Alimentation Couche-Tard aurait proposé de 7,5 à 8 milliards de dollars américains pour racheter Cumberland Farms, un réseau de plus de 3 200 dépanneurs et stations-service aux États-Unis et en Europe. Trois mois après son offre sur le polonais Żabka, le groupe lavallois confirme que sa croissance se joue surtout hors du Québec, où ses magasins combinent corporatif, CODO, DODO et franchisés.
L’information vient du quotidien britannique The Times, qui l’a publiée le samedi 24 octobre. Les Affaires et La Presse l’ont reprise lundi. Rien n’est signé. Selon l’Agence QMI, qui cite Reuters, les discussions se poursuivent. Couche-Tard n’a publié aucun communiqué sur le sujet.
Une offre de 7,5 à 8 G$ US, sous la valorisation espérée par Cumberland Farms
Le prix évoqué reste en deçà des attentes du vendeur. Cumberland Farms, l’ancien EG Group, visait une valorisation de 9 milliards de dollars américains selon l’Agence QMI, et d’environ 9,5 milliards selon La Presse.
Ce montant devait être atteint par une inscription en Bourse. Elle a été repoussée parce que plusieurs acheteurs se sont manifestés, et elle ne devrait pas avoir lieu avant 2027. Couche-Tard négocie donc face à d’autres prétendants possibles, avec un écart d’environ un milliard de dollars américains à combler.
Nombre minimal de dépanneurs et de stations-service exploités par Cumberland Farms aux États-Unis et en Europe, selon l’Agence QMI (24 octobre 2026).

Après Żabka et ses 13 000 magasins, une deuxième cible en trois mois
Le dossier américain s’ajoute à une opération déjà en cours. Le 31 juillet, Couche-Tard a lancé une offre de 8,6 milliards de dollars américains sur Żabka, qui exploite plus de 13 000 magasins en Pologne et en Roumanie. Si toutes les conditions sont remplies, elle doit se conclure au plus tard en décembre 2026.
Le groupe a présenté Żabka comme un réseau bâti sur le franchisage, dont il veut garder la marque et la direction. Après cette opération, il prévoyait un ratio d’endettement d’environ 3,0 fois son BAIIA ajusté, contre 1,99 au 26 avril 2026. Une deuxième acquisition de cette taille alourdirait encore ce levier.
Au Québec, un réseau mixte entre corporatif, CODO, DODO et franchisés
Fondé à Laval en 1980, le groupe compte près de 17 300 magasins dans 27 pays et territoires, et environ 145 000 personnes travaillent dans son réseau. Au Québec, Couche-Tard ne fonctionne pas comme une franchise classique. Une partie de ses dépanneurs est exploitée par des franchisés et d’autres affiliés. Les autres sont des magasins corporatifs ou des sites en CODO (immeuble contrôlé par l’enseigne, exploitation indépendante) et en DODO (immeuble et exploitation indépendants).
Le partage exact entre ces catégories n’est ni public ni à jour. Le rachat d’une chaîne américaine ne change rien, à court terme, aux contrats des exploitants québécois.
Bon à savoir
Un candidat qui veut exploiter un dépanneur sous la bannière Couche-Tard au Québec doit d’abord savoir quel contrat on lui propose : franchise, affiliation, CODO ou DODO. Le Québec n’impose aucun document de divulgation en franchise. La protection repose sur l’obligation de bonne foi prévue à l’article 1375 du Code civil du Québec.
Résultats du 24 novembre : premier rendez-vous pour mesurer l’appétit du groupe
Couche-Tard publiera les résultats du deuxième trimestre de son exercice 2027 le 24 novembre, après la fermeture des marchés, selon Les Affaires. La direction devra y faire le point sur Żabka et, sans doute, répondre aux questions des analystes sur Cumberland Farms.
D’autres signaux viendront plus tard : un éventuel communiqué officiel, la position des autres acheteurs et le sort de l’entrée en Bourse de la cible. Pour le marché québécois, le premier point à surveiller est l’usage que le groupe fera, en Amérique du Nord, du modèle de franchise qu’il dit vouloir conserver en Pologne.











