Adoptée le 11 juin, la loi 11 du gouvernement du Québec autorise la vente de prêts-à-boire à base de spiritueux dans les épiceries et les dépanneurs à compter du 1er janvier 2027. Pour les réseaux de dépanneurs franchisés comme Couche-Tard ou Boni-Soir, une nouvelle catégorie de revenus s’ouvre au comptoir, dans un marché déjà évalué à près d’un demi-milliard de dollars.
La Loi modifiant diverses dispositions principalement aux fins d’allègement du fardeau réglementaire et administratif, mieux connue sous le nom de projet de loi n° 11, a été adoptée le 11 juin 2026. Cinquième loi omnibus du genre déposée depuis 2021, elle regroupe 63 mesures d’allègement issues de 15 ministères et organismes, pour des économies récurrentes estimées à 81,9 millions de dollars par année. Sa mesure la plus commentée touche l’alcool.
Les prêts-à-boire de spiritueux permis en dépanneur dès janvier 2027
Concrètement, les dépanneurs et les épiceries du Québec pourront vendre des cocktails prêts-à-boire fabriqués à partir de spiritueux (gin, vodka, rhum, téquila) contenant 7 % d’alcool ou moins. La règle entre en vigueur le 1er janvier 2027.
Le changement met fin à une incohérence de longue date. Les prêts-à-boire à base de malt étaient déjà offerts jusqu’à 7 % dans le réseau, alors que les mêmes produits à base de spiritueux restaient réservés à la Société des alcools du Québec (SAQ). Les détaillants devront s’approvisionner auprès de distributeurs autorisés.
Bon à savoir
Seuls les prêts-à-boire titrant 7 % d’alcool ou moins sont admissibles à la vente hors SAQ. Au-delà, le produit reste vendu uniquement en succursale de la SAQ.
La fin d’un monopole de la SAQ, mais pas de sa majoration
Le ministre responsable de l’allègement réglementaire, Samuel Poulin, avait annoncé cet amendement le 24 février 2026. La réforme met fin au monopole de la SAQ sur cette catégorie de produits, sans pour autant l’écarter du circuit.
La société d’État demeure en effet le grossiste de ces boissons et conserve sa majoration sur chaque vente. Avant la loi, plus de 112 prêts-à-boire fabriqués par des PME québécoises n’avaient aucun accès aux tablettes des épiceries et des dépanneurs.
Une catégorie en croissance pour les réseaux franchisés
Pour les enseignes de proximité, la mesure ouvre une occasion d’affaires nette. Le marché québécois du prêt-à-boire pèse déjà environ 451 millions de dollars, une catégorie parmi les plus dynamiques du commerce de détail alimentaire.
Valeur estimée du marché québécois du prêt-à-boire, une catégorie en forte croissance désormais accessible aux dépanneurs et épiceries. (Source : La Presse, 2026)

Les réseaux de dépanneurs franchisés, de Couche-Tard à Boni-Soir, comptent parmi les premiers bénéficiaires. L’enjeu se jouera sur la gestion de l’espace tablette et sur les marges consenties une fois la majoration de la SAQ appliquée. L’Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec (AMDEQ), qui réclamait ce changement depuis des années, a salué la décision.
« Nous ne pouvons qu’exprimer notre satisfaction face à la décision du gouvernement d’avoir été à l’écoute d’une de nos demandes importantes », indique l’AMDEQ dans une note publiée le 17 juin. L’association prévient toutefois que les modalités d’approvisionnement et les prix de gros restent à clarifier avec la SAQ.
Une mise en œuvre à surveiller d’ici l’entrée en vigueur
La réforme ne fait pas l’unanimité. L’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) a demandé au gouvernement de revenir sur sa décision, estimant que l’élargissement de la vente d’alcool a été adopté sans consultation publique préalable.
D’ici le 1er janvier 2027, les franchisés québécois auront intérêt à suivre de près les conditions commerciales que fixera la SAQ et l’évolution des règles d’approvisionnement. Les prochains mois diront à quelle vitesse cette nouvelle catégorie s’installera derrière le comptoir des dépanneurs de la province.











