Rénovation énergétique, l’aubaine des franchises du bâtiment

Photo de l'article sur la rénovation énergétiques

Le gouvernement a sifflé la fin de la récré des bâtiments énergivores ! Par la voie législative, l’exécutif impose de nouvelles règles notamment en matière de rénovation énergétique. Les réseaux de franchise spécialisés en courtage de travaux et dans le bâtiment, se frottent les mains et se déploient à tout va. Explications.


La rénovation énergétique, une priorité nationale

La Loi climat et résilience adoptée en août 2021, a sonné le glas des passoires thermiques et autres bâtiments pas green du tout. Pour atteindre un objectif ambitieux de neutralité carbone en 2025, l’un des grands chantiers de cette loi est en effet l’immobilier. Et pour cause, le secteur du bâtiment est responsable, à lui seul, d’un quart des émissions de gaz à effet de serre en France et sa consommation représente plus de 40% de toute l’énergie consommée dans l’Hexagone. 

Gel de l’augmentation des loyers pour les propriétaires bailleurs pour certains biens trop énergivores, voire interdiction de les louer, nouveau diagnostic de performance énergétique, audit… le gouvernement a renforcé et durci l’arsenal visant à réduire la consommation des bâtiments. Si les propriétaires bailleurs râlent car ils vont devoir mettre leurs biens en conformité avec la loi et donc entacher le rendement financier de leurs appartements, d’autres se frottent les mains. 

Parmi eux, les professionnels du bâtiment, et notamment les réseaux de franchises spécialisés en courtage et réalisation de travaux. Les propriétaires bailleurs donc mais aussi les particuliers, encouragés par des systèmes de primes (par exemple MaPrimeRénov’ sérénité), d’éco prêts à taux zéro, de subventions… se lancent de plus en plus dans des travaux de rénovation globale comprenant évidemment un versant rénovation énergétique. 

La rénovation énergétique, un créneau qui rapporte pour les franchises du bâtiment

« La loi Climat et résilience nous offre un véritable vecteur de croissance. La rénovation énergétique est désormais une clé d’entrée supplémentaire dans notre réseau pour les clients », se réjouit François de Chavagnac, responsable du développement du réseau de courtage illiCO travaux. Un exemple ? Depuis le 1er avril 2023, tout propriétaire d’une maison individuelle ou d’un immeuble comportant plusieurs logements classés F ou G a l’obligation de réaliser un audit énergétique. 

L’objectif est de dresser un parcours de travaux cohérent, par étapes, pour atteindre une rénovation énergétique et environnementale performante du bien (économies d’énergie, amélioration du confort thermique et de la qualité de l’air). Il doit être réalisé par un professionnel qualifié (par exemple : bureau d’étude qualifié, sociétés d’architectes et architectes inscrits à l’ordre et ayant suivi une formation ou entreprises certifiées RGE offre global. 

Le jeune réseau d’affiliés SL Travaux Conseils, entend bien profiter aussi de cette manne. « En parallèle de notre activité de courtage en travaux et d’assistance à maîtrise d’ouvrage, nous avons établi une cellule « Rénovation énergétique » pour l’évaluation énergétique. Il s’agit d’un audit non réglementaire et ensuite nous accompagnons nos clients jusqu’à l’obtention des aides financières », illustre Sébastien Lamaud, le cofondateur. Chez le franchiseur Avenir Rénovations, la rénovation énergétique représente aujourd’hui 15% du chiffre d’affaires (43 millions d’euros) et n’a de cesse d’augmenter depuis l’adoption de la Loi climat et résilience. 

La rénovation énergétique fait le plein de nouvelles compétences 

Face aux obligations réglementaires, les propriétaires occupants tout comme les propriétaires bailleurs se lancent donc dans des travaux de rénovation énergétique. Soit, ils traitent en direct avec des entreprises spécialistes de leurs problématiques, soit, pour se faciliter la vie, ils ont recours à des courtiers en travaux (illiCO travaux, SL Travaux Conseils, etc) ou des franchiseurs se posant en entreprise générale pour leur compte (Avenir Rénovations). 

Pour absorber ces demandes de rénovation énergétique (mais pas que), les réseaux recrutent à tour de bras de nouveaux franchisés ou affiliés. A raison de 40 ouvertures supplémentaires par an, illiCO travaux entend ainsi renforcer son réseau de 170 agences. « Nous sommes dans une situation de quasi plein emploi pour les cadres, nous avons donc moins de candidats pour nos projets de développement. On observe alors une nouvelle typologie de candidats ayant une vraie sensibilité à ces sujets de rénovation énergétique. Leur profil est variable. Ils ne sont pas systématiquement issus du bâtiment mais ont une appétence pour ces sujets ou ont réalisé des travaux de rénovation à titre personnel. Ils veulent redonner du sens à leur boulot en travaillant sur des thématiques différentes par exemple la qualité des matériaux utilisés, le traitement des déchets… En venant d’univers plus variés, ils bousculent nos certitudes et apportent de la fraîcheur, cela fait du bien au réseau », certifie François de Chavagnac. 

Le plus ancien des 18 affiliés de SL Travaux Conseils a tout juste 9 mois, mais son dirigeant plaide pour un réseau plus humaniste. « Vu le contexte économique et social ambiant, notre job est donc d’aider les gens à vivre mieux dans des environnements plus sains. Pour cela, je ne recherche pas des commerciaux au sens force de vente mais des consultants capables d’optimiser le budget énergétique de nos clients afin de leur permettre de profiter de ces économies pour faire autre chose », illustre Sébastien Lamaud. Pour dégoter ces affiliés green, ce franchiseur chasse sur les terres des agents ou consultants immobiliers mais lorgne aussi du côté des experts en bâtiment. En tout cas des candidats ayant déjà suivi des chantiers dans le cadre pro ou perso. 

A la recherche de 20 nouveaux franchisés d’ici fin 2023, et de 40 en 2024, Mickael di Luca, fondateur et directeur général d’Avenir Rénovations (125 franchisés), ne vise pas de profil type : « Des anciens ouvriers, cadres, commerciaux… avec une grande envie d’entreprendre et de manager. Nous sommes une entreprise générale et nous sous-traitons les travaux. Les franchisés doivent donc être capables de piloter tous ces corps de métier. Jusqu’à 800 000 euros de chiffre d’affaires, un franchisé opère souvent seul ensuite il doit embaucher un ou deux assistants », conclut-il.

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