La franchise est un mode de création d’entreprise : une enseigne, le franchiseur, confie sa marque et son savoir-faire à un entrepreneur indépendant, le franchisé, qui lui verse en échange un droit d’entrée puis des redevances. En France, ce modèle a généré 93,71 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025. Définition, fonctionnement, avantages et étapes pour ouvrir une franchise.
Qu’est-ce qu’une franchise ? Définition et fonctionnement
Une franchise est un contrat par lequel une entreprise, le franchiseur, autorise une autre entreprise, le franchisé, à exploiter sa marque, son concept et son savoir-faire, en échange d’une rémunération. Le franchisé reste propriétaire de son entreprise et en assume les risques.
La France compte 2 035 réseaux de franchise et 93 395 points de vente franchisés, selon la Fédération française de la franchise (FFF). Leur chiffre d’affaires a progressé de 4,9 % en 2025.
Franchise économique ou franchise d’assurance : ne pas confondre
En assurance, la franchise est la somme qui reste à la charge de l’assuré après un sinistre. Elle n’a aucun lien avec la franchise économique, ce mode de commerce où une enseigne confie sa marque et son savoir-faire à des entrepreneurs indépendants.
Les 3 piliers de la franchise : marque, savoir-faire, assistance
Un contrat de franchise repose sur trois éléments que le franchiseur doit apporter :
- La marque : le franchisé exploite le nom commercial, le logo et l’enseigne du réseau ;
- Le savoir-faire : le franchiseur transmet ses méthodes commerciales, techniques et logistiques, regroupées dans un manuel opératoire. Le règlement européen n° 2022/720 exige que ce savoir-faire soit secret, substantiel, identifié et déjà testé par le franchiseur ;
- L’assistance : le franchiseur forme le franchisé avant l’ouverture, puis l’accompagne pendant toute la durée du contrat.
Le modèle profite aux deux parties. Le franchiseur se développe sans financer chaque point de vente, et l’entreprise franchisée démarre avec un concept qui a déjà trouvé sa clientèle.
Magasin franchisé, succursale, concession : ce qui change
Un magasin franchisé appartient à un entrepreneur indépendant, et non à l’enseigne dont il porte le nom. C’est aussi le cas d’un restaurant ou d’une agence franchisée : pour le client, rien ne les distingue des autres points de vente du réseau.
Trois autres formes de commerce sont souvent confondues avec la franchise :
- La succursale : le point de vente appartient directement à l’enseigne, qui le gère avec un directeur salarié ;
- La concession : un commerçant indépendant distribue les produits d’un fabricant sur un territoire réservé, sans que celui-ci lui transmette de savoir-faire ;
- La commission-affiliation : le commerçant exploite le magasin sous l’enseigne, mais le stock reste la propriété du réseau, qui le rémunère par une commission sur les ventes.
Comment fonctionne une franchise ?
Le franchisé signe un contrat de franchise qui fixe les droits et les obligations des deux parties, le plus souvent pour une durée de 5 à 10 ans. Il gère son entreprise seul, mais dans le cadre défini par le réseau.
Ce que fait le franchiseur, ce que fait le franchisé
Le franchiseur apporte le concept et l’accompagnement. Le franchisé l’exploite à ses frais et à ses risques :
| Le rôle du franchiseur (le réseau) | Le rôle du franchisé (l’entrepreneur) |
|---|---|
| Mener des actions de communication nationales. | Gérer son entreprise de manière autonome (juridique et financier). |
| Garantir une assistance permanente et continue. | Participer à la vie du réseau et protéger la marque. |
| Transmettre l’intégralité de son savoir-faire. | Payer des redevances périodiques (royalties). |
| Assurer une formation initiale complète. | Respecter scrupuleusement le concept et les normes. |
| Fournir une marque forte et reconnue. | Verser un droit d’entrée pour accéder au concept. |
C’est la grande différence avec une création d’entreprise classique : le franchisé applique une méthode qui a déjà fonctionné ailleurs.
Droit d’entrée et redevances : comment le franchiseur est rémunéré
Le franchisé verse d’abord un droit d’entrée à la signature du contrat. Cette somme forfaitaire rémunère la transmission du savoir-faire, l’usage de la marque, la formation initiale et l’aide à l’ouverture.
Il paie ensuite des redevances, aussi appelées royalties, pendant toute la durée du contrat. Elles sont le plus souvent calculées en pourcentage du chiffre d’affaires et rémunèrent l’usage de la marque, l’assistance et les services du réseau.
Beaucoup de réseaux y ajoutent une redevance de communication, qui finance la publicité nationale.
Pourquoi entreprendre en franchise ? Les avantages et inconvénients
Se lancer en franchise attire d’abord pour la sécurité du modèle. Selon la FFF, 73 % des franchisés estiment mieux résister à la crise qu’un commerçant isolé.
LES POUR
Les avantages de la franchise
- Réduction du risque : le franchisé exploite un concept qui a déjà démontré sa rentabilité. Le business plan est plus facile à établir et plus fiable ;
- Notoriété de la marque : dès le premier jour, le point de vente profite d’une image de marque et d’une réputation établies, ce qui accélère l’acquisition de clients ;
- Accompagnement et formation : le franchisé est formé au métier et accompagné à chaque étape, du choix du local à la gestion quotidienne ;
- Puissance d’achat : l’effet de groupe permet de négocier de meilleurs tarifs auprès des fournisseurs grâce à la centrale d’achats du réseau ;
- Accès facilité au financement : les banques sont souvent plus enclines à financer un projet de franchise, car le risque est perçu comme étant plus faible ;
- Innovation et R&D : le franchisé profite des innovations (produits, services, technologies) développées par le franchiseur pour l’ensemble du réseau.
