Avec une transaction d’environ 300 millions de dollars sur des immeubles loués à Loblaw dans dix provinces, la firme montréalaise Leyad signe la plus grosse opération immobilière de détail conclue au Canada depuis le début de 2026. Derrière les baux, un locataire dont les bannières québécoises reposent en partie sur des marchands franchisés.
Leyad a annoncé la clôture de l’opération le 3 septembre 2026. Elle porte sur un portefeuille d’immeubles de détail mono-locataires loués à Loblaw Companies Limited, et la clôture annoncée représente la majorité substantielle de la transaction, après une première clôture plus tôt cette année. La firme se décrit comme l’une des plus importantes sociétés immobilières privées au Canada, avec plus de 12 millions de pieds carrés et environ 500 employés.
Huit immeubles, des baux triple net de quatorze ans en moyenne
Le portefeuille compte huit immeubles mono-locataires loués à Loblaw sous des baux triple net, une formule où le locataire assume les taxes, les assurances et l’entretien. La durée moyenne pondérée des baux atteint environ quatorze ans, ce qui verrouille un revenu contractuel de long terme auprès du plus important détaillant alimentaire au pays.
Après la transaction, Loblaw devient le premier locataire de Leyad par revenus. « Cette transaction est déterminante pour Leyad et marque une étape importante dans la croissance de notre plateforme nationale », a expliqué Greg Castiel, premier vice-président, commercial, chez Leyad.
Durée moyenne pondérée des baux
Les huit immeubles sont loués à Loblaw sous des baux triple net d’une durée moyenne pondérée d’environ quatorze ans. (Source : communiqué Leyad, 3 septembre 2026)
Ce que Loblaw comme locataire signifie pour les marchands franchisés du Québec
Le communiqué ne ventile pas les immeubles par province, et nous ne le déduisons pas. Ce qui est établi, c’est le locataire. Au Québec, Loblaw exploite notamment les bannières Provigo, Provigo Le Marché et Maxi. Le cas de Provigo est particulier dans le paysage québécois : en décembre 2020, Loblaw annonçait la conversion graduelle de l’ensemble du réseau Provigo en magasins franchisés, une quinzaine dès l’année suivante et la totalité visée pour la fin de 2022.
Pour un marchand franchisé, le propriétaire de l’immeuble n’est pas un détail. C’est lui qui décide des travaux, du stationnement, de la signalisation et des locataires voisins. Ici, le bail principal reste au nom de Loblaw, pas du franchisé : le marchand n’a donc pas de rapport direct avec le nouveau propriétaire, mais il vit les décisions immobilières prises au-dessus de lui.
Une plateforme de 12 millions de pieds carrés et un léger flottement sur le décompte
Leyad détient et gère un portefeuille diversifié de propriétés de détail, industrielles et résidentielles. L’acquéreur a bâti sa position par une série d’opérations en 2026, dont le Bay Centre à Victoria et l’Intercity Shopping Centre à Thunder Bay.
Un point mérite d’être noté tel quel : le communiqué annonce un portefeuille réparti dans dix provinces dans son titre, alors que sa notice descriptive situe les activités de la firme dans neuf provinces. L’écart n’est pas expliqué, et nous ne tranchons pas à la place de l’entreprise.
L’immobilier alimentaire devient un dossier à suivre pour les réseaux
Une opération de 300 millions de dollars adossée à des épiceries confirme l’appétit des investisseurs pour le commerce dit essentiel, celui qui résiste aux cycles. Pour les réseaux franchisés au Québec, cela veut dire des bailleurs institutionnels plus gros et plus outillés en face d’eux.
Deux signaux à surveiller d’ici la fin de l’année : la publication éventuelle de la répartition provinciale du portefeuille, et les prochaines cessions d’immeubles par les grands détaillants alimentaires canadiens, qui déterminent qui devient le propriétaire des locaux où s’installent les franchisés.











