La marketplace professionnelle Amazon Business arrive en Belgique. Le groupe américain vient d’installer à Bruxelles une antenne officielle dédiée à ses clients professionnels, alors que son offre B2B était déjà active dans onze pays. Un canal d’achat de plus pour les exploitants sous enseigne.
Amazon vient d’implanter à Bruxelles une antenne officielle destinée à fournir des clients professionnels, rapporte jeudi le magazine belge du retail et des biens de grande consommation Gondola. La marketplace B2B du groupe, Amazon Business, opérait jusqu’ici dans onze pays sans disposer de plateforme dédiée au marché belge. L’arrivée referme un décalage qui durait depuis des années entre l’offre grand public d’Amazon en Belgique et son offre professionnelle.
Onze pays servis, la Belgique restée sans plateforme dédiée
Le retard belge n’était pas anodin. Une entreprise belge qui voulait acheter via Amazon Business passait par une boutique étrangère, avec les frictions habituelles : facturation, langue de l’interface, délais et conditions de retour calibrés pour un autre marché.
L’installation d’une antenne à Bruxelles change ce point de départ. Elle donne au groupe un interlocuteur local pour démarcher les acheteurs professionnels, un travail de terrain que la seule présence en ligne ne remplace pas quand il s’agit de contrats-cadres et de volumes récurrents.
Deux volets distincts, acheter et vendre
La confusion est facile, elle vaut d’être levée. Amazon Business est le volet achat : il s’adresse aux entreprises et aux organisations qui s’approvisionnent. Le volet vente, lui, existe déjà en Belgique à travers la boutique amazon.com.be, qui accueille des vendeurs tiers.
Sur ce second volet, le tarif est public : un compte de vente professionnel coûte 39 euros HTVA par mois, auxquels s’ajoutent les frais de vente prélevés sur chaque transaction. Un exploitant sous enseigne peut donc être concerné des deux côtés, comme acheteur pour ses consommables et comme vendeur pour écouler un stock ou une gamme propre, à condition que son contrat de réseau l’autorise.
Un concurrent de plus pour les centrales et le commerce de gros
Le calendrier est parlant. La même semaine, Colruyt Group annonçait l’ouverture le 16 septembre de son neuvième magasin Colruyt Professionals, sur l’ancien site Makro de Deurne, dans la province d’Anvers. Deux mouvements convergents, en ligne et en dur, sur le même client : le commerçant, l’exploitant horeca, l’indépendant qui achète en gros.
Pour un exploitant sous enseigne, la question centrale reste contractuelle. Un candidat à la franchise a intérêt à vérifier, dans le projet de contrat et dans le document d’information particulier, l’étendue exacte de son obligation d’approvisionnement auprès de la centrale, et la liste des familles de produits qu’il peut acheter librement ailleurs.
Ce que l’annonce ne dit pas encore
Plusieurs paramètres manquent pour mesurer l’impact réel. L’étendue du catalogue proposé aux acheteurs belges, les délais de livraison depuis les centres de distribution européens, l’existence ou non d’une équipe commerciale bilingue et la disponibilité des services de gestion des achats en interne restent à préciser.
Le signal à surveiller sera la réaction des fournisseurs installés. Si les grossistes et les centrales belges alignent leurs conditions sur celles de la plateforme, les exploitants indépendants y gagneront des deux côtés. Dans le cas contraire, la pression se déplacera vers les clauses d’approvisionnement des contrats de réseau, qui sont précisément le terrain sur lequel se négocie aujourd’hui l’autonomie d’un franchisé belge.











