Le caviste Nicolas souhaite doper son réseau de franchisés

8 juin 2024
Categories : L'enseigne de cavistes Nicolas
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Quand on parle de R&D, on imagine des chercheurs en ébullition devant des tubes à essai. Chez la franchise Nicolas, la R&D concerne également le marketing, la communication, les ventes… 


Entretien avec Christopher Hermelin, le responsable innovation et marketing, fraichement nommé pour booster l’innovation du réseau bicentenaire. 

Christopher Hermelin : l’objectif est d’insuffler un vent de créativité dans le réseau de franchise Nicolas car la machine qui existe depuis 200 ans est bien rodée. La direction générale a souhaité confier la créativité et l’innovation à des collaborateurs qui ne soient pas dans l’opérationnel au quotidien afin d’avoir les moyens, et surtout le temps, de plancher sur des projets et de les tester, avant de les déployer ou pas au sein du réseau. Mon objectif est de modéliser des leviers de croissance.

Christopher Hermelin : nous menons, par exemple, une vraie réflexion sur l’évolution de la franchise au sein de l’enseigne. Actuellement, nous comptons 5 boutiques franchisés Nicolas en France sur 505 points de vente. Nous allons développer notre parc en franchise en allouant davantage de moyens à ce modèle en interne et en accompagnant les franchisés. On ne travaille pas de la même façon avec des succursalistes et des franchisés. Les premiers sont des salariés, les seconds sont des chefs d’entreprises. Ils n’ont pas les mêmes attentes.

Christopher Hermelin : La maison Nicolas est très présente en Ile-de-France, en région Auvergne-Rhône-Alpes et dans le Sud-Est et absent du bassin atlantique, par exemple. Nous devons également tenir compte de la généralisation du télétravail à 2 ou 3 jours par semaine. La géolocalisation de nos magasins ne sera sans doute pas la même dans 10 ans.

Christopher Hermelin : tout est ouvert, de la location gérance, des associations avec des partenaires.

Christopher Hermelin : les corners Nicolas, baptisés Dépôt Nicolas, ont existé par le passé mais ils ont fermé. En 2023, nous avons testé des dépôts chez les buralistes. Mais comment se démarquer sachant qu’aujourd’hui, tout le monde vend du vin. Les corners sont une bonne idée sur le papier mais il faut savoir où et avec qui, car cela pose des problèmes de marge.

Christopher Hermelin : nous devons nous interroger sur ce que seront nos magasins à 5 ou 10 ans. Qu’allons-nous y vendre ? Et qui seront nos consommateurs ? On constate d’ailleurs qu’ils sont de plus en plus hédonistes. Ils consomment moins mais proposent des produits de meilleure qualité. On estime qu’à fin 2030, la consommation de vins aura baissé de 25%. Or, historiquement, la marque Nicolas vend du vin et du champagne et un peu de spiritueux et de bières. On constate que les Français consomment de moins en moins d’alcool. Si c’est l’avenir, il faut que l’on se réveille dès maintenant pour construire une offre adaptée.

Christopher Hermelin : nous avions par exemple lancé le concept Craft Beers & Cie avec une offre de bières donc. Nous avons réintégré cette offre dans nos boutiques. C’est désormais devenu une marque de référence dans nos points de vente. On y propose des bières artisanales mais aussi des bière de marque. Pour innover, nous allons tester de nouvelles offres, de nouveaux agencements de boutique… et analyser si cela fonctionne ou pas.

Christopher Hermelin : En France, pour l’instant, les clients nous demandent des vins rouge ou du blanc. A Londres, ils viennent acheter du chardonnay. De fait, les points de vente ne sont pas organisés de la même manière. Si on change la classification des produits, nous allons devoir tester le concept auprès des clients français et des cavistes. Mais aussi former ces derniers qui risquent d’être un peu déboussolés. Aujourd’hui, dans nos magasins, c’est complexe de parler de la bière. Et si on évoque accord mets-bière, on a perdu tout le monde. Il faut enclencher une véritable conduite du changement et cela va prendre plusieurs mois, voire des années.

Christopher Hermelin : l’international est un vrai sujet chez Nicolas depuis 2 ans et c’est clairement un relais de croissance. A date, nous disposons de 70 points de vente à l’étranger. Comment accélérer le mouvement et entrer sur de nouveaux marchés ? A New York par exemple, une cave fait 400 m2 contre 50 m2 en moyenne en Europe. Nous devons nous adapter au marché local sans perdre notre ADN. Nous ne sommes pas des méga retailers mais des cavistes.


(vérifié par notre rédaction)

Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le caviste Nicolas qui souhaite doper son réseau de franchisés.

Objectifs de modernisation et d’innovation :
Christopher Hermelin, récemment nommé responsable innovation et marketing chez Nicolas, a pour mission d’infuser de la créativité dans ce réseau de franchise bicentenaire. Son rôle est de développer des projets novateurs et de modéliser des leviers de croissance en ne faisant pas partie des opérations quotidiennes.

Expansion du modèle de franchise :
Actuellement, Nicolas compte 5 boutiques franchisées sur 505 points de vente en France. Hermelin prévoit de développer davantage le modèle de franchise, en allouant des ressources spécifiques et en accompagnant de près les franchisés, qui ont des attentes différentes des succursalistes.

Nouvelles zones de développement :
Nicolas est déjà bien implanté en Ile-de-France, en Auvergne-Rhône-Alpes, et dans le Sud-Est, mais est absent dans le bassin atlantique. Avec l’augmentation du télétravail, la géolocalisation future des magasins pourrait changer, nécessitant une adaptation stratégique.

Évolutions des produits et modes de consommation :
Hermelin anticipe une baisse de 25 % de la consommation de vin d’ici 2030. Pour répondre à cette tendance, Nicolas envisage de diversifier son offre, incluant davantage de bières artisanales et d’autres boissons. L’objectif est d’adapter les produits à une clientèle de plus en plus hédoniste et de qualité.

Développement international :
L’expansion internationale est une priorité pour Nicolas depuis deux ans. Avec 70 points de vente à l’étranger, l’objectif est d’accélérer ce développement et de pénétrer de nouveaux marchés, notamment à New York, pour renforcer leur présence globale.

Écrit par Sylvie Laidet

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