Tendances 2024 : ce qui pourrait faire la différence dans les réseaux de franchise cette année

Un ordinateur pour illustre les tendances 2024 en franchise

Profilage renforcé des candidats à la franchise, écoresponsabilité, offres anti-inflation, campagne de communication sur les réseaux sociaux… Voici quelques pistes à suivre pour développer vos enseignes et vos points de vente en 2024.


Le commerce organisé résiste pour l’heure à la crise mais des centaines de points de vente ont tout de même fermé leurs portes ces derniers mois. Pour sécuriser encore davantage le développement de leur réseau, les enseignes visent donc des candidats encore plus entrepreneurs qu’avant. Notamment des porteurs de projet peu revendicatifs mais très créatifs, avec une forte assise financière ou capacité d’emprunt. L’objectif est clairement la multi-franchise.

Même si les salariés en reconversion représentent plus des trois quarts des aspirants à la franchise en France, les anciens collaborateurs des enseignes ont également une carte à jouer. « Les candidats se font parfois plus rares donc les réseaux se tournent aussi vers des gens issus de leurs succursales ou de leur siège pour ouvrir de nouvelles franchises. Ils ont l’avantage de connaître le concept et l’enseigne. En validant ce type de profil, les franchiseurs limitent la prise de risque. Cette stratégie peut paraître assez paradoxale, puisque les enseignes préfèrent généralement des candidats qui ne sont pas issus de leur secteur d’activité afin d’éviter de faire entrer des électrons libres », constate André Billard, responsable national du pôle franchise à la Banque Populaire.

Les réglementations sont toujours porteuses de nouvelles normes imposées aux entreprises ou particuliers. Cela représente de nombreuses opportunités à saisir pour les franchiseurs et les franchisés. « Le nettoyage des hottes de restauration, des VMC des écoles et des mairies est, par exemple, une niche porteuse dans le secteur du bâtiment. Elle est notamment exploitée par le réseau France Hygiène Ventilation », illustre Pierre-Michel Cros, dirigeant du cabinet de conseil en développement de franchise Maturae.

Certes l’inflation progresse moins vite ces derniers mois, mais elle est toujours présente. Et comme les augmentations de salaires des Français n’ont pas été à la hauteur de cette hausse des prix, ils ont mathématiquement perdu en pouvoir d’achat. Ceux qui peuvent encore consommer sont plus que jamais attentifs aux prix. Cuisines Aviva a ainsi mis en place des offres de cuisines anti-inflation avec trois implantations type à prix réduit.

« Durant le covid, le chiffre d’affaires a bondi de 49 %, ce qui révèle une tendance à l’embourgeoisement. Sauf que la réalité nous rattrape, d’où nos offres anti-inflation. De même, pour réassurer les consommateurs, nous revenons à des offres « tout inclus ». Il n’y a pas plus anxiogène pour un client que de voir un vendeur faire des additions lors d’une négociation », insiste Bernard Abbou, directeur général des Cuisines Aviva. Pour mener à bien ce revirement, l’enseigne a formé son réseau pour être davantage attentif à la fébrilité des consommateurs et pour ne pas créer de déception en fin de négociation.

Le magasin n’est pas mort ! Mais le magasin à papa dans lequel les vendeurs font la tête et connaissent peu les produits oui ! Les réseaux n’ont pas d’autres choix que de monter en gamme l’expérience client en magasin s’ils veulent perdurer, notamment face à la concurrence digitale.

« Les consommateurs débutent leur parcours d’achat sur le net et le terminent en magasin. En boutique, on récupère donc des clients « sachants » qui viennent avec des questions très précises auxquelles les vendeurs doivent apporter des réponses à forte valeur ajoutée. Ils doivent recréer de la proximité et de l’humanité », insiste Stéphanie Pizzutti, expert-comptable en charge du développement de partenariats avec les réseaux de commerce organisé chez Fiducial.

Pas question de révolutionner les concepts mais au contraire de les renforcer en proposant de nouveaux services à forte valeur ajoutée pour les clients. Par exemple, des retouches en direct ou des cabines d’essayage virtuelles dans les boutiques de prêt-à-porter, des programmes de fidélité différents en magasin et en ligne, etc. Évidemment, l’analyse des données mais aussi l’intelligence artificielle vont de plus en plus participer à ces expériences ultra personnalisées.

