Aldi Belgique regroupe une quarantaine de références dans une gamme « To Go » vendue sous cinq euros, dans presque tous ses 445 magasins. Le discounter arrive tard sur le prêt-à-manger, au moment précis où Delhaize, Carrefour et Intermarché ouvrent chacun leur chantier sur ce créneau. Les commerces de proximité sous enseigne sont en première ligne.
La gamme rassemble environ quarante produits, dont une quinzaine de nouveautés, a annoncé lundi l’enseigne dans un communiqué diffusé par sa salle de presse belge. Les boissons démarrent à 0,39 euro, les casse-croûte et repas à 2,49 euros, et aucune référence ne dépasse cinq euros. Wraps, salades de pâtes, salades-repas, plats froids, tartines garnies, fruits prédécoupés, cafés glacés et smoothies sont regroupés dans une sélection distincte du rayon frais, présente dans presque tous les 445 magasins belges.
Le discounter cherche un nouveau moment de consommation
Le mouvement dit autant du modèle que du rayon. Sur environ quarante références, 25 existaient déjà : l’enseigne les sort de leurs rayons respectifs pour les regrouper et les rendre visibles. Le reste du dispositif tient dans une quinzaine de nouveautés, dont des cafés glacés de marque propre et une boisson au collagène. Autrement dit, Aldi ne crée pas une offre, il la met en scène pour capter un moment de consommation qu’il laissait aux autres.
445 magasins en gestion propre, premier parc du pays
Le poids du réseau change la portée de l’annonce. Aldi exploite 445 magasins en Belgique, pilotés par sept centrales régionales, et emploie plus de 8.600 collaborateurs. Selon le classement des formules commerciales publié par le cabinet de données de localisation Locatus en janvier 2026, c’est tout simplement l’enseigne qui compte le plus grand nombre d’établissements du pays, devant Leonidas et Carrefour Market. L’immobilier est détenu par une filiale du groupe, Aldi Real Estate. Aucune offre de franchise n’est publiée à notre connaissance sur le site corporate belge de l’enseigne.
Le nombre de magasins Aldi en Belgique, soit le premier parc du pays en nombre d’établissements. Le discounter revendique 90 % de marques propres dans son assortiment. (Source : Aldi Belgique, 2026)

Trois offensives sur le prêt-à-manger en une seule semaine
Le calendrier est frappant. Le 10 septembre, Delhaize lançait Cravy, un concept de street food préparée sur place, testé au Luxembourg puis dans deux magasins bruxellois d’ici fin 2026, avec un objectif de 150 à 200 points de vente. Le même jour, Carrefour Belgique et le grossiste Trendy Foods dévoilaient Shopeez, une enseigne destinée aux night shops, épiceries et stations-service indépendants, avec plus de 1.000 références et une centaine de magasins visés en 2028. Le 15 septembre, Intermarché ouvrait son premier Express bruxellois, articulé autour du fait maison.
Aldi arrive quatrième en huit jours. Sa différence tient au maillage : nulle part ailleurs une offre nomade n’arrive d’un coup dans 445 points de vente, sans investissement de format ni comptoir à exploiter.
Pour les commerces de proximité, une pression de plus
Le contexte est déjà lourd pour les indépendants. Sur les sept premiers mois de 2026, le chiffre d’affaires des commerces alimentaires indépendants a reculé de 5 %, quand celui des supermarchés le dimanche progressait de 22 %, selon des chiffres de l’institut de sondage YouGov relayés par le Syndicat neutre pour indépendants. Boulangers, bouchers et commerces spécialisés constatent déjà l’effet. Le sandwich à 2,49 euros vendu en libre-service dans un discounter s’ajoute à cette pression, sur un segment qui faisait jusqu’ici la marge des snacks, des friteries et des points chauds.
Le conseil de la Rédac’
Un exploitant sous enseigne qui vit du repas de midi a intérêt à sortir du terrain du prix. Le préparé sur place, la commande anticipée et la livraison au bureau restent hors d’atteinte d’un linéaire réfrigéré. C’est exactement le pari que font Panos, avec plus de 200 points de vente franchisés en Belgique, et le format Intermarché Express avec son espace de cuisine à l’entrée du magasin.
L’enseigne ne communique ni date de mise en rayon, ni objectif de chiffre d’affaires pour la gamme. Le signal à surveiller sera l’extension : si la sélection gagne du chaud, du préparé ou un service de commande, le discounter cessera d’être un simple voisin encombrant pour devenir un concurrent frontal des réseaux de restauration rapide belges.











