À bas les idées reçues sur la franchise

18 août 2022
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Trop chère, trop réglementée, trop contraignante… La franchise est victime d’un certain nombre d’a priori et de clichés. Et ce, autant du côté des franchisés que des franchiseurs. Petite mise au point pour rétablir la vérité et rien que la vérité.


En franchise, certains préjugés ont la vie dure. Par méconnaissance de la formule, certains porteurs de projet craignent de se lancer, d’autres, à l’inverse, imaginent qu’ils n’auront rien à faire sous prétexte que le concept est clé en main. Même syndrome du côté des franchiseurs : beaucoup estiment qu’il suffit de recruter des franchisés pour lancer un réseau et devenir le « Paul » ou le « Midas » de demain. Pour démêler le vrai du faux, voilà un top 10 des idées reçues les plus fréquentes en franchise.

Du côté des franchisés

1/En franchise, on réussit à tous les coups 

Faux : La franchise n’est pas une assurance tout risque. Certes, les chances de succès sont plus élevées car vous ne partez pas de zéro : vous profitez d’un concept rodé et testé. Mais vous êtes aussi un chef d’entreprise comme les autres : à vous de faire tourner votre affaire, d’embaucher le personnel, de gérer l’administratif et de faire grandir votre entreprise. 

2/Les démarches sont sans fin

Faux : Elles ne sont ni plus longues ni plus fastidieuses que lors d’une création d’entreprise classique. Il faut compter entre 3 et 12 mois pour trouver l’enseigne qui vous convient, rencontrer les franchiseurs, faire un stage d’immersion, signer le contrat, trouver le local, les financements et enfin ouvrir votre point de vente. Vous gagnez même du temps car en franchise l’activité démarre plus vite qu’en création simple. La seule différence : la lecture du DIP et du contrat, qui peuvent effectivement être légèrement chronophages car complexes. La solution ? Se faire aider par un avocat spécialisé.

3/La franchise coûte très – trop cher

Vrai et faux : C’est le frein numéro un des porteurs de projet quand on les interroge sur la franchise*. Certes, un projet en franchise peut représenter un investissement plus important qu’une création classique. Mais cela s’explique. Il faut rémunérer le savoir-faire transmis par l’enseigne, les services fournis (animation, formation, publicité, assistance), parfois les aménagements du point de vente, les équipements spécifiques et les stocks. Tous ces «petits  plus » se monnaient. Les investissements de départ oscillent ainsi entre 30 000 (courtage, dépannage, assistance informatique..) et 200 000 euros, et peuvent dépasser la barre des 500 000 euros dans la restauration et la grande distribution. Pour financer de tels montants, 80 % des franchisés recourent au crédit bancaire.

4/Je peux dire adieu à ma liberté d’action

Vrai : Bien que vous soyez un chef d’entreprise indépendant, vous devrez vous plier aux règles et aux process du réseau. Vous serez également régulièrement visité par un animateur, vous ferez l’objet d’audits ou de contrôles d’hygiène, vos résultats seront mesurés, il vous faudra accepter d’investir – parfois à contre cœur – en cas de changement d’agencement des points de vente… Bref, vous ne pourrez pas faire ce que vous voulez mais, pas d’inquiétudes, vous aurez aussi quelques latitudes. Comme par exemple la possibilité de nouer des partenariats locaux, d’organiser des dégustations ou des animations, de faire entendre votre voix en participant à des commissions thématiques….

5/C’est impossible d’entreprendre en famille

Faux : Au contraire, certains réseaux adorent les associations entre conjoints, notamment en boulangerie, dans les commerces de fleurs ou en restauration. Pourquoi ? Les couples sont souvent complémentaires et la répartition des rôles est plus facile. A éviter cependant, les activités qui dégagent peu de marges (ex : petites activité de services) et qui ne permettent pas de rémunérer tout le monde.

6/ Il est difficile de faire remonter ses idées au sein du réseau

Faux : la plupart des réseaux de franchise proposent aux franchisés de participer à des groupes de travail ou à des commissions thématiques (achats, marketing, publicité..). Ces instances de dialogue permettent d’établir une communication bilatérale entre la tête de réseau et le terrain. De nombreuses initiatives remontent ainsi des franchisés sur l’amélioration de l’offre produits, les nouvelles attentes clients… La coopération et l’intelligence collective existent bel et bien pour ceux et celles qui veulent s’impliquer.

Du côté des franchiseurs

7/ Pour se lancer en franchise, il suffit de dupliquer son modèle

Faux : On ne transforme pas son petit magasin de fleurs en Monceau Fleurs ou sa startup de garde d’enfants en Babychou du jour au lendemain.  La franchise est un vrai métier avec ses codes, sa réglementation et ses obligations : le concept doit être attractif, rentable, basé sur un savoir-faire et surtout duplicable. Si ce n’est pas le cas, inutile d’aller plus loin car la définition même de la formule repose sur ces quatre piliers. Le process de « franchisage » passe également par plusieurs étapes : création d’un site pilote, rédaction d’un DIP, d’un contrat, mise en place du programme de formation, recrutement des premiers franchisés… Bref, il faut non seulement du temps (minimum un an) et de l’argent pour développer un réseau digne de ce nom.

8/On ne peut pas faire confiance à un franchisé qui n’a pas ou peu d’expérience

Faux : La franchise et une voie royale pour la reconversion, 76 % des franchisés sont d’ailleurs d’anciens salariés*. Grâce à la formation initiale, les franchisés, même sans expérience du secteur, peuvent acquérir facilement les méthodes et les gestes techniques. A vérifier avant tout, au moment du recrutement : la motivation des futurs candidats, leur sens du commerce et leur capacité à s’adapter. Ces qualités feront toute la différence.

9/ Je dois rechercher le local à la place de mon franchisé

Faux et Vrai : Ce n’est pas au franchiseur de trouver le local mais au franchisé. Cependant, face à la raréfaction des locaux commerciaux, de plus en plus de franchiseurs achètent des locaux qu’ils proposent ensuite à leurs partenaires franchisés. Au final, c’est toujours le franchiseur qui valide le local : il peut refuser des emplacements trouvés par le franchisé mais il ne peut en aucun cas imposer sa propre liste de locaux.

10/ Un concept en franchise ne doit pas évoluer

Faux : Changement des modes de consommation, click & collect, digitalisation… la société va vite et les enseignes doivent sans cesse s’adapter à leur marché en innovant. Cela peut passer par des ré-agencements de magasins, de nouveaux positionnements de produits, des services personnalisés, des offres commerciales plus attractives… C’est en restant compétitif et en innovant continuellement que les franchiseurs réussissent le mieux et continuent d’être pérennes.

*15e et 18e enquête franchise Banque Populaire/FFF

Écrit par Valérie Froger

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