Entrepreneur : comment se relever d’un « échec » ?

4 octobre 2022
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Mise en situation : Jeannine-Gladis rêvait de conquérir le marché de la poutine à Lyon. Elle avait un souhait, des ambitions, un sens parfait du timing-cuisson des pommes de terre grâce à son expérience, ainsi qu’à des années d’entraînement pour mener à bien son projet. Malheureusement, 6 mois après l’ouverture de « Jeannine rime avec Poutine ! © », PATATE’RAC (vous l’avez ?) : c’est l’extinction des feux, la fin de l’aventure, fermeture de la boutique. Jeannine-Gladis est peut-être le fruit de mon imagination, mais la situation, elle, est loin d’être onirique.


Bon… Si vous avez vécu une situation similaire, on se l’accorde, ça n’a peut-être pas été le chapitre le plus fun de votre épopée professionnelle. Pourtant, si cela peut vous rassurer, au mois d’avril 2021, les statistiques de l’INSEE tombaient comme un pansement dans une salade : 25 % des entreprises échouent dans les 2 premières années, et 49,5 % échouent dans les 5 premières années. Sans compter les jeunes startups qui compteraient jusqu’à 80 % d’échecs… Vous n’êtes donc définitivement pas seul(e) dans cette affaire. Ces chiffres peuvent sembler décourageants et pas DU TOUT rassurants comme je vous l’avais promis ? Pas d’inquiétudes, la suite arrive. Concrètement, comment faire face à ce qui s’apparente comme un échec lorsqu’on a pourtant mis du temps, de l’énergie, des aspirations et du coeur dans un projet qui nous alimentait l’esprit ? Réponse en trois temps.

Prendre du recul

Georges Clemenceau disait : « Ce qui m’intéresse, c’est la vie des hommes qui ont échoué car c’est le signe qu’ils ont essayé de se surpasser. » Aucun « échec » ne l’est jamais vraiment, aussi bavant et dégoulinant de guimauves arcs-en-ciel ce mojo puisse-t-il sembler. Pourtant, c’est un fait : de tout ça ne réside que dans l’apprentissage !

Les chiffres de l’INSEE évoqués plus tôt sont là pour rappeler que lancer son entreprise et proposer un business sur un marché déjà bien rodé n’est pas tâche aisée… Mais pas impossible ! Plusieurs entrepreneurs et entrepreneuses ont connu des échecs (voire faillites), ce qui ne les a pas privés d’un avenir meilleur par la suite.

« – Allô Bill Gates ? Oui, ouais, ça serait pour revenir vite fait sur ton abandon d’Harvard, et ta première entreprise ratée aussi là -RIP-, avec Paul Allen ? Après on parlera peut-être de Microsoft, enfin, si t’as du temps… »

Déconstruire sa déception et désapprendre la peur que le même schéma se répète est capital pour aller de l’avant et ne pas rester sur ses erreurs passées. Ne dit-on pas qu’après une chute à vélo, il faut se remettre en selle ? Chaque passage sur cette satanée bicyclette n’impliquera pas une continuelle ribambelle d’hématomes répondant à des rencontres avec le bitume.

Ça, c’est pour les personnes qui auraient subi une importante perte de confiance en soi. Mais je vous vois aussi, celles et ceux qui à l’opposé, voudraient aller trop vite, ne prenant pas le temps de poser un bilan constructif !

Faire le point

Transition toute faite, la faillite d’une boîte peut s’expliquer par plusieurs raisons d’une liste non exhaustive, sur lesquelles il est bon de se pencher :
– Absence de business plan ou mauvaise stratégie marketing …
– Manque de liquidités …
– Conflits de gestion et/ou d’anticipation…
– Carences commerciales, carences techniques …
– L’étude de marché (Y avait-il un vrai besoin ? Une demande assez forte ? Ou une rude concurrence ?) …
– Conflits d’équipe, ou, à contrario, manque de soutien, trop grande solitude…
– Soucis de gestion de la trésorerie…

Pour résumer, il est important de trouver les failles principales qui ont menées à un dysfonctionnement du système, puis un effondrement, afin de repartir Plus solide, Meilleur, Plus rapide, Plus fort, comme diraient les Punk Idiots (célèbre duo français formé en 1993 spécialisé en musique électronique).

Rester pragmatique et agir

Maintenant que l’échec est accepté, le processus digéré (ou tout du moins en phase de bonne digestion, ça prend le temps qu’il faut !!), il est important de se concentrer sur ses envies futures, le tout en essayant d’éviter un maximum la tendance à l’isolation après un coup dur. Chercher quels seraient les organismes susceptibles d’apporter du soutien.

Des associations telles que Second Souffle, 60.000 Rebonds ou Les Rebondisseurs, possédant sites Internet détaillés, chaînes YouTube et autres réseaux pour se renseigner, ont par exemple été créés dans le but de valoriser le rebond entrepreneurial et de ne pas laisser les entrepreneurs en situation d’échec à l’abandon.

Leurs missions principales consistent globalement à informer, accompagner, appuyer les expériences, développer la capacité finale de rejaillir. Emmanuel Chain, ancien animateur chez M6 ou encore Capital, a lui-même livré une interview pour la chaîne YouTube « Association Second Souffle », dans laquelle il raconte ses déboires en tant que jeune entrepreneur, soldant ses débuts par une gamelle.

Il cite : « Il faut accepter d’avoir mal et on se répare », « L’échec nous rend plus fort ». Monsieur Chain a bien raison et pourrait même insuffler quelques idées tatouages.

Continuez de croire en vous !

Finalement, ébaucher un nouveau plan d’action quel qu’il soit, avec l’avantage des leçons acquises, peut s’avérer d’une aide précieuse.

Ce qui semblait être un échec devient un atout voire un allié, alors à toutes les personnes ayant besoin de le lire (Jeannine-Gladis y compris), ne perdez pas espoir ! « L’échec rend plus fort ».

Écrit par Antoine Lebrun

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