La chaîne de magasins de repas Bon’Ap ouvre son 65e point de vente ce mercredi 7 octobre 2026 à Diest, en Brabant flamand. Le réseau du groupe alimentaire Meat&More vise 70 magasins d’ici la fin de l’année, sans recruter le moindre franchisé et sans avoir jamais franchi la frontière linguistique.
Le groupe Meat&More, installé à Aalter en Flandre orientale, exploite deux enseignes nées à vingt-trois ans d’écart : les boucheries Buurtslagers, lancées en 1990, et les magasins de repas Bon’Ap, créés en 2013. L’ensemble pèse environ 200 points de vente et 1.500 collaborateurs, selon les chiffres publiés par le groupe. Bon’Ap comptait 60 magasins fin janvier 2026, dont près de 50 en Flandre orientale et occidentale, relevait alors le média spécialisé du commerce RetailDetail. Diest porte le compteur à 65.
Un 65e magasin sur le retail park de la Leuvensesteenweg
Le magasin s’installe au 108 A Leuvensesteenweg, sur le retail park qui accueille déjà un Albert Heijn et une enseigne de déstockage Yess!, le long d’un axe de passage du nord du Brabant flamand. L’assortiment reprend la recette maison : viande fraîche et charcuterie issues de la boucherie Buurtslagers, un rayon traiteur construit autour des classiques belges, vol-au-vent et boulettes sauce tomate en tête, et des sandwichs garnis préparés sur place par les bouchers et les traiteurs du magasin. L’ouverture dominicale, de 9h à 13h, complète une amplitude qui court du lundi au samedi de 8h à 18h30, avec nocturne jusqu’à 19h le vendredi.
Ni franchise ni affiliation : une croissance en propre et en corner
Meat&More grandit sans candidat repreneur. Le groupe produit et conditionne à Aalter, puis distribue vers ses propres magasins. Son second moteur est le corner : les plus de 140 boucheries Buurtslagers sont logées à l’intérieur de supermarchés Delhaize, Carrefour, Spar et Comarkt, eux-mêmes souvent tenus par des exploitants indépendants. Bon’Ap a étendu ce format aux magasins Okay en 2025. Aucune offre de franchise n’est publiée à notre connaissance sur les sites du groupe, qui ne recrute ni franchisé ni affilié mais loue des mètres carrés chez des enseignes partenaires.
Bon à savoir
En Belgique, le régime de l’information précontractuelle ne dépend pas du nom donné au contrat. L’article I.11, 2° du Code de droit économique vise tout accord qui octroie une enseigne commune, un nom commercial commun, un savoir-faire ou une assistance commerciale. Un seul de ces quatre éléments suffit pour que les articles X.26 à X.34 s’appliquent, franchise, affiliation ou partenariat de corner.
2.611 magasins franchisés dans l’alimentaire belge, 40 % du marché
Le modèle intégré de Meat&More tranche avec la structure du secteur. L’alimentation est de loin le premier terrain de la franchise belge, avec 2.611 magasins franchisés, 11,85 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 40 % du marché alimentaire total, selon l’étude quantitative de la Fédération Belge de la Franchise (FBF) publiée en octobre 2021. Tous secteurs confondus, l’étude recensait 447 réseaux, 10.354 points de vente franchisés et 20,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit un cinquième du commerce de détail et de la restauration.
Part du marché alimentaire belge réalisée par des magasins franchisés, premier secteur de la franchise devant les services (étude quantitative FBF, octobre 2021).

Un réseau qui s’arrête à la frontière linguistique
Trente-six ans après la première boucherie, le réseau reste flamand. Aucun Bon’Ap ni aucun Buurtslagers n’est implanté en Wallonie ou en Région bruxelloise, et le groupe communique exclusivement en néerlandais.
« Il y a trente ans, je voulais devenir le boucher du quartier de tout le monde », expliquait Geert Ally, fondateur de Buurtslagers et de Meat&More, au quotidien flamand Het Laatste Nieuws en novembre 2020. Le quartier, pour l’instant, s’arrête à Diest. Trois signaux méritent d’être suivis d’ici la fin de l’année : l’atteinte des 70 magasins annoncés, l’extension du corner Okay à d’autres enseignes du groupe Colruyt, et l’apparition éventuelle d’une première implantation francophone, qui obligerait le réseau à choisir entre son modèle intégré et le recours à des indépendants.











