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Repreneuriat : 38 000 entreprises québécoises à reprendre d’ici 2029, une occasion pour les franchisés

3 Min. de lecture
poignée de main et contrat en réunion d’affaires

D’ici 2029, 38 000 entreprises québécoises vont changer de propriétaire, selon la troisième édition de l’Étude nationale du repreneuriat dévoilée le 20 août à Québec. Pour les candidats franchisés, le message est clair : reprendre un établissement déjà en activité devient une porte d’entrée plus large, et souvent plus facile à financer, que l’ouverture à neuf.


Commandée par Repreneuriat Québec, l’étude a été présentée le jeudi 20 août à la Chambre de commerce et d’industrie de Québec, avec Desjardins. Sur les 38 000 transferts attendus d’ici 2029, 3 400 visent la seule région métropolitaine de Québec. Le franchisage, qui pèse 89 milliards de dollars du PIB québécois et quelque 25 000 points de service, est en première ligne.

Entre 2015 et 2023, les transferts de propriété d’entreprise ont bondi de 38,1 % au Québec. L’année 2023 marque le sommet, avec 11 755 transactions, soit 6 % du patrimoine entrepreneurial de la province. Ces opérations ont touché 194 000 emplois et représenté 60,3 milliards de dollars en actifs transférés.

L’auteur de l’étude, Marc Duhamel, directeur scientifique de l’Observatoire de Repreneuriat Québec et professeur à l’UQTR, y ajoute un constat de performance : les entreprises reprises se sont révélées 13,3 % plus productives que celles restées entre les mains du même propriétaire.

11 755

Transferts d'entreprise réalisés au Québec en 2023

Un sommet historique, en hausse de 38,1 % depuis 2015, pour une valeur de 60,3 milliards de dollars en actifs. (Source : Repreneuriat Québec, 2026)

Le classement sectoriel recoupe presque parfaitement la carte du franchisage québécois. « Les secteurs où on observe les plus forts taux de transfert d’entreprise au Québec sont le secteur manufacturier à 9 %, le secteur d’hébergement et de la restauration à 8,8 % et le commerce de gros et de détail à 7,2 % », précise Marc Duhamel.

La tendance s’accélère. Au premier trimestre de 2026, près de 16 000 entreprises québécoises ont déclaré vouloir vendre ou transférer leurs activités dans les douze mois suivants. L’hébergement et la restauration affichent alors un taux d’intention de 17,9 %, contre 10,1 % pour le commerce de détail.

C’est l’argument qui parlera le plus aux candidats franchisés. Une entreprise déjà rodée arrive avec un historique de revenus, une équipe formée et une clientèle installée. Le dossier de financement se construit donc sur des chiffres réels plutôt que sur des projections.

Le banquier pose toutefois une condition : le montage doit rester équilibré. Le repreneur apporte sa part de capital et assume son risque d’actionnaire, le cédant collabore au financement, et l’écosystème québécois complète, avec Investissement Québec, la BDC et les fonds régionaux. Dans un réseau franchisé, s’ajoute une étape de plus : le franchiseur doit approuver le repreneur et la cession du contrat.

Bon à savoir

Au Québec, la cession d’une franchise est encadrée par la convention de franchise elle-même, pas par une loi propre au secteur. Le Code civil du Québec impose la bonne foi et un consentement éclairé, mais c’est la convention qui fixe le droit de regard du franchiseur, le droit de premier refus et les frais de transfert. À lire avant toute offre d’achat.

Le profil du repreneur change lui aussi. La part des 55 ans et plus a gagné 4,2 points depuis 2015, pendant que celle des moins de 30 ans recule. Et près d’un repreneur sur cinq est issu de l’immigration, un bassin que peu de franchiseurs québécois ciblent aujourd’hui de façon structurée dans leur recrutement.

Pour les réseaux, l’enjeu des trois prochaines années est double : sécuriser la relève de leurs franchisés vieillissants et capter, au passage, des exploitants indépendants prêts à vendre. Les franchises à vendre au Québec devraient donc se multiplier d’ici 2029, dans la restauration comme dans le détail. Reste à voir quels franchiseurs sauront transformer cette vague en croissance nette plutôt qu’en fermetures.

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