À 2,4 milliards de dollars américains de revenus nets trimestriels, lululemon athletica voit ses ventes canadiennes reculer de 11 % et prévoit pire au troisième trimestre. Un réseau exploité entièrement en propre, donc sans occasion de franchise au Québec, mais un indicateur sérieux d’achalandage pour les franchisés installés dans les mêmes centres commerciaux.
Les résultats du deuxième trimestre, publiés le 3 septembre 2026, montrent une trajectoire canadienne qui se dégrade vite. Après une croissance de près de 10 % à l’exercice 2024, la progression est tombée sous 1 % à l’exercice 2025, puis les revenus ont baissé d’environ 3 % au premier trimestre de l’exercice 2026 avant de chuter de 11 % au deuxième. L’enseigne comptait 825 magasins exploités en propre dans le monde à la fin du trimestre, contre 784 un an plus tôt.
Le Canada recule de 11 % et sous-performe l’Amérique du Nord
Les revenus nets du trimestre s’établissent à environ 2,4 milliards de dollars américains, en baisse de 4 % sur un an, tandis que les ventes comparables reculent de 10 % à devise constante. L’Amérique du Nord perd 8 %, les États-Unis aussi. Le Canada fait moins bien que la région, avec un repli de 11 % en données publiées et de 9 % après ajustement pour les mouvements de change.
La direction pointe l’achalandage comme premier responsable. La faiblesse touche les magasins comme le numérique : le canal des magasins recule de 6 %, le numérique aussi, pour environ 900 millions de dollars américains, soit 39 % des revenus.
« Nous attendions une meilleure réponse que celle que nous observons à l’entrée du second semestre », a indiqué Meghan Frank, chef de la direction financière et co-cheffe de la direction par intérim de lululemon athletica, lors de l’appel avec les analystes.
Un réseau exploité en propre, sans magasin franchisé au Canada
C’est le point que la presse généraliste rate en parlant de « chaîne » sans plus de précision. Les 825 magasins comptabilisés au bilan du trimestre sont des magasins exploités en propre, et aucun établissement franchisé canadien n’apparaît dans la présentation des résultats.
Conséquence pratique pour un candidat à la franchise québécois : il n’y a pas de convention de franchise à signer avec cette marque au Québec. Le bon mot est réseau corporatif, jamais « franchise lululemon ».
Bon à savoir
Un réseau corporatif reste utile à suivre pour un franchisé : il occupe les mêmes emplacements, tire le même achalandage et négocie les mêmes baux commerciaux. Sa contre-performance est un signal de marché, pas une occasion d’affaires.
Une rentabilité soutenue par 134,5 millions de dollars de remboursements tarifaires
Le résultat déclaré doit beaucoup à un élément non récurrent. L’entreprise a reconnu 134,5 millions de dollars américains de remboursements de droits de douane payés antérieurement aux États-Unis, plus les intérêts. Cet apport a contribué pour environ 0,86 $ par action diluée et ajouté 560 points de base à la marge d’exploitation.
Sans lui, le portrait se durcit. Le bénéfice net atteint environ 329 millions de dollars américains et le résultat par action dilué 2,92 $, contre 3,10 $ un an plus tôt. La marge d’exploitation recule à 18,8 %, contre 20,7 %. La leçon vaut pour tout réseau au Québec : une marge gonflée par un remboursement ponctuel ne dit rien du commerce.
Ce que le troisième trimestre annoncé change pour les baux au Québec
Les perspectives sont plus sombres encore. L’enseigne prévoit un recul des revenus nord-américains dans le milieu de la dizaine de pourcents au troisième trimestre, le Canada devant faire pire, et une baisse de 10 % à 11 % pour l’ensemble de l’entreprise.
Pour un franchisé québécois logé dans un centre commercial, deux choses méritent un suivi : la fréquentation réelle des galeries où l’enseigne est installée cet automne, et la position des propriétaires immobiliers lors des renouvellements. Au Québec, le bail commercial se négocie librement sous le Code civil du Québec, sans protection statutaire au renouvellement. Un locataire majeur qui ralentit change le rapport de force, dans un sens comme dans l’autre.











