Le réseau français Stéphane Plaza Immobilier a rejoint le 1er septembre WIF Group, la structure qui exploite We Invest en France. Derrière l’opération, une marque bruxelloise : We Invest a cédé sa filiale française à son management en janvier, contre un droit d’entrée et 10 % de royalties. Huit mois plus tard, ce master franchisé absorbe une enseigne nationale de 140 points de vente cumulés.
WIF Group réunit désormais deux marques distinctes, We Invest et Stéphane Plaza Immobilier, soit 140 points de vente et près de 1.000 conseillers immobiliers, ressort-il mercredi de la presse professionnelle française de l’immobilier. Le groupe, créé il y a moins de deux ans, est présidé par Xavier Belvaux. L’annonce intervient deux mois après la sortie du groupe M6 du capital du réseau Stéphane Plaza Immobilier, finalisée fin juillet.
Deux marques maintenues, deux modèles de développement
Les deux enseignes gardent leur identité. We Invest poursuit son modèle hybride, qui associe agences physiques et réseau de mandataires autour d’outils numériques poussés. Stéphane Plaza Immobilier conserve son positionnement de marque nationale grand public, construite sur un maillage d’agences de proximité.
Xavier Belvaux n’est pas un inconnu du secteur. Avant de rejoindre We Invest comme directeur général France en octobre 2023, il a passé plus de sept ans chez ORPI, où il occupait la fonction de directeur des opérations.
De la place communale d’Auderghem à la master franchise française
Le fil belge de cette histoire commence à Bruxelles. We Invest Real Estate, société à responsabilité limitée dont le siège se trouve place communale d’Auderghem et qui porte le numéro d’entreprise 0550.728.089, a été fondée en 2014 par Jonathan Pham et développée avec Raphaël Mathieu, aujourd’hui CEO. L’enseigne est agréée par l’Institut professionnel des agents immobiliers (IPI) sous le numéro 507.630 et revendique une quarantaine d’agences réparties entre Bruxelles, la Wallonie et la Flandre.
En janvier 2026, le groupe a cédé l’intégralité de ses activités françaises à Xavier Belvaux. L’opération n’est pas une simple vente : elle comprend le rachat de la structure existante, un droit d’entrée et le versement de royalties de 10 %. Autrement dit, le développement français se poursuit désormais en master franchise, et la maison mère belge encaisse une redevance sur son avancée.
Le groupe s’est réorganisé en trois pôles : le quartier général franchiseur, les activités belges de courtage exploitées par les franchisés, et les agences bruxelloises intégrées. Raphaël Mathieu décrivait alors une trajectoire assumée.
Il évoquait aussi, en janvier, une possible croissance externe par le rachat d’un réseau existant en France, et le Portugal comme marché suivant. Huit mois plus tard, la première partie de l’annonce est faite.
Quatre ans de turbulences pour le réseau français
L’enseigne que WIF Group accueille sort d’une séquence difficile. En janvier 2022, le groupe M6 avait pris 51 % de SPF Franchise, la société qui portait le réseau. En février 2025, Stéphane Plaza a été condamné en première instance à un an de prison avec sursis pour violences conjugales. Il a fait appel : le procès s’est tenu du 26 juin au 1er juillet 2026 devant la cour d’appel de Paris, où le parquet général a requis six mois de prison avec sursis probatoire et 12.000 euros d’amende. La décision est attendue le 18 septembre.
Entre-temps, le groupe M6 avait lancé en mai 2025 une marque de repli, Sixième Avenue, en offrant aux agences la possibilité de changer d’enseigne. Le 2 juillet 2026, les actionnaires ont annoncé la séparation des deux réseaux en deux sociétés indépendantes, par voie de scission partielle. Stéphane Plaza reprenait 100 % du réseau à son nom, M6 montait à 68 % de Sixième Avenue aux côtés des deux cofondateurs historiques.
Les franchisés ont donc eu à trancher cet été entre les deux bannières. C’est cette question, laissée ouverte par le retrait de M6, à laquelle l’adossement à WIF Group apporte une réponse.
Ce que le communiqué ne dit pas
Trois inconnues subsistent, et elles pèsent lourd. La communication du groupe ne précise ni les modalités financières de l’opération, ni le rôle que conservera Stéphane Plaza dans la nouvelle organisation, ni le nombre exact d’agences que la marque apporte au groupe. Le chiffre de 140 points de vente couvre les deux réseaux réunis, pas le seul apport de l’enseigne française. Prudence, donc, avec les comptages qui circulent : les effectifs annoncés du réseau ont beaucoup varié depuis 2022 et aucun décompte à jour n’a été publié.
Bon à savoir
La master franchise n’a pas de régime légal propre en droit belge, mais elle ne fait sortir personne du cadre. L’article X.33 du Code de droit économique rend le droit belge et les tribunaux belges impératifs pour la phase précontractuelle dès que le bénéficiaire exerce principalement son activité en Belgique. Un master franchiseur étranger doit donc remettre à ses sous-franchisés belges un document d’information particulier conforme au Livre X, Titre 2.
Ce que l’opération change pour un candidat belge
Rien, à court terme, sur le territoire belge : Stéphane Plaza Immobilier n’y est pas présent, et le réseau belge de We Invest n’est pas concerné par l’opération. L’intérêt est ailleurs. Il se joue sur la démonstration qu’un franchiseur né à Bruxelles peut structurer un développement à l’étranger sans y engloutir ses fonds propres, en confiant le pays à un master franchisé et en vivant de redevances. C’est le modèle que Raphaël Mathieu dit vouloir rejouer ailleurs en Europe.
Pour qui veut rejoindre le réseau en Belgique, We Invest ouvre deux portes sur sa page de recrutement : l’intégration d’une agence immobilière existante, ou la création d’une agence après formation et parcours d’intégration. L’enseigne y revendique 45 entrepreneurs partenaires et se présente comme un réseau immobilier 100 % belge. Elle ne publie en revanche ni droit d’entrée, ni apport, ni montant d’investissement : ces éléments sont à réclamer au réseau, et ils doivent figurer au document d’information particulier remis au moins un mois avant toute signature.
Deux échéances à surveiller pour la suite : la décision de la cour d’appel de Paris, le 18 septembre, et le prochain marché européen que le franchiseur bruxellois choisira d’ouvrir. Le Portugal était cité en janvier. Les candidats francophones, eux, continueront de trouver l’essentiel de l’offre belge lors des rendez-vous du secteur, à commencer par le Franchising Belgium Day du 6 octobre à Wavre.











