aussi aidé.
Les effets des lois de protection de l’environnement
Il y a “de moins en moins de terrains à vendre”, l’effet de la loi zéro artificialisation des sols notamment. Les politiques en faveur de la protection de l’environnement se sont renforcées, freinant l’avancée du béton et du goudron dans les villes et villages. En parallèle, les aides à la rénovation énergétique se sont développées. Elles ont beau changer régulièrement, ce qui perturbe le marché, elles renforcent la tendance.
La rénovation est moins chère que la construction
“Les ménages arbitrent de plus en plus en faveur de la transformation de l’existant.” Par conscience écologique parfois. Par obligation, faute de trouver un terrain, pour d’autres. Mais pas seulement : rénover coûte moins cher que construire. Pour un logement de 120 m², il faudra compter 80 000 euros en moyenne en rénovation, contre 200 000 euros en neuf. Et “quand vous rénovez, en général, vous pouvez habiter”, ce qui permet d’économiser un loyer mais aussi de gagner du temps sur le remboursement du prêt bancaire et sur l’installation s’il s’agit d’un premier achat, souligne le directeur général de La Maison Des Travaux.
Une préférence pour le “circuit court”, même dans le bâtiment
Par ailleurs, “comme dans l’alimentation ou le vestimentaire, on observe un changement de paradigme : les jeunes reviennent au local”, assure-t-il. En plus de “la frugalité”, ils privilégient “l’authentique, le style d’habitat régional”, poursuit-il.
Mais les primo-accédants et les ménages modestes ne sont pas les seuls à booster le secteur de la rénovation : les seniors aussi contribuent au “game change”. Ils sont de plus en plus nombreux. “21% des Français ont plus de 60 ans. Ils seront 26% d’ici 2040 et plus de 30% en 2050”, note Cyrille Malfilatre.
Le vieillissement de la population, un autre facteur bénéfique à la rénovation
Or, beaucoup souhaitent pouvoir rester chez eux le plus longtemps possible. “Ils veulent réaménager, adapter leur logement à leur vieillissement, voire à leur pathologie, dans un souci de confort et d’esthétique. Ils ne veulent pas un cabinet médical ou une chambre d’hôpital mais un logement dans l’air du temps”, assure le spécialiste. “Le marché de l’accessibilité a représenté 4,5 milliards d’euros en 2025, il est estimé à 6 milliards en 2030”, “500 000 logements sont à réadapter d’ici 2030”, appuie Cyrille Malfilatre, très optimiste pour l’avenir de la rénovation en France.
Un positionnement d’avenir
Et pour celui de sa franchise. Depuis 2025, l’actionnaire principal est Saint-Gobain Distribution Bâtiment France, numéro 1 de la distribution de matériaux de construction, qui souhaite renforcer sa présence dans le secteur de la rénovation d’ampleur. Les courtiers en travaux de La Maison Des Travaux bénéficient désormais des produits, des solutions et de la connaissance du marché d’un mastodonte. Cyrille Malfilatre les voit “comme des magiciens qui permettent à des particuliers de réaliser le projet de leur rêve en les mettant en relation avec des artisans qui ont les deux mains dans le béton” et pas toujours le temps de s’occuper de la relation client.
“On a un très bon positionnement”, promet-il, tout en recommandant à qui voudrait se lancer en franchise, de s’assurer de “connaître le marché”.
NOTRE RÉSUMÉ EN
5 points clés
PAR L'EXPRESS CONNECT IA
(VÉRIFIÉ PAR NOTRE RÉDACTION)
Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet : pourquoi le marché de la rénovation est-il porteur ?
La rénovation devient le moteur du secteur
En 2026, la rénovation représente plus de 50 % du marché de la construction, avec 118 milliards d’euros investis sur un total de 215 milliards. Elle dépasse durablement le neuf et s’impose comme le cœur de l’activité du secteur du bâtiment.
Le marché du neuf structurellement affaibli
La construction neuve ne retrouve pas ses niveaux historiques, avec seulement 289 000 logements mis en chantier en 2025, soit 20 % de moins que la moyenne de long terme. Rareté du foncier, inflation des coûts et évolution des modes de vie favorisent la rénovation de l’existant.
Cadre réglementaire et environnemental favorable
La loi zéro artificialisation des sols, le durcissement des normes environnementales et le développement des aides à la rénovation énergétique orientent les investissements vers la transformation des logements existants, malgré une instabilité des dispositifs publics.
Un arbitrage économique en faveur de la rénovation
Rénover coûte en moyenne beaucoup moins cher que construire : environ 80 000 euros pour un logement de 120 m², contre 200 000 euros dans le neuf. La possibilité d’habiter pendant les travaux et d’éviter un loyer renforce l’attractivité financière de la rénovation.
Démographie et retour au local
Les seniors, de plus en plus nombreux, investissent massivement dans l’adaptation de leur logement, un marché estimé à 6 milliards d’euros d’ici 2030. En parallèle, les jeunes ménages privilégient des projets de rénovation locaux, durables et ancrés dans les styles régionaux, renforçant la dynamique du secteur.













