L’enseigne néerlandaise Jumbo propose mille produits en « 1 + 1 gratuit » du 2 au 8 septembre, avec le même slogan aux Pays-Bas et en Belgique. La comparaison des deux prospectus révèle des écarts de prix qui vont jusqu’à 30 %. Pour les franchisés belges du réseau, une opération de cette ampleur se joue directement sur la marge.
La promotion couvre aussi bien les grandes marques que les marques de distributeur, dans toutes les catégories, ressort-il mercredi de la plateforme professionnelle belge du commerce de détail RetailDetail. Le distributeur, longtemps identifié à une politique de prix bas permanents, recourt désormais à des promotions agressives. Les deux prospectus ne sont pourtant pas jumeaux : les chipolatas du prospectus belge sont absentes du néerlandais, et les salades Johma proposées aux Pays-Bas ne figurent pas en Belgique.
Les lasagnes 30 % moins chères en Belgique, les capsules 14 % plus chères
L’écart le plus net porte sur les lasagnes à la bolognaise de marque Jumbo, en barquette de 400 grammes : 3,83 euros les deux aux Pays-Bas, contre 2,59 euros en Belgique, soit près de 30 % de moins. L’escalope végétarienne Valess passe de 3,79 à 3,49 euros, le filet de saumon de 360 grammes de 6,49 à 6,00 euros. Le sens s’inverse sur l’entretien : cinq paquets de capsules pour lave-vaisselle Sun coûtent 25,98 euros aux Pays-Bas et 29,68 euros en Belgique, soit 14 % de plus.
Deux paysages concurrentiels, deux grilles de prix
Ces écarts ne sont pas des erreurs de prospectus. Ils traduisent deux marchés distincts. En Belgique, Jumbo affronte un secteur alimentaire où les acteurs installés défendent leurs positions à coups de promotions, et où le consommateur compare volontiers de l’autre côté de la frontière. Aux Pays-Bas, l’enseigne joue à domicile et sur un terrain où sa notoriété est acquise. Un même slogan peut donc recouvrir deux stratégies : conquête au sud, défense au nord.
Une promotion nationale qui atterrit dans le compte de résultat du franchisé
Jumbo figure parmi les membres effectifs de la Fédération Belge de la Franchise (FBF) et exploite son parc belge en combinant magasins en propre et supermarchés confiés à des indépendants. Une opération « 1 + 1 gratuit » sur mille références est décidée au niveau de l’enseigne, mais elle s’exécute en rayon, avec les équipes et la trésorerie de l’exploitant. C’est précisément le type de sujet qu’un candidat doit aborder avant de signer : qui finance la mécanique promotionnelle, et sur quelle base la marge du franchisé est-elle reconstituée.
Le conseil de la Rédac’
Avant de signer dans un réseau de franchise alimentaire, faites préciser trois points par écrit : qui décide des promotions nationales, qui en supporte le coût, et comment la marge de l’exploitant est compensée sur les références vendues à prix cassé. Ces éléments relèvent des conditions d’exploitation à examiner dans le document d’information particulier, que le franchiseur doit vous remettre au moins un mois avant la signature, sans pouvoir réclamer le moindre versement pendant ce délai.
Le cap des 50 magasins belges attendu début 2027
L’offensive promotionnelle accompagne une phase d’expansion. Fin août, l’enseigne a inauguré à Mortsel, en province d’Anvers, un 48e supermarché belge confié à un franchisé indépendant, et vise le cinquantième au début de 2027. Le prochain signal à surveiller n’est pas le nombre d’ouvertures, mais la capacité du réseau à recruter des exploitants dans un secteur où la guerre des prix rogne les marges. C’est là que se jouera la suite en Wallonie et à Bruxelles.











