La chaîne de friteries La Patate, lancée par l’influenceur anversois Average Rob, ouvre son financement au grand public. L’enseigne veut lever au moins 500.000 euros en crowdlending à partir du 9 septembre, pour passer de deux à une vingtaine d’implantations en Belgique.
L’influenceur Average Rob veut réunir au moins 500.000 euros auprès du grand public pour développer sa chaîne de friteries La Patate, a rapporté vendredi le radiodiffuseur public flamand VRT NWS, sur la base d’une dépêche de l’agence de presse belge Belga. Le réseau exploite aujourd’hui deux établissements, à Anvers et à Louvain. Une troisième friterie ouvrira à Ostende d’ici les congés d’automne, et deux implantations supplémentaires sont déjà engagées. Au lancement de l’enseigne, l’ambition affichée était de 20 points de vente en quatre ans sur le territoire belge.
Une levée ouverte le 9 septembre, à partir de 500 euros
La campagne s’ouvre le 9 septembre sur la plateforme de financement participatif Winwinner, partenaire de l’opération. La mise minimale est fixée à 500 euros. En échange, le prêteur perçoit un intérêt brut de 5,5 % et reçoit, pendant un an, une portion de frites gratuite par semaine.
Un document d’information essentielle pour l’investisseur détaillera les risques sur la plateforme. C’est la pièce à lire avant tout engagement : elle expose la structure du prêt, la durée et le rang du prêteur.
Intérêt brut annoncé aux prêteurs de la campagne La Patate, pour une mise minimale de 500 euros (Winwinner, septembre 2026).

Le prêteur est remboursé en dernier en cas de difficulté
Participer à un crowdlending n’est pas sans risque, et la plateforme le dit elle-même. Le prêteur peut perdre tout ou partie de sa mise si l’entreprise tombe en faillite. Il est remboursé en dernier parmi les créanciers en cas de difficulté financière. Et il ne peut pas sortir quand il le souhaite.
Le taux affiché est en soi un signal, estime l’expert financier Pascal Paepen, qui déconseille de manière générale ce type de levée aux particuliers. Une rémunération de 5,5 % brut se paie par un risque en capital que le prêteur porte seul.
L’horeca, deuxième secteur belge derrière la construction
Le risque sectoriel est au cœur de la mise en garde. Pour un candidat qui envisage une franchise de fast-food ou une friterie, le message est double : le concept attire, mais la structure de coûts d’un point de vente horeca laisse peu de marge d’erreur, entre loyer, énergie, matière première et personnel.
Aucune donnée de faillites propre à La Patate ou au segment de la friterie n’a été communiquée à l’appui de l’opération. L’office belge de statistiques Statbel publie ses séries par section d’activité, pas par concept commercial : la comparaison utile se fait donc au niveau de l’horeca dans son ensemble.
Un réseau de points de vente dans un marché dominé par l’immobilier
L’expert reconnaît par ailleurs à l’offre une vraie singularité : une chaîne de friteries change du profil des promoteurs immobiliers qui occupent l’essentiel du marché belge du crowdlending. Il s’attend à ce que la campagne trouve son public auprès des nombreux abonnés de l’influenceur qui investissent également.
Deux points restent à surveiller. Le premier est le montant réellement collecté à partir du 9 septembre, qui conditionne le rythme des ouvertures suivantes. Le second intéresse directement un candidat qui souhaiterait ouvrir une franchise : ni la communication de l’enseigne ni la couverture de presse ne précisent si les prochains points de vente seront exploités en propre ou confiés à des indépendants.
Bon à savoir
La réponse à cette question n’est pas cosmétique. Dès qu’un réseau octroie à un exploitant une enseigne commune, un nom commercial commun, un savoir-faire ou une assistance, il relève du Titre 2 du Livre X du Code de droit économique (article I.11, 2°), quel que soit le nom du contrat. Le candidat a alors droit au document d’information particulier au moins un mois avant la signature, sans aucun versement pendant ce délai.











