Les supermarchés belges calent de plus en plus leurs plannings sur les disponibilités des flexi-jobbers, dénonce la Confédération des syndicats chrétiens. Les travailleurs sous contrat fixe récupéreraient les créneaux restants. Pour l’exploitant franchisé, qui construit lui-même ses horaires, le sujet arrive directement sur le comptoir.
Le nombre de signalements d’entreprises qui adaptent leurs grilles horaires en fonction de leurs flexi-jobbers augmente, a indiqué mardi la Confédération des syndicats chrétiens (CSC-ACV) sur les ondes de la radio publique flamande Radio 1. Sa présidente Ann Vermorgen y voit le monde à l’envers et redoute une éviction de l’emploi classique. Le média professionnel du retail belge Gondola a relayé l’alerte pour les supermarchés, secteur où le statut est installé de longue date.
Le planning se cale sur les disponibilités des flexi-jobbers
Le reproche syndical porte sur l’ordre des priorités. Le flexi-jobber choisit ses créneaux, le salarié sous contrat classique s’adapte. Résultat, selon la CSC : les heures les plus recherchées partent aux premiers, les autres se répartissent le reste. Le syndicat reconnaît que la bataille juridique sur le statut lui-même est perdue, mais rappelle que les horaires relèvent normalement du règlement de travail ou de la concertation en entreprise.
Le régime s’est élargi à presque tous les secteurs le 1er juillet 2026
Le contexte réglementaire explique la montée en charge. Depuis le 1er juillet 2026, le flexi-job s’applique très largement au privé comme au public : l’ancienne liste blanche de secteurs autorisés a laissé place à un mécanisme d’opt-out, chaque secteur devant désormais décider de le refuser. L’employeur acquitte une cotisation patronale spéciale de 28 %. La rémunération suit le barème du secteur, majoré de 7,67 % au titre du pécule et plafonné à 150 % de ce barème.
La cotisation patronale spéciale due sur un flexi-job. C’est le paramètre à intégrer dans un plan financier de reprise de magasin, à côté du barème sectoriel majoré du pécule.

Le franchisé arbitre entre trois statuts sur le même comptoir
C’est là que la polémique cesse d’être abstraite. Un exploitant indépendant sous enseigne compose son équipe avec des contrats fixes, des étudiants jobistes, dont le quota est de 650 heures par année civile, et des flexi-jobbers. Le premier statut fixe le socle du magasin, les deux autres absorbent les pics du samedi et des veilles de congés. La tension décrite par la CSC ne se joue donc pas au siège du franchiseur : elle se joue dans le planning que le franchisé affiche chaque semaine.
Bon à savoir
Quatre formalités sont cumulatives pour occuper un flexi-jobber : un contrat cadre écrit, un contrat de travail, l’enregistrement électronique du temps de travail et la déclaration Dimona. S’y ajoute une condition dans le chef du travailleur : une occupation d’au moins quatre cinquièmes temps chez un autre employeur au trimestre de référence, ou le statut de pensionné.
Un dossier qui remontera par la commission paritaire
La CSC demande une évaluation du dispositif à plus longue échéance et pointe l’écart de traitement fiscal : un flexi-jobber peut compléter ses revenus sans imposition à hauteur d’environ 18.000 euros selon sa présidente, ce qu’un salarié classique ne peut pas faire. Le mécanisme d’opt-out sectoriel place mécaniquement la discussion au niveau des commissions paritaires du commerce.
Deux signaux à surveiller pour les réseaux : la position que prendront les commissions paritaires du commerce de détail sur cet opt-out, et la révision éventuelle du plafond de revenus exonérés, dont le montant exact circule encore sous plusieurs versions. Les deux détermineront le coût réel du samedi et du dimanche dans un magasin franchisé.











