Loblaw ramène le symbole « T » sur les étiquettes de prix de ses bannières québécoises, à commencer par Provigo, pour signaler les articles renchéris par les droits de douane. Derrière cette signalétique, ce sont des marchands franchisés qui feront face au client, alors qu’Ottawa réplique le 8 septembre sur environ 28 milliards de dollars de produits américains.
Le président et chef de la direction de Loblaw, Per Bank, a annoncé le retour du symbole le mardi 25 août 2026 dans une publication sur LinkedIn. Le triangle noir marqué d’un « T » réapparaîtra d’abord sur un petit nombre d’articles, puis sur davantage de catégories à mesure que les tarifs se propagent. La chaîne conserve la feuille d’érable pour les produits d’ici et réintroduit l’affichage du pays d’origine dans ses rayons de produits frais. Le geste n’est pas inédit : la même signalétique avait été déployée en 2025, lors de la première vague tarifaire, avant de disparaître des tablettes.
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Provigo, un réseau entièrement franchisé, en première ligne du comptoir
Au Québec, l’étiquette « T » atterrit dans des épiceries qui n’appartiennent pas à Loblaw. Provigo a converti l’ensemble de son réseau au modèle du magasin franchisé, un virage annoncé par Les Compagnies Loblaw limitée en décembre 2020 et étalé jusqu’à la fin de 2022. Chaque épicerie franchisée porte désormais le nom de son marchand propriétaire. Le franchisé ne fixe ni le tarif douanier ni la politique d’étiquetage du réseau. C’est pourtant lui qui absorbe la réaction du client devant la tablette, et lui qui ajustera son assortiment local si l’achalandage se déplace vers les fournisseurs d’ici.
Quatre montages différents derrière une seule signalétique
La même étiquette ne recouvre pas le même statut d’exploitant. Maxi demeure exploitée en corporatif au Québec, contrairement à No Frills, la bannière escompte franchisée de Loblaw hors de la province. Pharmaprix relève de pharmaciens propriétaires : l’article 27 de la Loi sur la pharmacie réserve la propriété d’une pharmacie à un pharmacien, ce qui exclut la franchise au sens courant du terme, sans pour autant fermer le droit à un pharmacien de rejoindre la bannière.
Chez les concurrents, IGA fonctionne avec des marchands affiliés du groupe Empire, et Metro avec des marchands affiliés également. Pour un candidat qui évalue une occasion de franchise en alimentation, la nuance n’est pas cosmétique : elle décide de qui porte le risque de marge quand le prix d’achat monte.
Bon à savoir
Une bannière d’épicerie n’est pas une franchise par défaut. Au Québec, Provigo est le cas de franchisation intégrale documenté par sa maison mère, tandis que IGA et Metro reposent sur des marchands affiliés et que Maxi reste corporative.
Le 8 septembre, le choc passe des tablettes aux intrants
Washington a frappé en fin de semaine environ 28 milliards de dollars de produits canadiens de droits de 50 %, du miel aux articles de toilette, après l’échec des négociations commerciales. Ottawa a répliqué le mardi 25 août par des droits équivalents, applicables à compter du 8 septembre. La porte-parole d’Empire, Karen White-Boswell, annonce une signalétique renforcée sur les produits canadiens, drapeaux provinciaux compris. Metro dit déjà prioriser l’offre d’ici. Pour un exploitant franchisé, la facture arrivera moins par la tablette que par la liste de prix de ses fournisseurs.
Le taux des droits américains imposés en fin de semaine sur environ 28 milliards de dollars de produits canadiens. (Source : La Presse canadienne, 26 août 2026)

Ce que les prochaines semaines diront du réflexe d’achat local
Les distributeurs attendront deux à trois semaines avant de toucher à leur chaîne d’approvisionnement, le temps de vérifier si l’engouement tient, estime Henry Chambers, vice-président principal pour le Canada et les Amériques chez Sentinel. Chez Kantar, Amar Singh prévient que la poussée pourrait être passagère, les ménages à faible revenu n’ayant pas les moyens de leur intention. Pour les marchands franchisés du Québec, le signal à surveiller n’est donc pas l’étiquette elle-même, mais le taux de substitution vers les fournisseurs d’ici dans les catégories touchées.











