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MTY : l’examen stratégique s’étire et commence à nuire au réseau

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L’examen stratégique lancé à l’automne par le franchiseur montréalais MTY s’étire depuis huit mois, et le marché n’y croit plus vraiment. Le titre est retombé à 33 $, son niveau d’avant l’annonce, et les analystes revoient leurs attentes à la baisse. Une incertitude qui plane aussi sur les franchisés du réseau.


Établi dans la région de Montréal, le Groupe MTY exploite environ 7000 établissements sous plus de 80 enseignes au Canada, aux États-Unis et à l’international, dont Thai Express, Sushi Shop, Toujours Mikes et Scores. Après avoir grimpé jusqu’à 45 $ en début d’année, son action est revenue à 33 $, effaçant tout l’optimisme né de l’annonce de l’examen stratégique.

En novembre, MTY annonçait avoir retenu les services d’un conseiller financier pour cerner et évaluer diverses options stratégiques. Huit mois plus tard, aucune conclusion. En dévoilant ses résultats du printemps la fin de semaine dernière, la direction a redit que la démarche se poursuit, sans plus de détails.

« Nous devons nous en tenir à ce que nous avons divulgué jusqu’à maintenant », a indiqué à La Presse Éric Lefebvre, chef de la direction de MTY. Une prudence qui alimente l’impatience des investisseurs, qui réclament plus de transparence sur les transactions envisagées et les offres reçues.

Le doute gagne les experts. L’analyste John Zamparo, de la Scotia, a abaissé la probabilité d’un résultat positif de 30 % à seulement 10 %. La durée du processus, dit-il, réduit la probabilité qu’un acquéreur rachète l’ensemble de l’entreprise avec une prime.

Même son de cloche du côté de Michael Glen, de Raymond James, qui juge que des acheteurs seraient surtout intéressés par les marques les plus performantes du groupe, tout en s’interrogeant sur la valeur du reste du portefeuille, composé d’enseignes de moindre envergure.

Pour le gestionnaire de portefeuille Philippe Hynes, de Tonus Capital, la lenteur peut s’expliquer de deux façons. Le groupe pourrait chercher à vendre ses activités canadiennes et américaines séparément afin de maximiser la valeur, une opération plus complexe et plus longue. À l’inverse, les offres reçues seraient jugées trop basses par le conseil d’administration, qui tenterait de négocier un meilleur prix.

À défaut d’une vente, John Zamparo privilégie les rachats d’actions. Selon lui, MTY pourrait racheter 10 % de ses actions par année au cours des deux prochaines années tout en gardant un endettement raisonnable. L’acquisition de nouvelles enseignes demeure aussi une avenue de croissance, dans un marché jugé favorable aux acheteurs.

Pour les franchisés des quelque 80 enseignes du groupe, en particulier les bannières en difficulté, l’attente entretient un flou sur la stratégie et les investissements à venir. L’issue du processus déterminera qui pilotera leur marque et avec quels moyens.

« Malheureusement, les dernières acquisitions de MTY ne correspondaient pas au modèle d’affaires initial de l’entreprise », observe Carl Simard, gestionnaire de portefeuille chez Medici et auteur d’un livre sur l’histoire du groupe. Le marché guette maintenant le prochain signal du conseil d’administration, tenu de dévoiler tout développement significatif. En son absence, la pression des actionnaires québécois ne devrait pas retomber de sitôt.

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