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La place de l’ego dans l’entrepreneuriat et comment l’utiliser positivement

5 Min. de lecture
Un appareil photo pour illustrer la place de l’ego dans l’entrepreneuriat et comment l’utiliser positivement

Impossible de le nier, tous les entrepreneurs à succès disposent d’un fort ego. Mais si l’entrepreneuriat est un milieu qui se prête bien à l’excès d’ego, cela ne fait pas de tous les entrepreneurs des êtres arrogants et antipathiques. L’ego est-il alors la condition sine qua non de la réussite de l’entreprise ? S’il n’est pas maîtrisé, il peut en tout cas devenir la raison d’un échec.


Souvent considéré comme un défaut, l’ego, s’il n’est ni sur-dimensionné ni sous-dimensionné, représente plutôt un levier de réussite. L’entrepreneur doit donc savoir le gérer et l’utiliser de façon positive au service de son entreprise. On vous explique comment.

Mais au fait, c’est quoi l’ego ?

Au risque d’en décevoir certains : tout le monde a un ego. Celui-ci est plus ou moins gros et fort, mais il existe bel et bien en chacun de nous. L’ego n’est pas un défaut ou un trait de personnalité, il s’agit en fait de la représentation et de la conscience que chacun a de lui-même. C’est une construction du « moi » qui nous permet de nous différencier des autres. En cela, l’ego se présente comme un fondement de la personnalité. Il s’est construit sur la base de nos expériences et de l’interprétation que nous en avons fait. L’ego représente donc une perception de nous-mêmes mais pas notre valeur réelle : nous ne sommes pas un ego, nous en avons un.

Aussi, il est possible de juger en bien ou en mal son ego. Cette valeur qu’on lui attribue est ce qu’on appelle l’estime de soi. Si l’on juge son ego de façon positive on a donc une bonne estime de soi. Au contraire, si on le juge de manière négative, on a une mauvaise estime de soi. Celle-ci est parfaitement subjective et dépend de plusieurs facteurs internes et externes : l’interprétation de ses expériences passées, le regard des autres et sa propre sensibilité. Ainsi, deux personnes ayant vécu les mêmes choses et ayant les mêmes qualités pourront avoir une estime de soi bien différente. Cela dépendra de l’interprétation, positive ou négative, qu’elles auront fait des évènements passés.

Entrepreneur : un ego sur-dimensionné ?

Lorsqu’il s’agit de son ego, la règle d’or est qu’il n’en faut ni trop, ni pas assez. D’autant plus dans le cadre de l’entreprise où il est central car il agit en permanence sur les interactions professionnelles. Une mauvaise gestion de l’ego peut avoir des conséquences néfastes : une baisse de motivation et d’engagement, du stress, la dégradation de l’émulation au sein d’une équipe…

Chez un entrepreneur, un ego sur-dimensionné pourra déboucher sur un narcissisme excessif, des problèmes de communication ou encore une affirmation de sa valeur par l’agressivité. Les décisions prises par une personne à l’ego sur-dimensionné auront tendance à répondre à des motivations purement personnelles. Or, des choix réalisés par l’ego fédèrent difficilement et peuvent même restreindre l’impact global de l’entreprise. De l’autre côté, un ego sous-dimensionné pourra aboutir à un manque de confiance en soi parfois perçu comme un aveu de faiblesse ou de l’incompétence. Une posture peu valorisante pour un entrepreneur et qui laisse planer le doute sur sa capacité à être un bon dirigeant.

Utiliser positivement son ego

L’idéal pour un chef d’entreprise est donc de posséder un fort ego mais sans excès. En effet, une bonne estime de soi est un levier indiscutable de motivation et de performance. Un chef d’entreprise certain de ses compétences et de ses forces sera plus à même de prendre des risques, d’innover, de sortir des chemins battus. Convaincu de ses connaissances et de son savoir-faire, il sera plus combatif face à l’adversité, saura s’imposer face à des détracteurs ou défendre son projet face à des investisseurs. De plus, un dirigeant lucide sur ses forces et ses faiblesses, qui a une bonne image de lui sans pour autant dévaloriser les autres sera une personne d’autant plus juste et bienveillante, capable de se remettre en question.

Pour utiliser de façon saine et positive son ego, il est indispensable de se libérer de son emprise. Pour cela, il convient de prendre conscience que son ego est différent de son être. Une fois cela fait, il est possible d’observer si cet ego a plutôt tendance à nous nuire ou à nous servir. S’il a tendance à nous nuire, il vaut mieux s’appliquer à le laisser le plus souvent possible en dehors des prises de décisions stratégiques de l’entreprise. Pour cela, il convient de se fixer des objectifs ouverts sur les autres et “anti ego”.

Chef d’entreprise : privilégier les indicateurs “anti ego”

En effet, les motivations d’un entrepreneur se traduisent bien souvent par des indicateurs permettant de piloter le projet : chiffre d’affaires annuel, rentabilité, nouveaux clients etc. Certains de ces critères sont plus prompte à stimuler l’ego de la personne qui les manipule. Ainsi, un chef d’entreprise motivé par un salaire élevé, un objectif très personnel, s’intéressa alors plus volontiers à l’indicateur “chiffre d’affaires”.

Or, comme dit plus haut, un choix motivé par un critère purement personnel viendra satisfaire le seul ego de l’entrepreneur et pourra avoir des effets néfastes sur l’entreprise. L’entrepreneur gagnera alors à prendre des décisions dites “anti ego” tout aussi favorables à la durabilité de son entreprise. Un exemple d’indicateur “anti ego” : l’amélioration du quotidien de ses clients et la satisfaction client. S’intéresser à cet indicateur aura alors pour effet de gagner le soutien et la fidélité de ses clients. Ce qui sera forcément plus bénéfique et motivant pour les équipes que la recherche d’un enrichissement personnel du seul patron.

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