Carrefour Belgique envisage d’ouvrir toute la journée du dimanche ses magasins intégrés situés en zone touristique, affirment les syndicats. Des discussions sont annoncées pour la fin du mois et l’enseigne assure qu’aucune décision n’est prise. En jeu, l’équilibre trouvé en décembre 2025 : le dimanche matin contre un engagement de non-franchisation qui court jusqu’en 2028.
Carrefour réfléchit à étendre à la journée entière l’ouverture dominicale de ses magasins exploités en gestion propre implantés en zone touristique, ressort-il mercredi d’une information du média professionnel du retail belge Gondola, qui cite les organisations syndicales. Des discussions avec le distributeur sont prévues à la fin du mois de septembre. L’enseigne précise qu’aucune décision n’a encore été prise. Depuis le 18 janvier 2026, ses 40 hypermarchés et 43 supermarchés Market intégrés ouvrent le dimanche matin dès 8 heures.
Le levier juridique est la reconnaissance en centre touristique
Le travail du dimanche reste interdit en principe, en vertu de la loi du 16 mars 1971 sur le travail. Le texte prévoit toutefois une dérogation ancienne au bénéfice des magasins de détail et des salons de coiffure situés dans les stations balnéaires, les stations climatiques et les centres touristiques reconnus. L’occupation dominicale y est plafonnée à 39 dimanches par année civile et par travailleur. Les localités concernées sont désignées par arrêté ministériel, en exécution de l’arrêté royal du 7 novembre 1966. C’est ce mécanisme que l’extension mobiliserait.
Bon à savoir
La reconnaissance comme centre touristique se vérifie commune par commune, et parfois quartier par quartier : elle peut ne couvrir qu’une partie du territoire communal. Un candidat franchisé qui construit son plan financier sur des recettes dominicales a intérêt à contrôler ce point auprès de son administration communale avant de signer son bail.
Le dimanche matin a été payé par un engagement de non-franchisation
L’ouverture de janvier n’a rien eu de gratuit. En décembre 2025, la direction et les syndicats ont conclu ce que le Setca, aile employés de la Fédération générale du travail de Belgique, a lui-même qualifié d’accord nécessaire plutôt que de bon accord. Le personnel travaille le dimanche sur base volontaire, avec une majoration salariale de 50 %. Les contrats ont été portés à 28 heures pour ceux qui n’y étaient pas, les chèques-repas ont grimpé de 1,50 euro en mars 2026, et des plages de temps libre fixes ont été instaurées.
600 magasins franchisés ouvraient déjà le dimanche
Le réseau franchisé, lui, n’a pas attendu. Environ 600 magasins Carrefour Market et Carrefour Express exploités par des franchisés indépendants ouvraient le dimanche avant janvier 2026, quand les magasins en gestion propre restaient fermés. L’écart n’était pas commercial, il était social : chez un franchisé, le dimanche relève d’un calcul de coût du personnel et d’organisation, pas d’une négociation collective d’entreprise.
C’est précisément la revendication de fond du Setca : l’harmonisation des commissions paritaires du commerce, pour réduire ce que le syndicat décrit comme une concurrence déloyale entre formats. Le point de comparaison reste Delhaize, dont le parc belge est très largement exploité par des affiliés indépendants et qui ouvre tous les dimanches.
Deux signaux à suivre avant la fin du mois
Le calendrier est court. Les discussions annoncées porteront sur un objet étroit, le passage du dimanche matin à la journée complète dans les seules communes reconnues comme centres touristiques. Deux éléments méritent d’être suivis : le périmètre réel, c’est-à-dire le nombre d’hypermarchés et de Market concernés, et la contrepartie que les syndicats obtiendront cette fois. Car l’engagement de non-franchisation court jusqu’en 2028, et chaque nouvelle négociation d’ici là se lira à cette aune.











