Des panneaux de bois sur les vitrines de Nike, JD Sports ou Yves Rocher : rue Neuve, à Bruxelles, les commerçants se protègent avant le rassemblement annoncé samedi 24 octobre. Cinq jours après les pillages qui ont suivi la manifestation nationale du 17 octobre, les magasins restent ouverts, mais des commerçants évoquent des milliers d’euros de pertes par jour.
Plusieurs magasins de la principale artère commerçante de la capitale ont barricadé leurs devantures, a constaté mardi un journaliste de l’agence de presse Belga. Les dégradations survenues à Bruxelles et à Liège en marge des manifestations du 17 octobre ont servi d’alerte, relève le magazine professionnel du commerce Gondola. Mercredi, de nouveaux panneaux étaient posés, en prévision d’un nouvel appel à se rassembler ce samedi 24 octobre.
Une vitrine brisée et une soixantaine d’articles emportés chez Nike
Le magasin Nike de la rue Neuve a été visé le samedi 17 octobre. Deux jeunes ont fracassé la vitrine avec un bloc de béton, puis une trentaine de personnes sont entrées derrière eux.
« Ils ont emporté une soixantaine d’articles. Nous sommes d’une certaine manière soulagés qu’ils n’aient pas pu vider tout le magasin », témoigne Mouna Hichou, gérante du magasin Nike de la rue Neuve, citée par Belga. Elle réclame une présence policière plus visible les jours de mobilisation. Chez Yves Rocher, des jeunes ont tenté d’entrer le même jour, sans y parvenir.
Des magasins ouverts mais à moitié invisibles
Le paradoxe est commercial. Les enseignes restent ouvertes, mais leurs vitrines couvertes de bois donnent l’impression d’un chantier ou d’une boutique fermée. Certaines ont collé une affichette pour inviter les passants à entrer.
Le quotidien La DH rapporte mercredi que des commerçants chiffrent leur manque à gagner à « des milliers d’euros » par jour. Le même titre indique qu’ils sont invités à envisager une fermeture temporaire par prudence. Il relève aussi qu’aucun dispositif spécifique n’a été annoncé en Belgique, alors que les autorités françaises ont mobilisé les plateformes de seconde main pour repérer les objets volés.
Un risque qui pèse d’abord sur les exploitants indépendants
Rue Neuve se côtoient magasins intégrés de grandes marques et points de vente exploités par des entrepreneurs sous enseigne. Yves Rocher, par exemple, est membre de la Fédération Belge de la Franchise (FBF). Le statut du magasin de la rue Neuve n’est toutefois pas précisé dans les sources consultées.
Pour un franchisé ou un indépendant, une journée de fermeture, une vitrine à remplacer ou un stock volé pèsent directement sur la trésorerie du magasin. Ces coûts s’ajoutent au manque à gagner des jours où la vitrine reste masquée.
Bon à savoir
Gondola liste trois réflexes pour les commerçants exposés : vérifier les garanties de son assurance, sécuriser le point de vente sans le transformer en forteresse, et connaître les démarches à accomplir après un sinistre.
Le week-end du 24 octobre et la manifestation du 23 novembre sous surveillance
Le prochain test est fixé à samedi. Les commerçants de la rue Neuve redoutent une nouvelle journée de violences et gardent leurs protections en place d’ici là.
Un autre rendez-vous se profile : les syndicats CSC, FGTB et Synova appellent à une nouvelle manifestation nationale à Bruxelles le 23 novembre, pour dénoncer des ajustements budgétaires. Pour les enseignes du centre-ville, la question dépasse la sécurité d’un week-end : c’est la répétition de journées à risque qui inquiète, en pleine préparation des fêtes.











