Les employeurs québécois prévoient des hausses salariales de 3,1 % en moyenne en 2027, selon la 16e enquête de la firme Normandin Beaudry. Pour un franchisé, cette prévision se superpose au salaire minimum porté à 16,60 $ l’heure le 1er mai 2026. La masse salariale reste le poste qu’il ne négocie ni avec son franchiseur ni avec son bailleur.
L’enquête a été menée cet été auprès de plus de 800 organisations réparties dans tout le Canada, et les résultats ont été dévoilés le 1er septembre. La firme situe l’exercice dans un contexte précis : le Canada est entré en récession technique après deux trimestres consécutifs de ralentissement. La moyenne canadienne prévue pour 2027 s’établit elle aussi à 3,1 %, hors gels de salaires, soit exactement le niveau accordé en 2026.
Au Québec, seulement 1,5 % des employeurs prévoient un gel
C’est l’écart le plus parlant du sondage. Au Québec, 1,5 % des employeurs envisagent un gel salarial en 2027, contre 3,6 % pour la moyenne canadienne. Autrement dit, un franchisé québécois qui compterait sur un gel pour absorber ses coûts serait à contre-courant de son propre marché du travail.
Un point de vigilance sur les chiffres de 2026 : La Presse canadienne rapporte des hausses accordées de 3,2 % contre 3,0 % prévu, alors que Normandin Beaudry publie une moyenne pancanadienne de 3,1 % pour la même année. Les deux lectures ne mesurent pas le même périmètre, et la firme précise que la plupart des prévisions provinciales suivent la moyenne nationale.
Le vrai budget grimpe à 3,3 % avec les enveloppes ponctuelles
La moyenne de 3,1 % ne raconte que la moitié de l’histoire. En 2026, 46 % des organisations sondées ont dégagé un budget supplémentaire moyen de 0,9 %, et la même proportion prévoit le refaire en 2027. En tenant compte de ces enveloppes, le budget total moyen attendu atteint 3,3 %.
Le budget total moyen d’augmentations salariales prévu pour 2027 au Canada, enveloppes ponctuelles comprises. (Source : Normandin Beaudry, septembre 2026)

L’usage prévu de ces budgets touche de près la réalité d’un commerce franchisé : 67 % serviront à des révisions selon le marché, 40 % à accélérer la progression des employés situés au bas de leur échelle salariale et 34 % à corriger la compression salariale. Ce sont exactement les deux effets que produit une hausse du salaire minimum dans une équipe de restaurant ou de commerce de détail.
Ni le détail ni la restauration ne sont ventilés dans le sommaire
Les secteurs les plus généreux en 2026 étaient la construction de bâtiments à 3,6 %, les services professionnels, scientifiques et technologiques ainsi que les télécommunications et le traitement de données à 3,5 %, puis la finance et l’assurance et l’immobilier à 3,4 %. Pour 2027, la finance et les télécommunications restent en tête, à 3,4 %.
Le commerce de détail et la restauration n’apparaissent pas dans le sommaire public. Il reste une porte d’entrée utile : la ventilation par structure de propriété.
Le conseil de la rédaction
La grande majorité des franchisés québécois exploitent leur commerce par une société par actions fermée. Or ce sont précisément les sociétés fermées qui affichent la prévision la plus élevée du sondage, à 3,2 %, devant les sociétés ouvertes à 3,1 %, les organismes à but non lucratif à 3,0 % et les secteurs public et parapublic à 2,9 %. C’est le repère le plus proche de votre situation en l’absence de donnée sectorielle.
Le prochain rendez-vous budgétaire tombe le 1er mai
Le salaire minimum québécois est révisé chaque 1er mai, et le taux qui s’appliquera en 2027 n’est pas encore publié : il ne se devine pas. Même prudence pour le taux au pourboire, dont aucun montant fiable n’est disponible pour l’instant. L’enquête livre par ailleurs un signal secondaire à surveiller : 76 % des employeurs ont formé leurs employés à l’intelligence artificielle ou prévoient le faire, et 40 % surveillent son usage, même si peu l’intègrent encore à leurs opérations courantes.











