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Analyse : les effets extra-économiques du commerce sur la ville

5 Min. de lecture
Des mains portant des bagues pour illustrer la franchise de bijouterie.

Le projet de recherche lancée fin 2022 par Datactivist, spécialiste de l’open data et la SEM Paris Commerces, spécialiste du commerce et de la revitalisation des centres-villes, avait pour objectif de rendre visible les effets sociaux et environnementaux du commerce de proximité et de les objectiver, afin de réinventer la valeur du commerce. Résultats 18 « externalités » au compteur. Explications.


Le commerce de proximité, au-delà de son rôle principal d’assurer l’apport de biens essentiels, dans le cadre d’une épicerie par exemple, joue un rôle crucial en faveur de l’attractivité et de l’animation des quartiers, en créant notamment du lien social.

Cette première étape de l’étude menée par Datactivist x SEM Paris Commerces a permis de faire émerger 18 effets sociaux et environnementaux du commerce de proximité.

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Les 5 externalités les plus pratiquées par les commerçants sont socialiser et réduire l’isolement, aider en cas d’incident, prendre soin des gens, assurer la propreté et l’entretien de la rue et intervenir en cas d’insécurité

« Ce qui m’a le plus surpris lors de cette première phase, c’était justement de constater la pluralité des effets du commerce. Certains étaient attendus, d’autres moins. Par exemple, l’offre d’un soutien émotionnel aux clients en difficulté, ou alors l’adressage à quelques aides spécialisées, et même l’assistance dans des démarches administratives. Les histoires racontées par les commerçants sur ces effets spécifiques m’ont positivement surpris. Aujourd’hui, je suis encore plus convaincu que la valeur du commerce pour la société doit être repensée », précise Allyson Pallisser, doctorant au Centre de Sociologie de l’Innovation (CSI) de l’École des Mines, en charge du projet de recherche. Et de raconter ce témoignage d’une libraire questionnée par une cliente sur un livre relatant une histoire de viol. « La libraire a rapidement compris que sa cliente avait été violée plus jeune. Elle l’a écoutée attentivement et lui a recommandé des associations pour se faire accompagner », ajoute-t-il.

Certains types de commerce, du fait même de leur activité de base, sont plus investis dans ces externalités. On pense évidemment aux pharmacies mais aussi aux cafés. « Mais quand une épicerie ou une supérette partage des recettes avec des ingrédients de saison, ou qu’un commerce permet de récolter les piles usagées, cela revient aussi à avoir un impact positif sur son territoire », souligne AllysonPallisser.

Dans les petites communes, l’étude montre davantage d’entraide entre les commerçants et leurs voisins proches. Il est fréquent qu’ils récupèrent des colis, des lettres, voire des clés en cas d’absence d’habitants du quartier. Et ce, pour rendre service. « Des commerçants m’ont même raconté qu’ils ouvraient les domiciles pour des hôtes de passage », illustre ce chercheur. Dans les grandes villes, et surtout à Paris, c’est autre chose. « Les commerçants ont bien compris leur rôle dans l’animation de leur quartier. Ils sont plus enclins à se rassembler pour créer une ambiance où il fait bon vivre », constate Allyson Pallisser.

« Un point de vente impliqué dans son environnement local marche mieux car le commerce est aussi basé sur la fidélité des consommateurs. Un boucher qui met de côté une pièce de viande ou un libraire qui repère et conseille un livre vont fidéliser leurs clients », indique Emmanuelle Hoss, directrice générale de la SEM Paris Commerces. Cette dirigeante milite d’ailleurs pour que cette valeur ajoutée extra économique des commerces de proximité soit reconnue. « Pourquoi ne pas ajouter des clauses sociétales dans les baux commerciaux. Ainsi un commerce de proximité aurait un loyer minoré par rapport à une grande chaîne de magasin moins investie dans la vie des habitants du quartier », suggère-t-elle.

L’étude prouve que les commerçants indépendants sont plus extra-investis que ceux des points de vente de grands réseaux succursalistes. « Les salariés des enseignes nationales sont contraints par un cahier des charges très strict qui ne leur laisse pas le temps d’échanger plus avant avec les clients, de mettre en place des services connexes, etc. Les indépendants ont plus à cœur de s’intégrer dans leur quartier car c’est un réel levier pour activer des ventes », conclut Allyson Palliser.


(vérifié par notre rédaction)

Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur l‘analyse : les effets extra-économiques du commerce sur la ville

Impacts sociaux et environnementaux des commerces de proximité :
Les commerces de proximité jouent un rôle vital dans l’attractivité et l’animation des quartiers, au-delà de leur fonction de fournir des biens essentiels. Une étude de Datactivist et SEM Paris Commerces a révélé 18 externalités positives, telles que la réduction de l’isolement, l’assistance en cas d’incident, l’entretien urbain et la sécurité.

Effets attendus et inattendus :
Les commerçants contribuent de manière significative à la qualité de vie locale en offrant du soutien émotionnel, en aidant les clients dans leurs démarches administratives et en référant à des aides spécialisées. Un exemple marquant est celui d’une libraire ayant conseillé une cliente victime de viol vers des associations de soutien.

Types de commerces et leur impact varié :
Les pharmacies et les cafés, par nature, s’engagent davantage dans ces externalités. D’autres commerces comme les épiceries, en partageant des recettes de saison ou en collectant des piles usagées, montrent aussi un impact positif marqué sur leur territoire.

Différences entre grandes et petites villes :
Dans les petites communes, les commerçants manifestent une entraide plus forte avec leurs voisins en rendant divers services. En revanche, dans les grandes villes, les commerçants se concentrent davantage sur l’animation de leur quartier, compris comme essentiel pour créer une ambiance agréable.

Dynamisation des affaires via les externalités :
Les commerces impliqués localement fidélisent mieux leurs clients, car ceux-ci valorisent l’engagement communautaire. Emmanuelle Hoss, directrice générale de la SEM Paris Commerces, propose la reconnaissance de ces externalités avec des clauses sociétales dans les baux commerciaux, permettant ainsi des loyers réduits pour les commerces de proximité par rapport aux grandes chaînes.

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