La faillite de l’exploitant albertain Hemkund Developments avait fait fermer d’un coup les neuf Pizza Hut de la grande région de Québec. Près d’un an plus tard, sept comptoirs ont rouvert sous une nouvelle direction montréalaise. Un cas d’école sur ce qui arrive aux franchisés quand l’exploitant d’un territoire s’effondre.
Au printemps 2025, les neuf restaurants Pizza Hut de la région de Québec ont baissé le rideau presque simultanément. En cause : la faillite de Hemkund Developments Ltd, une société fondée en 2018 à Edmonton et plombée par une dette de près de 40 millions de dollars. L’entreprise, dirigée par Sweetpal Singh Chauhan, avait quitté la construction pour le commerce de détail avant de sombrer.
Un exploitant albertain entraîne neuf restaurants dans sa chute
La mécanique est typique des grands réseaux. Pizza Hut, propriété du géant américain Yum! Brands, ne gère pas ses restaurants en propre : il confie des territoires à des exploitants qui ouvrent et font rouler les établissements. À Québec, ce rôle revenait à Hemkund.
Quand l’exploitant s’est placé sous la protection de la loi sur la faillite, les neuf comptoirs se sont retrouvés sans opérateur du jour au lendemain. Les employés ont perdu leur emploi sans préavis et les clients ont trouvé porte close. Le réseau, lui, a vu disparaître toute sa présence dans la Capitale-Nationale.
Sept comptoirs sur neuf rouverts sous une direction montréalaise
La suite s’est jouée devant les tribunaux. En juillet 2025, la convention d’achat d’actifs conclue entre le séquestre et la compagnie NBG Québec Inc. a été approuvée par la Cour du Banc du Roi de l’Alberta. Le repreneur a aussitôt entrepris de relancer les établissements un à un.
Le premier à renaître a été le restaurant du 1480, boulevard Louis-XIV, à Québec, rouvert le 21 août 2025. Au fil des mois, sept des neuf comptoirs ont repris du service. Ils sont désormais pilotés par Mohammad Abedi, actionnaire majoritaire de NBG Québec, une société établie à Montréal.
Ce que la faillite d’un exploitant enseigne aux franchisés québécois
Le dossier rappelle une réalité que bien des candidats sous-estiment : la solidité d’une marque mondiale ne protège pas contre la défaillance de l’exploitant local. Au Québec, la relation repose sur la convention de franchise et sur les obligations de bonne foi prévues au Code civil du Québec, mais elle n’immunise pas un territoire contre l’insolvabilité de celui qui le détient.
Bon à savoir
Quand un exploitant fait faillite, un séquestre prend le contrôle des actifs et cherche un repreneur. Les établissements peuvent rouvrir, mais souvent après plusieurs mois et sans garantie pour les employés ni les fournisseurs touchés.
Pour un futur franchisé, la leçon est concrète. Avant de signer, on vérifie la santé financière du franchiseur, mais aussi celle du franchisé-maître ou de l’exploitant régional qui contrôle le territoire visé. Un réseau peut très bien se porter pendant que l’opérateur d’une zone donnée accumule les dettes.
Un retour fragile à surveiller dans la Capitale-Nationale
Deux comptoirs manquent toujours à l’appel et la reprise reste à consolider. La question est maintenant de savoir si la nouvelle direction parviendra à réinstaller durablement Pizza Hut dans une région où la concurrence de la pizza, des grandes chaînes aux indépendants, est féroce.
Les prochains mois diront si NBG Québec rouvre les derniers établissements et stabilise le réseau régional. Pour les exploitants et les candidats franchisés du Québec, le cas restera une référence utile sur la gestion du risque quand on mise sur une grande enseigne.











