Le gouvernement québécois ressuscite le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) pour deux ans, avec une réouverture des demandes dès le 2 juillet 2026. Pour les réseaux de franchises en restauration et en commerce de détail, étranglés par la pénurie de main-d’œuvre, ce retour rouvre une voie de rétention des travailleurs déjà formés au Québec.
Aboli le 19 novembre 2025, le PEQ permettait aux travailleurs étrangers temporaires et aux diplômés du Québec d’accéder à la résidence permanente par une filière rapide. Sa disparition avait laissé des milliers de salariés dans l’incertitude, dont une part travaille en cuisine, au comptoir ou en magasin dans des enseignes franchisées. Le secteur de la restauration, où une part importante des établissements opère déjà à perte ou au seuil de rentabilité, comptait parmi les plus exposés.
Le PEQ rouvre le 2 juillet pour une durée de deux ans
Le ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, François Bonnardel, a confirmé le 10 juin 2026 la réactivation des deux volets du PEQ, celui des diplômés du Québec et celui des travailleurs étrangers temporaires. Le programme sera en vigueur du 2 juillet 2026 au 2 juillet 2028.
La première période de réception des demandes s’étendra du 2 juillet au 31 octobre 2026. La première ministre Christine Fréchette, qui s’était engagée à relancer le programme durant la course à la direction de la Coalition avenir Québec, a confié ce mandat au ministre Bonnardel afin, selon le gouvernement, de redonner de la prévisibilité aux personnes déjà établies dans la province.
Bon à savoir
Cette première vague s’adresse, sans plafond, aux personnes qui répondaient déjà aux critères du PEQ au 19 novembre 2025, soit un diplôme québécois admissible, soit une expérience de travail d’au moins deux ans au cours des trois dernières années.
Une bouffée d’air pour la main-d’œuvre des réseaux franchisés
La pénurie de personnel reste le premier casse-tête des franchisés québécois en restauration rapide, en café et en commerce de détail. Beaucoup de ces emplois sont occupés par des travailleurs étrangers temporaires que les exploitants ont formés, intégrés et fidélisés, parfois sur plusieurs années.
En perdant l’accès au PEQ, ces salariés voyaient s’éloigner toute perspective de s’installer durablement. Pour le franchisé, chaque départ se traduit par des coûts de recrutement, de formation et une pression accrue sur les équipes en place. La réouverture du programme redonne un argument concret de rétention au moment où les marges du secteur restent minces.
Entre 8 000 et 12 000 demandes attendues d’ici l’automne
Le ministre Bonnardel anticipe entre 8 000 et 12 000 demandes pour cette première période, ouverte dès 8 h 30 le 2 juillet. Le gouvernement dit répondre aux besoins exprimés par plusieurs acteurs économiques et municipaux, ainsi que par des travailleurs et des personnes diplômées déjà installés dans la province.
La durée de la relance du PEQ
Le programme est rétabli du 2 juillet 2026 au 2 juillet 2028, avec une première fenêtre de dépôt jusqu’au 31 octobre 2026. (Source : gouvernement du Québec, juin 2026)
Ce que les franchisés québécois doivent surveiller cet été
Les exploitants ont jusqu’au 31 octobre pour aider leurs salariés admissibles à déposer une demande lors de cette première vague sans plafond. Les conditions précises de chaque volet et le traitement des dossiers déposés après l’automne restent à confirmer par le ministère.
Pour un réseau qui planifie des ouvertures au Québec en 2026 et 2027, la stabilité de la main-d’œuvre redevient un paramètre de croissance. Les prochaines semaines diront si la mesure suffit à freiner le roulement de personnel qui fragilise tant de commerces de proximité dans la province.











