icon / 24x24 / ic24-trending-up

les plus recherchées du moment

Montée en gamme de la restauration rapide, la fin du fast-food ?

4 Min. de lecture
Des lobsta rolls de chez Lobsta.

Des burgers au porc effiloché de 12 heures, du poulet frit coréen signature, des sushis à la truffe… La street food premium grignote du terrain et taille des croupières aux acteurs de la restauration rapide traditionnelle. Pour Bernard Boutboul, président de Gira, les enseignes de fast-food ont du souci à se faire face à la montée en gamme des concepts de « fast-good ».


Avec un chiffre d’affaires de 65 milliards d’euros, en croissance de 11 à 12 % par an, la restauration rapide se porte on ne peut mieux. Cependant, les acteurs historiques de burgers, de pizzas, de tacos ou de bagels surveillent comme du lait sur le feu l’arrivée de nouveaux entrants proposant une cuisine premium et différenciante. Le point avec Bernard Boutboul, spécialiste du secteur de la restauration hors domicile.

Bernard Boutboul : Quand j’annonce le déclin de ces établissements, je parle avant tout des petits Kebab, des échoppes de paninis ou de tacos à emporter, à l’hygiène douteuse et à la qualité médiocre. Je pense aussi à certaines grosses enseignes aux préparations industrielles, sans saveur, qui font du low cost et dans lesquelles on sert les clients à la chaîne. Cette restauration est en perte de vitesse totale, elle se fait concurrencer par la street food ethnique et la diversité de sa cuisine.

La France est restée pendant 25 ans – jusqu’aux années 2000 – avec deux produits de restauration rapide : le sandwich et le burger, tendance malbouffe. Aujourd’hui, nous sommes le seul pays au monde à avoir 51 produits de restauration rapide : du homard au houmous en passant par le couscous, le poulet, le plat thaï, la K-food… C’est une spécificité et une richesse, les Etats-Unis n’en ont que 19. Cette diversité de l’offre, couplée à une vraie montée en gamme, fait de l’ombre aux fast-food historiques.

Bernard Boutboul : Moins qu’avant et cela dépend vraiment des enseignes. Certaines sont déjà en train d’y perdre des plumes. Mc Do est une des rares à tirer son épingle du jeu car elle s’est « premiumrisée » au fil des décennies. Aujourd’hui, on peut y boire son café dans des tasses en porcelaine, on y trouve des macarons, la viande est d’origine France…

Le concept est monté en gamme : le ticket moyen est d’ailleurs passé à 11 euros en moyenne en France contre 6 euros aux Etats-Unis. C’est bien le signe que lorsque la qualité augmente, les consommateurs suivent, même si cela leur coûte un peu plus cher.

Bernard Boutboul : La street food se transforme, elle devient premium, elle ne rime plus avec la malbouffe. La qualité des produits est là, ils ont du goût, il y a une vraie transparence sur leurs origines. Les ingrédients sont locaux, de saison, les repas sont préparés à la commande, ou devant le client. Des enseignes comme Bio Burger, Toasushi ou Bonchon (N.D.L.R. poulet frit coréen) l’ont parfaitement compris.

Légumes frais, sauces signature, fait maison, cuisine minute… Ces concepts sont vraiment montés d’un cran en termes de qualité, particulièrement dans la restauration rapide thaïe, coréenne, vietnamienne et indienne. Les consommateurs ne s’y trompent pas et ils sont prêts à dépenser quelques euros de plus pour manger de choses différentes et de bonne tenue. Ils déboursent en moyenne 15 euros pour un repas de street food premium contre 11,70 pour un menu de restauration rapide traditionnel.

Bernard Boutboul : Tous les concepts premium ont un point commun par rapport au fast-food. Ils sont instagrammables et passent en boucle sur les réseaux sociaux. Plus 75 % des contenus Instagram concernent la food. C’est donc un puissant axe de communication, notamment auprès des moins de 30 ans. Avec cette génération, ça passe ou ça casse : ils aiment mettre en avant et partager ce qu’ils mangent. Si c’est bon et bien dressé, le bouche à oreille va très vite. À l’inverse, le moindre faux pas est sanctionné.

Cette montée en gamme s’accompagne également d’une nouvelle expérience client sur le lieu de vente : il se passe quelque chose dans ces établissements de restauration rapide. La décoration est travaillée du sol au plafond, les équipes sur place accueillent le client, le conseillent, assemblent devant lui. C’est tout un pan de la restauration rapide qui est en train de se transformer.

Vous aimerez aussi !

intérieur lumineux de la boutique jennyfer
Beaumanoir relance Jennyfer via Vib’s : la marque reprend vie dans 310 magasins

Un an après sa reprise en redressement judiciaire, Jennyfer va ...

café terrasse brume chaleur
Canicule : 6 conseils de pros pour ne pas transformer son logement en bouilloire

La France a battu son record absolu de chaleur le ...

supporters en liesse avec drapeau tricolore
+20 % de CA par soir de match : voilà ce que la Coupe du Monde 2026 rapporte aux réseaux de bars et brasseries en France

La France a validé sa qualification pour les 16es de ...

okbox self stockage : façade et accès box a
OKBOX transforme les friches industrielles en self-stockage et accélère ses ouvertures en 2026

Porté par le Groupe Tremblaye depuis 2013, OKBOX compte aujourd’hui ...

façade taco bell la nuit en néon violet
Peut-on ouvrir un Taco Bell en France en 2026 ?

Avec plus de 8 700 restaurants dans le monde et un ...

burger classique au bacon, fromage et frites dorées
Ouvrir un In-N-Out en 2026 en France, c’est possible ?

Chaque rumeur d’arrivée d’In-N-Out en France relance la même question ...

rangée de chariots de supermarché chromés
Auchan cède 72 supermarchés à Intermarché : 17 restants sans repreneur inquiètent les syndicats

Auchan boucle la première phase de sa grande restructuration en ...

Étagères dÉpicerie asiatique : sauces et condiments
Ouvrir un Tang Frères en 2026, c’est possible ?

Vous cherchez à devenir franchisé Tang Frères en 2026 ? ...

compartiments en carton vides pour stockage
Box en Loc signe son 6e contrat de franchise à Arras et vise 13 centres en France

Box en Loc signe son 6e contrat de franchise avec ...

brochette de viande grillée, riz safrané et légumes
Comment ouvrir un restaurant halal en 2026 ?

Ouvrir un restaurant halal n’a plus rien d’un pari communautaire. ...