Le chiffre d’affaires dominical des supermarchés belges a bondi de 22 % sur les sept premiers mois de 2026. Les chaînes de proximité progressent de 10 %, mais les commerces indépendants isolés reculent de 5 %. Pour un exploitant sous enseigne en Wallonie ou à Bruxelles, le septième jour devient un vrai arbitrage de marge.
La part de marché du dimanche pour les achats de produits de grande consommation s’est hissée à 5,7 % sur les sept premiers mois de cette année, contre 5,1 % un an plus tôt et 4,5 % en 2024, ressort-il lundi d’une étude de l’institut d’études de marché YouGov révélée par Le Soir. Depuis 2020, cette part a progressé de près de deux tiers. Le chiffre d’affaires dominical grimpe de 22 % dans les supermarchés et de 10 % dans les chaînes de magasins de proximité, soit une hausse globale de 15 %.
Le ticket du dimanche atteint 80 % du ticket de semaine
Le panier moyen du dimanche représente désormais 80 % du ticket de semaine en supermarché, contre 70 % en 2020. Le dimanche n’est plus la course de dépannage qu’il était. Les enseignes citées par Le Soir sont Delhaize, Carrefour et Okay. Pour l’exploitant, la conséquence est comptable avant d’être commerciale : un chiffre d’affaires dominical plus lourd suppose une équipe plus étoffée, donc des heures majorées et des plannings plus serrés. L’arbitrage ne se fait plus sur la marge d’un dimanche d’appoint, mais sur une journée qui pèse presque autant qu’un mardi.
Le poids du ticket dominical
Le panier moyen du dimanche en supermarché atteint 80 % du panier d’un jour de semaine, contre 70 % en 2020. (Source : YouGov, sept premiers mois 2026)
Les indépendants isolés perdent 5 % de leurs recettes dominicales
La hausse ne se partage pas. Les petits commerces indépendants, hors enseigne, accusent un recul global de 5 % de leurs recettes du dimanche sur la même période. Le septième jour était pourtant historiquement leur créneau : boulangeries, night shops et épiceries de quartier ouvraient quand les grandes surfaces restaient fermées. Cet avantage s’érode à mesure que les supermarchés et les réseaux de proximité occupent le terrain. Le gain va donc à la grande distribution et à ses affiliés, c’est-à-dire aux exploitants qui portent une enseigne, un assortiment et une politique de prix communs.
Bon à savoir
En Belgique, « affilié » n’est pas une catégorie juridique. Le terme recouvre, selon le contrat réel, une franchise, une concession ou une licence d’enseigne. Dès qu’un réseau octroie une enseigne commune, un nom commercial commun, un savoir-faire ou une assistance, il relève du Titre 2 du Livre X du Code de droit économique, quel que soit le nom du contrat.
Un transfert de consommation, pas une croissance du marché
Le glissement vers le dimanche ne gonfle pas les recettes globales de la grande distribution. Il déplace des achats qui auraient eu lieu en semaine.
Le constat vaut pour le réseau comme pour le point de vente. Ouvrir le septième jour sécurise une part de marché, il ne crée pas de volume supplémentaire. Mais ne pas ouvrir quand les voisins ouvrent se paie, et c’est bien ce qui pousse les enseignes à généraliser le dimanche.
Les horaires d’ouverture, prochaine variable du dossier
Le cadre légal bouge en parallèle. Le projet de loi élargissant les heures d’ouverture dans le commerce de détail, porté par la ministre des Classes moyennes Éléonore Simonet, supprime le jour de fermeture hebdomadaire obligatoire et autorise l’ouverture jusqu’à 21 heures. Il a franchi son premier cap en commission de l’Économie de la Chambre le 16 juin 2026. L’organisation sectorielle Buurtsuper.be juge la mesure contre-productive et redoute un simple transfert assorti de coûts salariaux plus élevés. La question des plannings, elle, est déjà sur la table : la CSC dénonce des horaires de supermarché calés sur les flexi-jobbers. Les prochains chiffres YouGov diront si l’élargissement amplifie le transfert ou l’étale.











