L’expansion de McDonald’s en Belgique bute de plus en plus souvent sur les communes. L’enseigne compte 131 restaurants, tous exploités par des franchisés, et vise au minimum 150 unités. Mais les refus de permis se multiplient, de Grobbendonk à Herselt, et un projet a été abandonné à Genappe en Brabant wallon.
Le développement de la chaîne se heurte de plus en plus à la résistance des pouvoirs locaux, ressort-il lundi d’un entretien accordé au magazine économique flamand Trends par Raffaele Daloiso, managing director de McDonald’s Belgique. Le réseau belge compte aujourd’hui 131 restaurants exploités par 25 franchisés, pour plus de 9.000 collaborateurs et plus de 190.000 clients par jour. La filiale belge, elle, n’exploite aucun restaurant en direct.
Un réseau franchisé à 100 %, et un objectif de 150 restaurants
Le modèle belge est intégralement délégué à des franchisés. Les 131 restaurants appartiennent à des entrepreneurs locaux, une vingtaine d’entre eux exploitant plusieurs unités. La société McDonald’s Restaurants Belgium ne compte qu’une soixantaine d’équivalents temps plein à Machelen. L’enseigne affiche un objectif public d’au minimum 150 restaurants, que la presse économique situe à l’horizon fin 2027. Le rythme récent tourne autour de huit ouvertures par an.
Le nombre de collaborateurs employés dans les restaurants belges, dont 55 % ont moins de 25 ans. Ils ne sont pas salariés de la filiale, mais des franchisés. (Source : McDonald’s Belgique, 2026)

Grobbendonk, Brecht, Aalst, Herselt : quatre refus en dix-huit mois
La série est nette. À Grobbendonk, dans la province d’Anvers, le collège communal a refusé un permis en avril 2025 après 450 réclamations, refus confirmé en appel par la députation provinciale en novembre. À Brecht, la province a refusé en juillet 2025 ; l’enseigne a introduit un recours. À Aalst, en Flandre orientale, la députation a bloqué en avril 2026 un déménagement pourtant autorisé par la Ville, pour des motifs de mobilité.
Le cas le plus récent est Herselt, toujours en province d’Anvers. Le 7 juillet 2026, le collège échevinal y a refusé un restaurant avec drive, jugeant la demande contraire au plan d’exécution spatial qui concentre le commerce dans les noyaux. Une pétition avait réuni environ 1.000 signatures. Contre-exemple utile : à Hoevenen, McDonald’s a obtenu son permis en juin 2026 après avoir amendé son projet à la suite d’un premier refus communal.
En Wallonie, un projet abandonné à Genappe sous la pression locale
Le Brabant wallon offre le dossier francophone le mieux documenté. Un projet de restaurant rue Louis Lalieux, à Genappe, a été abandonné début janvier 2026 par le promoteur devant l’ampleur des réactions négatives. Une demande de substitution pour une enseigne concurrente, déposée en avril au même endroit, a elle aussi été refusée par le collège communal, décision annoncée le 11 septembre 2026. À Frasnes-lez-Anvaing, en Hainaut, une enquête publique d’avril 2025 avait recueilli 189 avis défavorables sur 221 observations, et le collège a rendu un avis défavorable à l’unanimité.
Bon à savoir
Une commune ne peut pas refuser un permis au motif qu’il s’agit de restauration rapide. Elle autorise ou non une fonction, ici l’horeca, jamais un type d’exploitation ni une marque. En Wallonie, l’horeca est par ailleurs dispensé de permis d’implantation commerciale : le dossier passe par le permis d’urbanisme ou le permis unique. D’où des refus motivés par la mobilité, l’affectation du sol ou l’artificialisation, jamais par le contenu de l’assiette.
Le foncier devient le vrai goulot d’étranglement du réseau
Pour un candidat franchisé, le message est clair : le frein n’est plus le financement, c’est le permis. Les comptes 2025 de la filiale belge montrent un groupe solide, avec 81,7 millions d’euros de chiffre d’affaires, 26,2 millions d’euros de bénéfice net et plus de 16 millions d’euros investis dans l’immobilier sur le seul exercice. Terrains et bâtiments représentent 126,9 millions d’euros, soit plus de la moitié du bilan. La capacité d’investissement existe. Les emplacements autorisés, beaucoup moins.
La chaîne n’est pas seule : le secteur vise au total au moins 250 nouvelles implantations en Belgique, Domino’s Pizza, Burger King et Belchicken compris. Le signal à surveiller est réglementaire. La ministre flamande de la Santé a demandé à Sciensano d’étudier les moyens de donner aux pouvoirs locaux une base juridique pour écarter certains points de vente. Si un tel cadre voit le jour, c’est l’économie de tous les réseaux de restauration rapide belges qui s’en trouvera déplacée.











