L’enseigne irlandaise Primark a ouvert son 500e magasin à Naples le 1er septembre. En Belgique, où elle est présente dans sept villes, aucun de ces mètres carrés n’est accessible à un candidat franchisé : le groupe détient et exploite l’intégralité de son parc, et met en garde sur son propre site belge contre de fausses offres de franchise vendues à son nom.
Le magasin napolitain dépasse les 3.000 mètres carrés et porte à vingt le parc italien de l’enseigne, ressort-il mercredi de la plateforme professionnelle belge du commerce de détail RetailDetail. « C’est une étape incroyable et nous sommes très reconnaissants envers nos clients fidèles, nos fournisseurs et nos partenaires qui ont grandi avec nous », a déclaré Eoin Tonge, directeur général de Primark, lors de l’inauguration du 1er septembre. Le localisateur de l’enseigne recense des magasins dans sept villes belges : Anvers, Bruxelles, Charleroi, Gand, Hasselt, Liège et Mons.
Le cap des 500 magasins présenté comme la preuve d’un modèle
Le franchissement du cap tient lieu de démonstration pour le groupe, qui y voit la preuve de la « force de son modèle axé sur les magasins ». L’enseigne, née en Irlande en 1969, est aujourd’hui présente dans dix-huit pays d’Europe, aux États-Unis et au Moyen-Orient, et emploie plus de 80.000 personnes. Sa trajectoire d’expansion reste soutenue, à un moment où plusieurs réseaux de mode européens referment au contraire des points de vente.
Sept villes belges, un parc intégralement détenu par le groupe
Pour un candidat à la franchise belge, cette croissance reste une actualité de marché, pas une opportunité. Sur sa page belge francophone consacrée aux fausses offres, Primark écrit noir sur blanc détenir et exploiter l’intégralité de ses magasins et ne proposer aucune franchise de sa marque. La position est formulée par l’enseigne elle-même, pas déduite d’un annuaire. Sur ses sites anglophones, le groupe précise que son seul partenaire de franchise sous licence opère au Moyen-Orient.
Primark ne figure pas davantage parmi les 36 membres effectifs de la Fédération Belge de la Franchise (FBF).
L’enseigne alerte sur un tiers qui vend de fausses franchises à son nom
La page belge de Primark n’est pas une simple mention juridique. Elle signale qu’un tiers, sans lien avec le groupe, propose actuellement des franchises de la marque, et invite les personnes démarchées à contacter le service clientèle. Le signal est clair pour un porteur de projet : une offre de franchise circule sur une enseigne qui n’en délivre aucune. Le réflexe de vérification ne coûte rien, ouvrir la page corporate avant d’engager la moindre discussion.
Bon à savoir
En Belgique, le régime de l’accord de partenariat commercial (Livre X, Titre 2 du Code de droit économique, articles X.26 à X.34) s’applique dès qu’une enseigne commune, un nom commercial commun, un savoir-faire ou une assistance est octroyé, quel que soit le nom du contrat. Un vrai franchiseur vous remet un projet de contrat et un document d’information particulier au moins un mois avant la signature, et ne peut réclamer aucun versement pendant ce délai. Toute demande d’argent immédiate est un signal d’alerte.
Un marché belge où un magasin sous enseigne sur quatre est franchisé
Le cas Primark rappelle que la visibilité d’une enseigne ne dit rien de son ouverture aux indépendants. Selon l’étude quantitative publiée en 2022 par la Fédération Belge de la Franchise et GeoConsulting sur données Locatus, la Belgique comptait 9.460 points de vente franchisés, soit 27,1 % des points de vente sous enseigne, pour 19,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Seuls 362 réseaux sur 1.817 y pratiquaient la franchise.
Les mètres carrés à prendre se libèrent ailleurs
Le mouvement à surveiller en Belgique n’est pas l’expansion de Primark, mais la franchisation de réseaux déjà installés. Le groupe néerlandais Maxeda a ainsi engagé la conversion de magasins Brico vers la franchise pour alléger ses charges, et Delhaize continue de chercher des exploitants affiliés pour ses nouveaux sites. C’est de ce côté que se libèrent les emplacements réellement accessibles, pas du côté des enseignes intégrées.











