Le franchiseur torontois Happy Belly Food Group a publié un deuxième trimestre record : 28,4 millions de dollars de ventes réseau, en hausse de 75 % sur un an, et un bond de 129 % des redevances. Au Québec, le groupe en est à sa troisième entente d’importance, portée par des franchisés multi-unités de la région de Montréal.
Inscrite à la Bourse des valeurs canadiennes sous le symbole HBFG, l’entreprise achète et met à l’échelle des marques de restauration rapide émergentes. Au 30 juin 2026, elle comptait 95 restaurants en exploitation, contre 62 un an plus tôt. Les revenus d’exploitation, services, intérêts et ristournes atteignent 8,5 millions de dollars, en progression de 57 %. Le groupe termine le trimestre avec 12 millions de dollars d’encaisse, contre trois millions un an plus tôt, et un bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement ajusté de 0,7 million de dollars.
Des redevances en hausse de 129 %, la ligne qui trahit le modèle
Les redevances et droits de franchise passent de 0,7 à 1,6 million de dollars en un an. C’est la ligne la plus révélatrice du portefeuille : elle ne progresse que si des établissements franchisés ouvrent et vendent. Les ventes de produits, elles, avancent plus lentement, de 39 %, à 6,4 millions de dollars. La croissance vient donc désormais davantage du réseau franchisé que de l’activité d’approvisionnement du franchiseur, ce que l’entreprise décrit comme sa stratégie de croissance à faible intensité de capital.
Redevances et droits de franchise
De 0,7 à 1,6 million de dollars entre le deuxième trimestre 2025 et le deuxième trimestre 2026, sur un réseau passé de 62 à 95 restaurants. (Source : Happy Belly Food Group, résultats du trimestre clos le 30 juin 2026)
Vingt restaurants engagés au Québec par un même groupe de franchisés
Le 11 juin 2026, la marque de bols d’açaï Heal Wellness a signé une entente de franchise territoriale portant sur 10 établissements dans la grande région de Montréal. Le signataire, Pietro Maio, venait d’ouvrir avec son partenaire Lucio Carlomusto une première adresse dans Griffintown, à Montréal.
Le même exploitant détient déjà, avec ses associés de Carma Hospitality, une entente pour 10 restaurants Rosie’s Burgers au Québec. Vingt unités engagées, deux marques, un seul groupe de franchisés : c’est exactement le profil multi-unités et multimarques que recherche un franchiseur en phase d’accélération.
📌 SOURCE : entente québécoise et propos de Sean Black tirés du communiqué de l’émetteur, traduits de l’anglais | Newsfile, 11 juin 2026
Un franchiseur ontarien qui entre au Québec passe d’abord par la Charte
Happy Belly a son siège à Toronto. Pour un réseau venu d’une autre province, l’arrivée au Québec déclenche des obligations que l’Ontario n’impose pas. Depuis le 1er juin 2023, un contrat d’adhésion, ce qu’est une convention de franchise standard, doit être remis d’abord en français avant que les parties puissent convenir d’une autre langue. Depuis le 1er juin 2025, le français doit occuper un espace nettement prédominant dans l’affichage extérieur portant une marque de commerce non francisée. La mise en conformité des produits, elle, court jusqu’au 1er juin 2027.
Le conseil de la Rédac’
Un candidat qui signe avec un réseau hors Québec doit vérifier qui assume la francisation de l’affichage, du menu et du manuel d’exploitation. Ce point se règle dans la convention de franchise, pas après l’ouverture.
Le chiffre à suivre n’est pas le nombre d’ententes signées
Le groupe prépare sa première adresse aux États-Unis, à Lubbock, au Texas, face à l’université Texas Tech. Heal Wellness revendiquait en juin 41 établissements ouverts et plus de 167 en développement, à l’intérieur d’un portefeuille de 686 emplacements franchisés engagés par contrat pour l’ensemble des marques du groupe. Pour un candidat québécois, la donnée utile reste le rythme réel d’ouverture, pas le carnet d’ententes : un engagement contractuel n’est pas un restaurant qui sert des clients. Les prochains trimestres diront combien des vingt unités montréalaises auront levé.











