Comment les franchises de surgelé font face à l’inflation

Surgelés : comment les enseignes protègent leurs clients et leurs franchisés de l’inflation galopante ?

Remplir son frigo coûte de plus en plus cher aux Français notamment s’ils s’approvisionnent en produits surgelés. Les enseignes spécialisées se mobilisent donc pour soutenir le pouvoir d’achat de leurs clients et limiter la hausse des coûts de distribution pour leurs franchisés. Explications. 


Douche froide pour les Français adeptes des surgelés ! En un an, les prix de ces produits ont flambé de 20 % (baromètre IRI pour LSA). Les enseignes de distribution de surgelés déploient donc leurs plans de bataille pour contenir cette inflation pour leurs clients, mais aussi pour leurs franchisés et affiliés touchés de plein fouet par les hausses du coût de l’énergie (entre autres).

De bonnes pratiques pour la maîtrise des coûts énergétiques en point de vente

Chez Picard par exemple, 85 % des dépenses énergétiques sont consacrées au processus d’industrialisation du froid. Depuis le début de l’année, la facture d’électricité de l’enseigne a du coup triplé. Alors, il a fallu trouver des solutions pour consommer moins et mieux et accompagner les franchisés (et les succursales) à économiser sur ce poste de dépenses. Sur les outils de communication interne, une rubrique « énergie » a même été mise en place pour faire remonter toutes les bonnes idées du terrain. C’est ainsi qu’à l’été 2022, sur une idée de l’un ses collaborateurs, l’enseigne a décidé de monter la température de ses congélateurs de 2° la nuit, car personne ne se trouve en magasin pour ouvrir les portes des congélateurs, ils peuvent donc être un peu plus « chauds ». « L’investissement de 2 millions d’euros dans des réducteurs de tension nous a par ailleurs permis de réduire de 7 % notre consommation électrique », illustre Cathy Collart Geiger, PDG de Picard.

Écomiam, troisième acteur de la filière de distribution de surgelés, a pour sa part décidé de réduire d’une épaisseur les produits dans les bacs en magasin. « Plus les denrées sont basses dans les bacs, moins on a besoin de dépenser d’énergie pour les maintenir à la bonne température », souligne Daniel Sauvaget, président fondateur d’écomiam. Le réseau met également ses clients à contribution. Sur chaque bac de congélation, l’enseigne a apposé des post it incitant les consommateurs à les refermer le plus vite possible afin de limiter au maximum la déperdition d’énergie.

Autre test concluant chez les franchisés Picard : l’installation de panneaux photovoltaïques pour produire de l’électricité. « En test à Toulouse, cela a permis de gommer 30 % de la facture énergétique du point de vente. De par leur configuration, 30 magasins de notre réseau pourraient être concernés par ce type d’installation », précise Cathy Collart Geiger. En revanche, le test d’une peinture blanche « cool roof » sur trois magasins visant à réduire les coûts énergétiques, n’a pas été concluant. Il ne sera donc pas déployé sur le reste du parcs de points de vente. Picard a par ailleurs tenu informé ses franchisés de l’existence du guichet de l’aide « gaz et électricité » mis en place par le gouvernement en début d’année et de leur potentielle éligibilité à ce dispositif compte tenu de la taille de leur entreprise.

Chez écomiam, le coup de pouce aux 57 affiliés (sur 67 points de vente) pour les aider à traverser ces différentes turbulences économiques et donc financières pour eux, s’est matérialisé par une revalorisation du taux de commission. « Nous reversons désormais 28 % de commission contre 26 % auparavant aux magasins faisant jusqu’à 40 000 euros de chiffre d’affaires mensuels. Entre 40 000 et 70 000 euros de CA, le taux est passé de 24 à 26 % », détaille Daniel Sauvaget. 

Des solutions anti gaspi pour les clients

Attentifs à leurs franchisés ou affiliés, les enseignes du surgelé déploient évidemment des solutions anti inflation pour leurs clients. « Dans l’alimentaire, la première préoccupation des Français est de ne pas gaspiller. Et le surgelé est le produit anti crise par excellence car il se converse longtemps et est facilement portionnable. Le taux de gaspillage est de 1 % pour les surgelés contre 20 % pour les produits frais », souligne Cathy Collart Geiger.

Picard, comme tous les distributeurs, a répercuté la hausse des prix des matières premières mais « avec discrétion » sur ses prix de vente. Le réseau a néanmoins conservé des plats cuisinés équilibrés à 2,50 euros et plus de 300 produits sur 1 300 sont affichés à moins de 3 euros. « Nous avons la main sur nos recettes grâce à notre département R& D interne. On a donc revisité plus de 500 recettes pour y intégrer des ingrédients moins chers mais tout aussi gouteux. Le saumon fumé a parfois été remplacé par de la truite fruitée. À Noël, plutôt que de la farce au foie gras dans les dindes, on a opté pour une farce végétale », illustre la dirigeante du réseau. En septembre 2022, alors que le prix de l’essence était au plus haut dans les stations-service, Picard a offert la livraison à ses clients afin de leur éviter de se déplacer. Un stratégie visiblement payante puisque l’enseigne n’a perdu aucun client depuis le début de l’épisode inflationniste. Mieux, elle en a même recruté de nouveaux. Avec un bémol quand même : « toutes les deux visites, les clients achètent un article en moins », constate Cathy Collart Geiger.

Écomiam n’est pas en reste avec plusieurs initiatives anti inflation à destination de ses quelque 300 000 clients. Soucieux de préserver l’accessibilité au bien manger pour tous dans ce climat d’inflation alimentaire, le réseau renforce ses positions en matière de prix et a annoncé le 24 mars dernier la poursuite du gel de ses prix sur 75 % de ses produits jusqu’à au moins fin mai. Le reste des articles subira une légère augmentation de l’ordre de 1,5 % maximum, répartie sur tous les rayons. « Ceci est possible car notre offre est débarrassée de tout superflu marketing et d’emballages coûteux qui se répercutent sur le prix de vente», argumente Daniel Sauvaget.

Pour inciter les Français à reproduire de bons petits mets, un QR code a été placé sur les plats familiaux cuisinés à partir des produits de l’enseigne (« Gamelles gourmandes ») qui renvoie directement sur la recette en question. Enfin, pour sécuriser les repas sains d’une famille de 4 personnes durant une semaine, le réseau a imaginé un panier «Essentiel » comprenant 3,2 kg de protéines et 4 kg de légumes à 39,95 euros. De quoi limiter la baisse du pouvoir d’achat des clients et assurer le développement du chiffre d’affaires des affiliés.

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