Le Groupe Abbatiello, qui vise 1 milliard de dollars de revenus d’ici la fin de 2029, fait construire un restaurant L’Œufrier sur le boulevard David-Bouchard, à Granby, en Estrie. La bannière de déjeuners compte déjà 45 succursales au Québec, dont une à Bromont. Pour les candidats franchisés de la Haute-Yamaska, l’arrivée confirme l’appétit du réseau pour les villes moyennes.
Le chantier a été révélé jeudi par La Voix de l’Est, à partir d’une photo du bâtiment publiée sur les réseaux sociaux par son futur locataire. Le restaurant s’élève derrière les établissements Valentine et Subway du boulevard David-Bouchard, l’un des grands axes commerciaux de Granby. Le terrain et l’immeuble appartiennent à Raphaël Jolicoeur, copropriétaire des complexes ProGym de Granby et de Sherbrooke. Les travaux sont confiés à l’entrepreneur général Construction Gératek.
Aucune date d’ouverture n’a été communiquée. La direction de L’Œufrier n’a pas répondu à la demande d’entrevue du quotidien.
45 succursales au Québec pour la bannière de déjeuners
L’Œufrier fait partie du portefeuille du Groupe Abbatiello, un franchiseur québécois multibannière de taille familiale. Selon La Voix de l’Est, la chaîne compte 45 succursales dans la province, dont une à Bromont, dans la MRC de Brome-Missisquoi.
Le montage du futur restaurant granbyen reste à préciser. Ni le quotidien ni la bannière n’indiquent si l’adresse sera exploitée par un franchisé de la restauration, ni qui en sera l’exploitant. Le réseau multiplie pourtant les ouvertures en région : en septembre, L’Œufrier s’installait pour la première fois à Chicoutimi, au Saguenay.
Une quinzaine de restaurants de déjeuners déjà en place à Granby
Le terrain n’est pas vierge. La Voix de l’Est recense une quinzaine de restaurants qui servent des déjeuners dans la municipalité, ville-centre de la MRC de La Haute-Yamaska.
Le boulevard David-Bouchard offre en revanche ce que recherchent les bannières de restauration : un achalandage soutenu, de la visibilité depuis la route et la présence d’autres enseignes connues. S’implanter à côté d’un Subway et d’un Valentine, c’est miser sur une clientèle déjà habituée à manger sur cet axe. Le pari consiste à détourner une partie de la demande matinale vers une offre de déjeuners à table, plutôt que de créer un nouveau flux.
Sept marques et une cible de 1 G$ pour le Groupe Abbatiello
Le projet granbyen s’inscrit dans une phase d’accélération pour la famille Abbatiello. Fondée en 1964, l’entreprise est dirigée depuis 2018 par cinq petits-enfants du fondateur. Elle détient notamment Pizza Salvatoré, franchisée depuis 1987, Topla!, Jack le Coq, L’Œufrier, la Crèmerie Chez Mamie et Shaker Cuisine & Mixologie, acquise en 2026.
Le 20 octobre, le groupe a ajouté une septième marque en acquérant Papa Sandwich, une jeune bannière de sandwichs née dans la ville de Québec. Selon Le Quotidien, la direction affiche l’objectif d’atteindre 1 milliard de dollars de chiffre d’affaires d’ici le 31 décembre 2029. Chaque nouvelle adresse L’Œufrier pèse donc dans cette trajectoire.
Une date d’ouverture et un exploitant encore à confirmer en Estrie
Plusieurs inconnues demeurent. La bannière n’a annoncé ni calendrier d’ouverture, ni nombre de postes à pourvoir, ni identité de l’exploitant. Ces éléments arrivent en général avec les journées d’embauche, quelques semaines avant l’inauguration.
Pour les candidats qui envisagent de rejoindre un réseau comme L’Œufrier, la vigilance reste de mise au moment de la négociation. Le Québec n’impose aucun document de divulgation précontractuelle, contrairement à l’Ontario. Le dossier se construit donc à partir des questions posées au franchiseur.
Bon à savoir
Au Québec, aucune loi propre à la franchise n’oblige un franchiseur à remettre un document de divulgation avant la signature. La protection du futur franchisé repose sur l’obligation de bonne foi de l’article 1375 du Code civil du Québec, précisée par l’arrêt Dunkin’ Brands Canada Ltd. c. Bertico inc., 2015 QCCA 624.











