Le premier Intermarché Express de Belgique a ouvert ce mardi rue de l’Evêque, au cœur de Bruxelles. Le magasin est exploité par un chef d’entreprise indépendant du groupement des Mousquetaires. L’enseigne vise une vingtaine d’unités de ce format urbain d’ici 2030, à Bruxelles et dans les grandes villes wallonnes, avec près de 400 emplois à la clé.
Le magasin a réuni 3.000 clients dès son premier jour d’exploitation, ressort-il des informations du magazine professionnel belge Gondola. Installé au niveau moins un du centre commercial The Mint, place de la Monnaie, sur le site d’un ancien Mestdagh et à deux pas de la station de métro De Brouckère, le point de vente développe plus de 1.000 m² et ouvre tous les jours de 7h à 21h. Il compte de 15.000 à 16.000 références selon Le Soir et RetailDetail, 18.000 selon Gondola.
Un adhérent venu de la concurrence tient la première unité bruxelloise
L’exploitant du magasin s’appelle Mohamed Boukamir. Ce n’est pas un débutant. Passé par la direction de magasin puis les achats chez Delhaize, ensuite directeur des ventes du groupe Mestdagh, il a repris le supermarché de Saint-Gilles en 2021, l’a fait passer sous enseigne Intermarché en 2023, puis a ajouté Uccle et Genval à son portefeuille. C’est donc un multi-exploitant confirmé qui essuie les plâtres du concept.
Une vingtaine d’Express d’ici 2030 et près de 400 emplois annoncés
Le magasin de la Monnaie sert de laboratoire. L’enseigne annonce une vingtaine d’implantations Express d’ici 2030, dans les 19 communes bruxelloises et les grandes agglomérations wallonnes, avec plusieurs emplacements déjà dans le pipeline pour l’an prochain. La surface cible des prochaines unités descend à 800 m², contre 1.000 m² pour le pilote. Le Soir situe le premier relais wallon à Liège.
« Avec Intermarché Express, nous voulons proposer en centre-ville bien plus qu’une solution de dépannage », explique Arnaud Meyrant, directeur exécutif d’Intermarché Belgique. Le déploiement représenterait près de 400 emplois supplémentaires selon l’enseigne. Aucun montant d’investissement n’a en revanche été communiqué, ni pour le magasin bruxellois ni pour le plan d’ensemble.
Un réseau de 151 magasins qui pèse plus de 13 % du marché wallon
Le contexte n’est pas anodin. Depuis la reprise de Mestdagh, le parc belge est passé de 166 à 151 magasins, entre fermetures, faillites et procédures de réorganisation judiciaire. Le chiffre d’affaires belge a atteint 1,97 milliard d’euros en 2025, pour une perte de 46 millions d’euros. L’enseigne pèse un peu moins de 6 % du marché national, mais plus de 13 % en Wallonie, où elle occupe la troisième place derrière Colruyt et Delhaize.
Wallonie et Bruxelles, deux réalités
Intermarché compte 139 points de vente en Wallonie pour seulement huit à Bruxelles avant l’ouverture de l’Express. La Flandre ne figure pas dans les plans de développement. (Source : RetailDetail et La DH, 2026)
Le format urbain ouvre un nouveau terrain de recrutement
Pour un candidat à la franchise du secteur de l’alimentation, l’arrivée du format change la donne géographique. Jusqu’ici, le groupement recrutait sur deux formats, Contact de 400 à 899 m² et Super de 900 à 2.700 m², avec un apport personnel minimum de 100.000 euros pour le premier et de 200.000 euros pour le second. Le modèle reste celui d’un groupement de chefs d’entreprise indépendants, chacun consacrant un tiers de son temps au siège de Louvain-la-Neuve. Les conditions financières propres à l’Express n’ont pas encore été publiées.
Bon à savoir
Intermarché figure parmi les membres effectifs de la Fédération Belge de la Franchise (FBF) au titre de la franchise. Le groupement, lui, parle de « chefs d’entreprise » et non de franchisés : deux vocabulaires pour un même contrat de partenariat commercial soumis au Livre X du Code de droit économique.
Reste une inconnue de calendrier. L’enseigne vise 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires belge et 20 % de part de marché en 2030, avec un retour à l’équilibre espéré dès 2027. Les prochains mois diront si les emplacements bruxellois se signent au rythme annoncé, et à quel prix pour des surfaces de 800 m² en cœur de ville.











