Près de trois millions de dollars engagés en deux éditions au Québec : METRO a inauguré mercredi sa 15e Cuisine partagée, chez Jeunesse au Soleil, boulevard Saint-Laurent, dans l’arrondissement de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, à Montréal. Pour un réseau alimentaire, l’investissement communautaire est devenu un chantier de marque à part entière, aux côtés du parc de magasins.
Le programme des Cuisines partagées METRO a été lancé le 26 septembre 2024 avec les Banques alimentaires du Québec (BAQ), un réseau de 34 membres régionaux souvent appelés Moisson, qui approvisionnent plus de 1 400 organismes. Première enveloppe : 2 millions de dollars sur quatre ans, pour huit organismes. Un volet ontarien a suivi en 2025 avec Feed Ontario, doté de près de 900 000 dollars. La troisième édition québécoise est en cours.
La 11e cuisine du Québec, la 15e du réseau canadien
Le décompte mérite d’être précisé, parce que METRO en tient deux. L’installation est la 15e du réseau canadien, mais la 11e au Québec. Les dix précédentes vont de Granby à Donnacona, en passant par Boisbriand, Joliette, Sainte-Adèle, Buckingham, Longueuil et trois arrondissements montréalais : Anjou, Lachine et Hochelaga. Quatre autres sont en Ontario. Le distributeur n’a jamais publié de cible chiffrée pour le réseau.
Un organisme de 70 ans dans un immeuble de 36,5 millions de dollars
Fondé en 1954, Jeunesse au Soleil a ouvert la première banque alimentaire de Montréal en 1981. L’organisme a quitté l’ancienne école Baron Byng pour un immeuble neuf de 40 000 pi² face au parc Jarry, occupé depuis le 5 janvier 2026, dont le coût total atteint 36,5 millions de dollars. Sa banque alimentaire y reçoit jusqu’à 150 personnes par jour. La cuisine servira d’abord ses programmes alimentaires et ses camps de jour, avant de s’ouvrir à d’autres organismes du Grand Montréal.
Détaillant, franchiseur et distributeur : le vrai visage du réseau METRO
METRO inc. (TSX : MRU) se décrit comme détaillant, franchiseur, distributeur, fabricant et acteur du commerce en ligne. Elle exploite ou approvisionne quelque 1 000 magasins d’alimentation et 640 pharmacies au Québec et en Ontario, pour un chiffre d’affaires de plus de 22 milliards de dollars et plus de 97 000 personnes dans l’ensemble du réseau. Une bonne part des Metro et Metro Plus appartient à des marchands indépendants liés par bail ou par contrat d’affiliation. L’entreprise ne publie pas la ventilation entre magasins corporatifs et marchands affiliés.
Bon à savoir
On n’ouvre pas « une franchise Metro » comme on ouvre un restaurant sous bannière. L’octroi d’une enseigne reste à la discrétion de METRO et suppose de satisfaire des critères d’adhésion. Du côté des pharmacies, la Loi sur la pharmacie réserve la propriété d’un établissement à un pharmacien inscrit à l’Ordre : Jean Coutu et Brunet ne sont pas accessibles à un candidat non pharmacien, quel que soit son capital.
Plus de 3,1 millions de demandes d’aide alimentaire par mois au Québec
La toile de fond est chiffrée. Selon le Bilan-Faim 2025 des Banques alimentaires du Québec, publié le 27 octobre 2025 sur la base du mois de mars 2025, le réseau a répondu à 3 119 842 demandes d’aide alimentaire par mois, en hausse de 6,6 % en un an et de 37 % depuis 2022. Les enfants comptent pour 35 % des bénéficiaires, et 20,6 % des ménages dépannés tirent leur revenu principal d’un emploi.
Part des ménages québécois en situation d’insécurité alimentaire en 2023, soit environ 733 900 ménages, contre 14 % en 2018. (Institut de la statistique du Québec, diffusion du 11 mars 2026)

Ce que METRO n’a pas chiffré, et ce qu’il faudra surveiller
Le communiqué du 9 septembre ne donne ni le montant investi dans cette cuisine, ni sa superficie, ni le nombre d’organismes desservis. Pour comparaison, la contribution à la cuisine du Carrefour Familial Hochelaga, en juin, avait été chiffrée à près de 80 000 dollars. Les bénéficiaires de la troisième édition seront nommés sous peu, et l’exercice 2026 du distributeur se termine à la fin de septembre. Deux échéances qui diront si l’enveloppe suit la courbe des besoins.











