La chaîne de friteries La Patate, lancée par le créateur de contenu anversois Average Rob, a bouclé son plafond de crowdlending d’un million d’euros en quelques heures mercredi. Le minimum était atteint en trente minutes. Environ 500 prêteurs financent désormais l’expansion du réseau, qui vise une vingtaine d’implantations belges d’ici 2029.
La campagne de financement participatif de La Patate, ouverte mercredi matin sur la plateforme belge de crowdlending Winwinner, a atteint son objectif minimal de 500.000 euros en une demi-heure, puis son plafond de 1 million d’euros vers 13 heures, rapportait mercredi la radio-télévision publique flamande VRT. Quelque 500 prêteurs ont répondu, soit une mise moyenne d’environ 2.000 euros. La chaîne exploite aujourd’hui deux friteries, à Anvers et à Louvain.
5,5 % brut sur quatre ans et un paquet de frites par semaine
Le montage est un prêt, pas une prise de participation : les souscripteurs ne deviennent pas actionnaires. Le ticket d’entrée était fixé à 500 euros, pour un intérêt brut de 5,5 % sur une durée de quatre ans. S’y ajoute un avantage en nature qui a fait beaucoup pour la viralité de l’opération : un paquet de frites par semaine. Le crowdlending laisse la structure du capital intacte, mais il alourdit la charge de remboursement dès les premières années d’exploitation.
Le plafond de la campagne, atteint en quelques heures le 9 septembre 2026 auprès d’environ 500 prêteurs, contre 5,5 % brut sur quatre ans.

Ostende d’abord, puis Bruges, avec une vingtaine d’adresses visées
L’argent doit financer des ouvertures déjà identifiées. La prochaine adresse sera Ostende, rue de Flandre, avant les congés d’automne : ce sera la première implantation du réseau à la Côte. La chaîne cherche également un emplacement à Bruges, et Courtrai figure sur sa liste. L’objectif affiché est d’atteindre une vingtaine d’implantations belges à l’horizon 2029, en partant des deux friteries actuelles.
Le développement reste pour l’instant flamand. Aucune adresse wallonne ni bruxelloise n’a été annoncée, alors que la friterie est un concept de proximité qui se transpose sans difficulté au sud du pays.
Un friturier ostendais a introduit un recours contre l’arrivée du réseau
L’implantation ostendaise ne fait pas l’unanimité dans le métier. Un friturier de la ville a introduit un recours contre la venue de La Patate, selon la presse régionale de Flandre-Occidentale. Le cas illustre une tension classique quand une chaîne arrive sur un créneau tenu par des indépendants : la friterie belge reste un secteur très majoritairement artisanal, où l’arrivée d’une enseigne à forte notoriété se lit comme une menace directe sur la clientèle de rue.
Un mode de financement qui interroge le modèle de réseau
L’opération pose une question de fond pour le secteur : un réseau qui lève auprès du public finance ses propres établissements, là où un franchiseur classique fait porter l’investissement par ses franchisés. Le choix du crowdlending indique donc, à ce stade, un développement en exploitation propre plutôt qu’en franchise. Aucune offre de franchise La Patate n’est publiée à notre connaissance, et l’enseigne ne figure pas parmi les membres effectifs de la Fédération Belge de la Franchise (FBF).
Deux signaux à surveiller. Le rythme réel des ouvertures d’abord : passer de deux à une vingtaine d’adresses en trois ans suppose une machine de recrutement et de formation que la chaîne n’a pas encore eu à construire. Le modèle d’exploitation ensuite : si l’objectif de 2029 est tenu, le réseau devra tôt ou tard choisir entre continuer à tout porter lui-même et ouvrir la porte à des exploitants indépendants.











