Restaurants Canada presse Québec d’abolir la TVQ sur les repas pris au restaurant et les commandes pour emporter. Après la détaxe annoncée sur certains produits d’épicerie, l’association plaide pour étendre le répit à la restauration, un dossier qui touche de plein fouet les bannières franchisées du Québec.
Le débat fiscal s’invite dans l’assiette. Le gouvernement du Québec a confirmé le retrait permanent de la TVQ sur une série de produits essentiels vendus en épicerie et en pharmacie, une mesure qui entre en vigueur le 15 juillet 2026. Mais cette détaxe ne s’applique pas aux restaurants. C’est précisément là que Restaurants Canada veut que Québec aille plus loin.
Restaurants Canada veut détaxer la facture au resto
Restaurants Canada demande au gouvernement du Québec d’éliminer la TVQ sur les repas servis en salle comme sur les commandes pour emporter. L’association y voit un coup de pouce à la fois pour le portefeuille des clients et pour la santé des établissements, un secteur encore fragilisé par les contrecoups de la pandémie.
Selon Maximilien Roy, vice-président, Fédéral et Québec chez Restaurants Canada, le maintien de la taxe nuit à la compétitivité des restaurateurs québécois, en particulier dans les régions frontalières comme l’Outaouais, où la clientèle peut facilement traverser en Ontario. La TVQ, fixée à 9,975 %, s’ajoute à la TPS de 5 %, pour une charge combinée d’environ 14,975 % sur chaque addition.
Une détaxe qui s’arrête à la porte des restaurants
La mesure adoptée par Québec vise surtout l’épicerie : fruits et légumes prêts à servir, barres tendres, certains muffins en emballage individuel, noix et graines salées, papier hygiénique et mouchoirs. Elle touche tous les commerces, du dépanneur à la grande surface, et représente un manque à gagner d’environ 100 millions de dollars par année pour le trésor public.
Or, la détaxe ne s’applique pas lorsque les produits sont vendus par un établissement dont la majorité des ventes d’aliments ou de boissons est déjà soumise à la TVQ, soit la plupart des restaurants. Résultat : un client paie zéro taxe sur une salade achetée à l’épicerie, mais la taxe pleine sur la même salade commandée au comptoir. C’est cette asymétrie que dénonce l’industrie.
Ce que ça changerait pour les bannières franchisées
Une abolition de la TVQ sur les repas profiterait directement aux grands réseaux franchisés du Québec, de St-Hubert à Valentine, en passant par Tim Hortons et les dizaines de bannières du Groupe MTY. Pour un franchisé, une facture allégée peut soutenir l’achalandage et le panier moyen, deux nerfs de la guerre quand la clientèle surveille ses dépenses.
Bon à savoir
L’industrie a déjà un précédent en tête. En 2024, le congé fédéral de TPS sur certains produits, dont les repas en restaurant, avait donné un coup de pouce bienvenu à plusieurs restaurateurs. Tous ne sont pas convaincus, cependant : des voix s’interrogent sur la pertinence de détaxer la facture de clients qui ont déjà les moyens de sortir manger.
Une décision qui reste entre les mains de Québec
Pour l’instant, le gouvernement n’a pas signalé d’intention d’étendre la détaxe à la restauration. La mesure sur l’épicerie, elle, prendra effet le 15 juillet, et les commerçants doivent déjà revoir le codage de leur TVQ, leurs terminaux de point de vente et leurs prix affichés.
Les prochaines semaines diront si la demande de Restaurants Canada trouvera un écho à Québec. Pour les franchisés de la restauration, l’enjeu dépasse le symbole : il touche la facture finale que voit le client, à un moment où chaque dollar compte.