Ce cadre a un prix, en argent comme en liberté de décision :
LES CONTRE
Les inconvénients de la franchise
- Le coût : le ticket d’entrée (droit d’entrée) et les redevances (royalties) peuvent représenter une somme importante qui réduit la rentabilité nette par rapport à une activité indépendante ;
- Moins d’autonomie : le franchisé doit se conformer aux règles et aux standards imposés par le franchiseur. La créativité et la prise d’initiative sont limitées. Il ne peut pas changer seul les produits, la décoration ou la stratégie de communication ;
- Le contrat : le contrat de franchise est souvent long, complexe et engageant. Il peut contenir des clauses restrictives (exclusivité territoriale, clause de non-concurrence post-contractuelle) ;
- Dépendance au franchiseur : la santé de l’entreprise franchisée est directement liée à celle du réseau. Une mauvaise gestion ou une mauvaise réputation du franchiseur peut impacter tous les franchisés ;
- La vie de réseau : intégrer un réseau signifie collaborer avec d’autres franchisés. Si l’ambiance et la communication ne sont pas bonnes, cela peut devenir un poids.
Franchise et micro-franchise : quelles sont les différences ?
La micro-franchise ouvre la franchise aux créateurs qui disposent de peu de capital. En France, elle est notamment portée par l’Adie, l’Association pour le droit à l’initiative économique, qui finance des personnes éloignées de l’emploi.
Une franchise classique demande souvent plusieurs dizaines, voire centaines de milliers d’euros. La micro-franchise se lance avec un investissement beaucoup plus faible, dans les services à la personne, le petit commerce ou l’artisanat : jardinage, soutien scolaire, conciergerie.
L’Adie la développe sous le nom de « microfranchise solidaire ». Le concept est clé en main, avec des redevances plus faibles et un accompagnement renforcé sur la gestion.
Comment ouvrir une franchise en 2026 ?
Rejoindre un réseau ne se fait pas en une signature. Le candidat construit son projet, étudie le réseau et boucle son financement avant de s’engager, et le franchiseur sélectionne de son côté les profils qui correspondent à son concept.
Les 7 étapes pour ouvrir une franchise
- Définir son projet : le futur franchisé fait le point sur ses objectifs, ses compétences et sa capacité financière, qui détermine les secteurs accessibles ;
- Choisir son réseau : salons professionnels, annuaires spécialisés et rencontres avec les enseignes permettent de comparer les concepts, puis d’interroger des franchisés déjà installés ;
- Recevoir et étudier le DIP : dès que les échanges deviennent sérieux, le franchiseur remet le document d’information précontractuel, qui présente le réseau, ses comptes et le projet de contrat. La loi impose sa remise au moins 20 jours avant la signature du contrat ou le versement de toute somme ;
- Construire son dossier : avec un avocat et un expert-comptable, le candidat vérifie les chiffres du DIP, réalise l’étude de marché locale et bâtit son business plan ;
- Trouver le financement : l’apport personnel, complété par un prêt bancaire, couvre le droit d’entrée, les travaux et le stock de départ. L’appui d’un réseau connu rassure les banques ;
- Signer et se former : la signature du contrat officialise l’entrée dans le réseau, qui transmet ensuite son manuel opératoire et assure la formation initiale ;
- Ouvrir le point de vente : le franchisé choisit l’emplacement, avec l’accord du réseau, et aménage le local selon les standards de l’enseigne.

Peut-on revendre une entreprise franchisée ?
Oui, le franchisé est propriétaire de son fonds de commerce et peut le vendre. Le contrat prévoit toutefois presque toujours une clause d’agrément : le franchiseur doit valider l’acheteur, après avoir vérifié ses compétences et ses moyens financiers.
Quel statut juridique choisir en franchise ?
Un franchisé choisit parmi les mêmes statuts juridiques qu’un créateur d’entreprise classique, selon l’ampleur du projet, le nombre d’associés et la protection sociale recherchée :
| Statut | Caractéristiques principales | Points forts | Limites |
|---|---|---|---|
| Entreprise Individuelle (EI) | Formalités très simples. Patrimoine personnel et professionnel confondus (sauf option EIRL). | Facilité de création et de gestion. | Risque sur le patrimoine personnel, crédibilité limitée pour un projet de franchise important. |
| EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) | Variante de la SARL avec un seul associé. Gérant = TNS (travailleur non-salarié). | Patrimoine personnel protégé, cadre juridique solide. | Protection sociale moins avantageuse que pour un assimilé-salarié. |
| SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) | Variante de la SAS avec un seul associé. Président = assimilé-salarié. Grande souplesse de fonctionnement. | Excellente protection sociale du dirigeant, flexibilité élevée. Très prisée en 2024-2025. | Charges sociales plus élevées. |
| SARL (Société à Responsabilité Limitée) | Minimum 2 associés. Cadre juridique strict et encadré. | Statut sécurisant, reconnu par les banques. | Fonctionnement plus rigide, moins flexible qu’une SAS. |
| SAS (Société par Actions Simplifiée) | Version pluripersonnelle de la SASU. Idéale pour plusieurs associés ou investisseurs. | Souplesse de fonctionnement, attractive pour faire entrer des partenaires financiers. | Charges sociales plus lourdes, complexité de gestion accrue par rapport à une EI. |
Le statut de micro-entrepreneur est rarement adapté à une franchise classique, à cause de ses plafonds de chiffre d’affaires et de la franchise en base de TVA, qui empêche par défaut de récupérer la TVA sur les achats. Il convient en revanche à la micro-franchise, conçue pour ces contraintes.