2024 n’est pas encore l’année de la relance ! Des points de vente connaissent des difficultés plus ou moins importantes. Alors pour faire entrer de l’argent, certains réseaux poussent à fond leur stratégie de développement. Sauf que lorsque le navire tangue (ou pourrait tanguer), optimiser l’existant devrait être une priorité. « En ce moment, mieux vaut avoir des équipes d’animation capables de porter des défis et de conserver un réseau solidaire doté d’une forte cohésion avant de penser développement. Investir sur l’animation est fondamental », plaide Sylvain Bartolomeu, dirigeant associé de Franchise Management.

Le produit et le concept sont évidemment fondamentaux en franchise. Mais pour tirer leur épingle du jeu, les enseignes doivent redoubler d’efforts pour gagner en notoriété. BChef, spécialiste du burger premium, vient de lancer une levée de fonds participative pour financer un énorme plan de communication nationale. Notamment des campagnes TV. Pour gagner en notoriété et fédérer de solides communautés autour de leur marque, les franchiseurs doivent aussi investir davantage sur les réseaux sociaux.

La chaîne de restauration La Brigade (restauration rapide etcarnivore) s’est lancée dans cette bataille. « On poste des vidéos ou des photos tous les 2 -3 jours. On y montre des produits, des collaborateurs, des scènes quotidiennes dans nos restaurants, afin de faire revenir nos clients et d’en attirer de nouveaux », explique Edouard Katz, co-fondateur de La Brigade. Avec ces posts dans lesquels elle parle « plaisir de manger sans se prendre au sérieux », l’enseigne fédère déjà une communauté de plus de 52 000 followers sur Instagram et plus de 40 000 sur TikTok.

Le cuisiniste SoCoo’c a également investi les réseaux sociaux. « On mise sur un compte enseigne par réseau social et on encourage nos franchisés à les relayer. Les messages sont plus forts ainsi. On délivre des informations ciblées en fonction des réseaux. Plutôt des produits sur Instagram, du lifestyle sur Facebook et de l’humour sur TikTok », illustre Arnaud Allantaz, directeur de l’enseigne SoCoo’c. Avec cette stratégie, le cuisiniste enregistre une hausse du nombre de connexions à son site via les réseaux sociaux.

Des corners de seconde main, des services de réparation sur site, des produits recyclés : les réseaux vont devoir se mettre (vraiment) à l’écoresponsabilité. Et pas question de s’en tenir aux beaux discours au risque d’être taxé de faire du greenwashing. Non, ils doivent verdir leur politique de conception et de recyclage de produits, mais aussi leurs achats, leur chaîne logistique, etc.

SoCoo’c réfléchit par exemple à des solutions pour donner une seconde vie aux cuisines usagées de ses clients. « Ces cuisines ont été conçues sur mesure donc ce n’est pas simple de les réajuster à de nouveaux logements. Donc pourquoi ne pas réutiliser une partie seulement de ces aménagements, ou encore proposer des cuisines dépareillées », détaille Arnaud Allantaz. Rien n’est encore arbitré mais ce projet fait bel et bien partie de la stratégie RSE du cuisiniste.


(vérifié par notre rédaction)

Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet “Tendances 2024 : ce qui pourrait faire la différence dans les réseaux de franchise cette année” :

Profilage renforcé des candidats à la franchise : Les enseignes cherchent désormais des candidats avec un esprit plus entrepreneurial, notamment ceux capables de gérer plusieurs franchises. Cela inclut des profils avec une solide assise financière et des anciens collaborateurs des enseignes, pour réduire les risques et capitaliser sur leur connaissance du concept.

Marchés de niche et offres anti-inflation : Les franchiseurs et franchisés visent des niches rentables et pérennes, comme le nettoyage spécialisé. Pour répondre à l’inflation, des enseignes comme Cuisines Aviva proposent des offres à prix réduit et des formations pour sensibiliser leur réseau à la fébrilité des consommateurs.

Amélioration de l’expérience client en magasin : Face à la concurrence digitale, les réseaux de franchise doivent enrichir l’expérience client avec des vendeurs plus professionnels et des services à forte valeur ajoutée, tels que des retouches en direct ou des cabines d’essayage virtuelles.

Stratégie de communication dynamique sur les réseaux sociaux des franchiseurs et franchisés : Les enseignes doivent renforcer leur présence sur les réseaux sociaux pour gagner en notoriété et créer des communautés engagées, en adaptant leur contenu à chaque plateforme.

Engagement réel en faveur de l’écoresponsabilité : Les réseaux de franchise doivent adopter une approche véritablement écoresponsable, allant au-delà des discours pour intégrer des pratiques durables dans leur conception, recyclage, achats, et logistique, pour éviter les accusations de greenwashing.

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