Super C et Jean Coutu, deux enseignes de METRO inc. et de ses 22 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel, s’installeront dans un même complexe de l’avenue de l’Esplanade, à Mascouche. Plus de 130 emplois attendus, et deux montages d’exploitation qui n’ont rien à voir sous le même toit. C’est là que se trouve la leçon pour un candidat.
La première pelletée de terre a été soulignée le 1er septembre dans le secteur du chemin des Anglais, à Mascouche, dans Lanaudière, une ville dont la population a bondi de plus de 20 % en dix ans. Le promoteur est le Groupe MONTONI, qui revendique plus de 700 projets et plus de 30 millions de pi² de constructions, avec 25 millions de pi² encore en développement au Québec.
Le premier Super C de Mascouche, 36 000 pi² et une centaine d’emplois
Le magasin à escompte fera environ 36 000 pi² et créera une centaine d’emplois. Il portera à 122 le nombre de magasins Super C au Québec. Au menu des services annoncés : boucherie en magasin, commande en ligne, cueillette et livraison.
Un point que le communiqué ne tranche pas : le montage d’exploitation de ce magasin précis. METRO inc. se décrit comme « détaillant, franchiseur, distributeur, fabricant » d’un réseau de quelque 1 000 magasins d’alimentation. Sans confirmation, on parle donc d’un magasin de la bannière Super C, pas d’une franchise.
Le Jean Coutu, 15 700 pi² tenus par deux pharmaciens propriétaires
La pharmacie fera près de 15 700 pi² et créera une trentaine d’emplois. Elle sera exploitée par Catherine Roy et Jean-Christophe Guay, que le communiqué présente comme « pharmaciens propriétaires affiliés à Jean Coutu ». Le duo tient déjà l’établissement du chemin Gascon, à Terrebonne.
Cette formulation n’est pas de la coquetterie juridique. Une pharmacie au Québec ne peut appartenir qu’à un pharmacien, et cela ferme la porte à tout candidat qui ne détient pas le titre, quel que soit son capital.
Bon à savoir
L’article 27 de la Loi sur la pharmacie réserve la propriété d’une pharmacie à un pharmacien inscrit. Les bannières Jean Coutu, Brunet ou Uniprix ne recrutent donc pas des franchisés au sens habituel : elles s’affilient des pharmaciens propriétaires. METRO inc. approvisionne ou exploite quelque 640 pharmacies sous ces enseignes et sous Metro Pharmacy et Food Basics Pharmacy.
Deux façons d’accéder au commerce, un seul propriétaire de bannières
Le complexe de Mascouche met en scène, à quelques mètres d’écart, deux voies d’accès à l’entrepreneuriat qu’on confond souvent. D’un côté une bannière d’escompte alimentaire dont le montage n’est pas rendu public. De l’autre une pharmacie dont la propriété est verrouillée par la loi.
Derrière les deux, le même groupe : METRO inc., chef de file de l’alimentation et de la pharmacie au Québec et en Ontario, plus de 97 000 personnes à l’emploi. Un candidat qui veut « une franchise Metro » ou « une franchise Jean Coutu » se heurte donc à deux réponses différentes, et aucune des deux n’est celle qu’il attend.
Aucune date d’ouverture publiée, le chantier comme seul jalon
Ni MONTONI ni METRO ne donnent de date d’ouverture. Le projet a été conçu avec la Ville de Mascouche et prévoit un écran acoustique végétalisé, la préservation d’une zone boisée, la plantation de centaines d’arbres et des aménagements pour les déplacements actifs. « Cette pelletée de terre marque une étape importante pour les résidents du secteur du chemin des Anglais », souligne Guillaume Tremblay, maire de Mascouche. Deux choses restent à surveiller pour qui suit le secteur : le calendrier de livraison et la confirmation du montage retenu pour le Super C.











